vendredi 5 juillet 2013

Le Prince d’Été

Le Prince d’Été, Alaya Dawn Johnson, coll. R, ed. Robert Laffont.

  Lorsque j'avais entendu parler de sa sortie, en mars dernier, la couverture du Prince d’Été m'avait immédiatement séduite. Et bien que le résumé laissait entendre une romance simpliste dans un décor de science-fiction, ce roman d' Alaya Dawn Johnson me séduisait assez pour que je me lance dans la lecture. Et j'ai été loin d'être déçue, mieux: j'ai été surprise!

  L'écriture d'Alaya Dawn Johnson est fluide et très agréable à lire, on se laisse emporter par son style et le rythme maîtrisé de son histoire tant et si bien qu'on en vient à ne plus lâcher le roman tant qu'on n'a pas lu la dernière page. C'est addictif. 
Il n'y a pas de chapitre, juste quatre grandes parties et ce découpage (de plus en plus rare, je trouve) m'a donné l'impression d'avoir beaucoup de "souffle" tout au long de ma lecture, c'était reposant. 

  Le monde de l'auteur: une ville futuriste dans un Brésil (et un monde) détruit par une guerre mondiale. Dans cette ville ce sont les femmes qui gouvernent, les hommes ont presque détruit la Terre, mieux vaut ne plus jamais leur laisser le pouvoir. D'ailleurs, tous les ans, un Roi d’Été est élu pour partager la couronne avec la Reine mais il n'y a plus qu'un an à vivre à partir de son élection. En souvenir de la folie des hommes, le Roi d’Été est sacrifié à chaque printemps, sur place publique. Les choses sont ainsi depuis des siècles, sauf que cette année tout ne va pas se dérouler comme prévu: le nouveau Roi, Enki, n'est pas près de jouer les idoles éphémères.

  Comme je l'ai dis plus haut, je craignais que cette histoire ne cache une romance trop simpliste. On s'attend évidemment à ce que l'héroïne, June, et le nouveau Roi de sa ville finissent dans les bras l'un de l'autre. Bah non, perdu. Je ne vais pas dévoiler tous les secrets du livre, mais sachez qu'on est bien loin de la romance version Cœur Grenadine
Le personnage d'Enki ne fait rien comme tout le monde et ça me plaît énormément. Tout comme j'aime l'idée que dans ce roman, l'héroïne ne prend pas l'allure d'une pauvre jeune fille simplement amoureuse et fade. June est "la meilleure artiste" du monde et elle est prête à tout pour l'Art. 
  Dans Le Prince d’Été les relations ne sont pas simples et les ambitions personnelles des personnages ont une place importante, ce qui change des romans où l'amour surpasse tout. Ici c'est l'Art face à tout et ça donne un côté monstrueusement brut au livre.

En bref: un roman addictif qui cache bien des secrets, un pur bonheur!
Le moins: c'est bête à dire, mais j'aurais aimé avoir un lexique pour les mots en portugais qui se cachent dans les pages. Heureusement que les dictionnaires existent! Même si on se doute de la signification des mots, apprendre tout en lisant peut être très sympa.
Le mieux: Enki, j'aime ce genre de personnage hors-norme qui donne autant de force au récit.

En bonus: envie de faire un tour sur la page web de l'auteur? C'est là:  http://www.alayadawnjohnson.com/

1 commentaire:

Manon S.R a dit…

Ce livre est magiiiiique ! J'ai adoré vraiment tout en finesse et poésie ..