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vendredi 6 juin 2014

Maléfique

Maléfique, 
au cinéma depuis le 28 mai 2014.

  Lorsque j'étais encore une enfant pleine de joie de vivre, j'aimais beaucoup Blanche-Neige, la vie a eu raison de moi... Depuis je suis plus proche de ma couette que des pommes, mais bon, je ne m'en plains pas! 
  Comme j'aime bien ruiner mes souvenirs d'enfance (le sarcasme aura raison de moi), je suis allée voir Maléfique... et malheureusement le verdict en est plutôt... moyen.

  Mais Maléfique, kesako? Il s'agit du conte de La Belle au Bois Dormant revu du point de vue de Maléfique, la vilaine sorcière aux cornes qui lance une malédiction sur la pauvre Aurore qui n'a rien demandé à personne. 
  Personnellement, j'aime beaucoup le personnage de Maléfique parce que c'est l'une des rares méchantes de Disney à être vraiment méchante. Beaucoup de vilains pas beaux de Disney ont un côté comique (comme Hadès, Ursula, le Capitaine Crochet ou encore Cruella). Maléfique, elle, est une vraie méchante qui a la classe (en plus elle a un corbeau domestique) et qui fait le mal parce que ça l'éclate et basta. 
  L'évident gros point positif de cette nouvelle version du conte de la Belle au Bois Dormant c'est la prestation d'Angelina Jolie. Elle rentre parfaitement dans le rôle et on découvre avec plaisir une Maléfique plus humaine, un brin sarcastique, qui aime s'amuser, que ce soit en volant dans le ciel ou en jouant de sales tours à ses voisines les fées (blagues qui peuvent devenir de vraies catastrophes).
  Bien qu'elle casse l'image de la sorcière sombre badass (attends, elle se change en dragon!), elle sait rester attachante et il est plaisant de découvrir ses aventures. 


  Au niveau du rythme du film, des décors et des costumes ou encore du corbeau (iiih!), je n'ai rien à dire. Non, les défauts de ce film se trouvent ailleurs. Prêt? Voici le top 3!


1 - La Princesse : c'est dur, mais c'est vrai. La pauvre Elle Fanning n'a pas beaucoup de chance sur le coup. Pendant toute la séance, j'ai eu la détestable impression que le réalisateur lui a dit avant chaque début de tournage: "Sois mignonne, tait-toi et souris niaisement". Parce que oui: le rôle d'Aurore, ici, est de se contenter de glousser bêtement... et c'est tout. 
  Certes, Aurore est une jeune fille (16 ans), et elle est douée d'une joie de vivre inébranlable mais à ce point ça frôle la bêtise pure et simple et c'est franchement irritant. Aurore était l'une des princesses Disney, de mon point de vue, à avoir beaucoup d'allure et la réduire à l'image de l'adolescente un peu bêbête est malheureux.


2 - Le "je t'aime, moi non plus": Il est clair dès la bande-annonce de Maléfique que le but premier de ce nouveau scénario est de donner un visage bien plus sympathique à la sorcière, et cette idée est louable. Le problème réside dans la relation qu'on a voulu imposer aux spectateurs entre Maléfique et Aurore. Sans rien spoiler du film, on peut rapidement comprendre qu'Aurore prend très vite la vilaine cornue pour une sorte d'ange gardien, ce qui nous laisse la joie de voir la sorcière avec une tête biiiieennn choquée pendant une demie-seconde. Mais là encore, ça ne colle pas: cette relation, qui pouvait être mignonne, donne un virage à 180° au film qui part alors mais alors très loin dans la vilaine parodie pleine de bons sentiments. On nous avait promis de la Dark Fantasy bien sombre, au final on ressort après avoir fait un tour au Pays des Petits Poneys (c'est caricaturé, mais c'est presque ça).


3 - Les incohérences (presque) cachées: Cette partie ne peut être comprise que par les personnes qui ont vu le film... Pourquoi garder le nom Maléfique, pourquoi des ailes, pourquoi des créatures zarbs, pourquoi un faux air à Gandalf, pourquoi un pantalon, pourquoi Ombrage, pourquoi des références aux super héroïnes, pourquoi la vie, pourquoi la mort, parce que le Ja... oups (oui, ceci était bien une référence, cherche mon petit, cherche)!
  Non, plus sérieusement, Maléfique est truffé d'incohérences qui peuvent sembler minimes par rapport à la globalité, mais ces incohérences m'ont fait grogner, geindre et même grimacer pendant toutes la projection. Ce sont surtout ces incohérences qui m'ont fait regretter - en partie - d'être allée voir le film. J'ai aussi un gros problèmes avec les fins des derniers Disney, à croire que les scénaristes ont du mal à terminer un film, que ce soit pour La Reine des Neiges ou pour Maléfique. Trop de bons sentiments peuvent nuire à la réussite d'un film, si, si. 


En bref: c'est clairement Angelina Jolie (et son corbeau! iiih!) qui sauve cette nouvelle version du conte en jouant à merveille une Maléfique attachante et drôle. Une déception cependant puisque le film est loin d'être aussi génial que ne le laissait présager toutes ces bandes-annonces et les critiques.
Le moins: la  Dark Fantasy a disparu pour le pays des Bisounours, argh!
Le plus: le corbeau (iiiih!), non plus sérieusement, je dirais les couleurs et la beauté des décors. Et l'insulte préférée de Maléfique aussi, parce qu'elle reste badass même en insultant. 

dimanche 22 décembre 2013

L'Attaque des Titans

L'attaque des Titans, Hajime Isayama; Pika Editions (4 volumes en France & 12 au Japon, série en cours).

    Encore une fois, je me suis fais avoir en beauté par une lecture (c'est une habitude, ou quoi?) et encore une fois je ne suis pas déçue du voyage... suffisait juste de ne pas manquer le bon train.

  Mais je m'explique: L'attaque des Titans, manga arrivé sur nos terres en juillet dernier avait rapidement attiré mon œil de mordue (et c'est pas peu dire dans le cas présent) de créatures bizarres. "Tiens! Un grand bonhomme sans peau qui sourit machiavéliquement à un autre petit bonhomme armé! Mais qu'est-ce que cela peut bien donner?" m'étais-je exclamé aussitôt que la couverture était apparue sous mes yeux. Malheureusement, le peu que j'en avais parcouru et le dessin très particulier de Hajime Isayama ne m'avait pas donné envie de découvrir ce monde de titans et le manga ne m'avait pas suivit dans ma bibliothèque. 


Je vous vois venir: "Ah, d'accord! Mais alors, pourquoi en parler?" et bien tout simplement parce que, afin de ne pas mourir idiote je me suis permise de regarder quelques épisodes de l'adaptation animée de ce manga et là... ce fut the révélation de cette fin d'année! Si, si. 

  Comme j'aime bien faire des résumés, je m'empresse de vous dévoiler le synospis (simple mais très efficace) de ce manga haut en globules rouges.


   L'histoire se déroule dans un monde mixant entre le fantastique et la dystopie: en gros l'humanité a faillit y passer et tout le monde est revenu à la bonne vieille mode de l'époque où internet n'existe pas (comme dans les cauchemars des geeks, dingue). Un beau jour, des titans, créatures humanoïdes dévorant tout être humain qui leur passe sous le nez, sont arrivés et l'humanité s'en est sortit de peu. Les quelques survivants qui restent décident de s'enfermer dans une ville à trois murailles quasi infranchissables avec leurs 50 mètres de hauteur - un titan au mieux de sa forme ne mesurant que 15 mètres -. 


Mais voilà que cent ans plus tard, une fois que tout le monde se croit bien à l'abri un titan colossale, à entendre par là qu'il mesure largement plus de 50 mètres, fait tomber la première muraille. Vous imaginez bien que tous ses autres copains titans sont furieusement heureux de pouvoir entrer dans la première partie de la ville pour y faire un bon festin d'humains! Miam! Miam!


  Maintenant que ce petit résumé vous à mit l'eau à la bouche, je vous voir courir gaiement vers le reste de cette chronique, tel le petit faon que vous êtes!

  En quoi L'attaque des Titans est-il un bon manga? 
  D'abord par son atmosphère: même si l'histoire est très basique (un monde dangereux, un jeune héros bien entouré qui cherche vengeance et réponse, etc...), la manière dont la travaille Hajime Isayama est très bonne. Les chapitres sont denses et bien rythmés, le lecteur est sur les nerfs du début jusqu'à la fin et après sa lecture il doit bien attendre cinq petites minutes pour se rappeler que non, les Titans n'ont pas encore envahis le monde réel, merci bien! Par certains points, ce manga m'a fait pensé à FullMetal Alchemist et la terre entière sait déjà à quel point FMA est un manga qui m'est cher, autant dire que je fais un énorme compliment à Hajime Isayama! Pourquoi FMA? Pour l'ambiance militaire et désespérée, ainsi que pour la claque que l'auteur nous donne: ici pas de demi-mesure: tu te fais chopper par un titan, tu meurs. Point. J'aime quand les personnages et les lecteurs sont malmenés par les auteurs, il ne peut en ressortir que du bon. Et du bon, il y a en a avec ce manga!


  Ensuite pour la maîtrise du mouvement de l'auteur. Certes son dessin n'est franchement pas beau (Hajime Isayama a un style très... "old school", dirons-nous) mais le souffle qu'il donne à ses scènes de combats est tout bonnement génial. 


  Et enfin... bah pour les titans, quand même. Réussir à créer un monstre qui ne soit ni trop cliché ni trop compliqué est souvent un exercice périlleux et ici les monstres sont aussi moches que terrifiants (je suis titanisée, même... oui je sais, la blague est nulle, et alors?), le juste milieu pour être accrocheurs et dévoreurs d'humains, le rêve.

En bref: un manga dark bien comme on les aime, à découvrir rapidement!
Le moins: il faut du temps pour s'adapter au dessin.
Le plus: du sang! du sang! du sang! Non, je plaisante. Le plus? Le rythme.

Bonus: Je vous conseille vivement de jeter un coup d'oeil à l'anime qui est un pur petit bijou pour les yeux. Pour ceux qui ont du mal avec les scènes de dégustations d'humains, sachez que l'anime est légèrement moins gore que le manga et que la plupart du temps c'est annoncé mais pas montré. Ensuite, le dessin est beau (youhouh! Merci Bouddha!) et le mouvement est tout aussi bien maîtrisé que dans le manga. Vous rêviez de cadeaux pour Noël, n'attendez plus: les Titans seront votre cadeau!


  Le Saviez-vous? Comme les Japonais adorent les films live, il y en a déjà un de prévu pour L'attaque des Titans et je dois dire que l'affiche est... titanesque!



dimanche 22 septembre 2013

Entretien avec un Vampire, L'Histoire de Claudia

 Entretien avec un Vampire, L'Histoire de Claudia; Anne Rice & Ashley Marie Witter; coll. Black Moon Graphics, Pika Edition.

   Ces temps-ci, la collection Black Moon Graphics - en partenariat avec Pika Edition - a de très bonnes idées concernant leurs adaptations. J'avais eu un coup de coeur pour l'adaptation de 16 Lunes, illustrée par Cassandra Jean et je dois dire que la nouvelle d'une adaptation d'Entretien avec un Vampire m'avait fait sauter de joie! Anne Rice étant l'une de mes écrivains préférés, je ne pouvais pas passer à côté d'une telle oeuvre graphique! Et le résultat en  valait l'attente!

  Pour les retardataires qui ont été congelés au Pôle Nord ces cinquante dernières années, Entretien avec un Vampire (publié en 1976) est l'une des oeuvres principales qui a reforger le mythe du vampire à l'aube du vingt et unième siècle. 
 
Ce roman, dit d'horreur, mêlait si bien Histoire, sensualité, philosophie et cruauté vampirique qu'il a rapidement figuré dans les livres à connaître concernant le genre. Son adaptation cinématographique (avec  le célèbre duo que forment Brad Pitt et Tom Cruise) sortie en salles en 1994 a dorer un peu plus le blason de ce roman.

  Tout cela est bien beau, mais qui est cette mystérieuse Claudia que l'on peut apercevoir sur la couverture? Claudia, c'est elle: la jolie poupée blonde jouée par Kirsten Dunst dans ses jeunes années. Transformée en vampire alors qu'elle n'était qu'une enfant (acte jugé d'irresponsable pour les vampires), elle est alors adoptée par Lestat de Lioncourt (joué par Tom Cruise), le bellâtre tyrannique et son compagnon d'infortune: Louis de Pointe du Lac (joué par Brad Pitt), le philosophe dépressif. Les deux hommes vont jouer le rôle de ses pères, l'un lui apprenant à "voir le monde" à travers la littérature et les arts et; l'autre à tuer froidement ses victimes à l'heure du dîner. 


  Jusqu'ici tout roule, mais l'immortalité peut être un fardeau lorsque le monde ne tourne pas assez vite et savoir qu'elle ne grandira jamais et ne pourra donc jamais devenir une femme devient de plus en plus pesant pour Claudia. La vampire à l'allure enfantine se révèle bien plus cruelle que ce que laisse deviner son visage d'ange...

  Dans la série de livres d'Anne Rice, Claudia n'a pas voix au chapitre, il est vaguement question du "journal de Claudia" dans La Reine des Damnées (également adapté au cinéma en 2002) mais on ne sait rien de plus, après tout Entretien avec un Vampire dont le narrateur se trouve être Louis de Pointe du Lac (son père et amant) relate assez bien sa vie. 
C'est là que l'adaptation graphique proposée par Black Moon et Pika Edition est intéressante: nous avons la vision de l'existence vampirique de Claudia par Claudia. Oh bien sûr, les puristes reconnaîtront des passages presque écrits mot pour mot de la narration de Louis, mais il y a dans cette BD une vision féminine qui n'apparaît nulle part ailleurs. Pour la première fois, la voix de Claudia apparaît réellement aux lecteurs et les tourments de cette femme coincée dans un corps jeune semblent trouver une réelle signification. 


  L'ambiance gothique d'Anne Rice ajoutée au style magnifique d'Ashley Marie Witter donne aux Chroniques des Vampires (sous-titre de la sage d'Anne Rice) un souffle nouveau au monde imaginé par l'auteur américaine. C'est presque un nouveau roman dans la saga, avec une illustration parfaite en bonus! L'angoisse, la sensualité et l'horreur se mêlent si bien dans cette oeuvre qu'on en redemande: la prochaine adaptation d'Anne Rice, c'est pour quand?

En bref: un chef d'oeuvre pour moi. Tout fan d'Anne Rice devrait y trouver son bonheur!
Le moins: j'ai une furieuse envie de relire toute la saga, maintenant...
Le plus: les coups de crayons que l'on devine aisément au fil des pages, arriver à voir le travail de l'illustratrice est un vrai plaisir.

En bonus: la bande-annonce d'Entretien avec un Vampire, pour les retardataires.

mercredi 13 juin 2012

Black Butler

Black Butler, tome 1 à 10 (série en cours), Yana Toboso, éditions Kana, collection Dark Kana.

   Je ne pouvais pas passer à côté de ce manga alors que le tome 10 vient enfin d'apparaître dans les librairies! 
Les japonais apprécient la culture anglaise, du moins dans le monde de l'animation, c'est bien connu (même si nous, chers occidentaux nous raffolons de leur culture nippone en retour, il faut bien le reconnaître), et Black Butler en est un parfait exemple.

L'histoire se déroule dans la belle Angleterre de la fin du XIXe siècle, le jeune comte Ciel Phantomhive est l'unique hériter de la société Phantom, premier fabricant de jouets de l'empire britannique depuis quelques années. A première vue tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour le jeune Ciel, et ce charmant garçon de 12 ans au visage angélique a tout pour être heureux, mais à Londres tout le monde connaît la terrible tragédie qui a touché le manoir Phantomhive: un incendie a tué les parents du jeune Ciel qui fut porté disparu avant de réapparaître du jour au lendemain. L'enfer qu'à vécu le jeune garçon l'a changé à jamais et de l'enfant joyeux et innocent il est devenu un adolescent capricieux, dangereux pour ses adversaires et qui cherche par tous les moyens à se venger. Cette affaire date de deux ans déjà, et son fidèle majordome, Sebastian Michaelis, le suit comme son ombre depuis cette époque-là. Personne ne sait où le maître et le serviteur se sont rencontrés mais tout le monde sait que lorsqu'un enfant portant un bandeau sur l'oeil droit et un majordome tout de noir vêtu sont dans les parages c'est que les affaires les plus sordides se déroulent dans la capitale. 
La famille Phantomhive est au service de la reine depuis des années, et Ciel ne déroge pas à la règle. En fin limier il résout une à une les enquêtes que lui donne sa souveraine et prouve ainsi qu'il a sa place dans le monde de l'ombre. L'ombre et le mal il connaît, il pourrait même dire que ça veille sur lui comme un fidèle majordome.

Adapté en anime depuis quelques années, Black Butler a tout pour plaire: un duo de héros charismatiques et suffisamment ténébreux pour que le lecteur s'interroge à tous les chapitres, un univers construit sur de bonnes bases historiques et fantastiques et avant tout une histoire alléchante et intéressante.
Les premiers tomes peuvent être trompeurs: malgré l'humour bon enfant et les premiers chapitres qui servent d'introduction à la série, Black Butler a tout du roman noir qui jongle aisément entre l'enquête policière et le fantastique légèrement sordide (rire jaune). En effet plus l'aventure se poursuit et plus les lecteurs doivent s'accrocher pour supporter la noirceur de l'univers de Yana Toboso. 
Si je devais comparer cette mangaka à un grand nom du genre ce serait, sans hésiter, Kaori Yuki (Angel Sanctary ou encore God Child), que ce soit l'amélioration du dessin au fil des tomes où le monde qui devient de plus en plus noir Yana Toboso parvient à friser le chef d'oeuvre, mais il est encore un peu tôt pour se décider, les dix tomes déjà sortis ne sont qu'une mise-en-bouche, la suite promet d'être grandiose! Après tout, Sebastian est un "diable de majordome"...

Black Butler, saison 1

dimanche 29 avril 2012

Ubel Blatt

Ubel Blatt, tome 0 à 10, E. Shiono, ed. Ki-oon. 

Chose promise, chose dû. Je vais maintenant vous parler quelques minutes d'un manga hors du commun puisqu'il a renouvelé la dark fantasy à lui tout seul (enfin, selon mon humble avis). Attention, pour ceux qui n'aiment pas savoir les choses à l'avance je vous ferais signe durant le résumé pour ne pas vous gâcher la découverte.

Ubel Blatt est une histoire de quête, oh! pas pour un trésor ou une princesse, non, il s'agit d'une quête de justice, de vérité. Dans un monde sombre, à l'atmosphère médiévale, où les pauvres sont plus que pauvres et les riches plus que dictateurs, une rumeur court: les Lances de la Trahison, quatre guerriers sanguinaires qui ont trahis leur couronne, seraient revenus d'entre les morts afin de prendre le pouvoir. Ils sèment la terreur et la mort sur leur territoire, mais depuis quelques mois on parle d'un nouvel héros: un homme balafré possédant une épée noire serait capable de leur tenir tête, et même, de les tuer (attention aux non-curieux, la lecture se poursuit plus en dessous pour vous!).

Résumé du tome 0. Le tome 0 est ce que l'on pourrait appeler le tome d'introduction, on suit le périple de Köinzell, un jeune semi-elfe avec une immense balafre à l'oeil gauche et habillé comme une vrai petit guerrier. Sur le territoire de Kfer, premier traître des Lances de la Trahison, on le repère déjà à cause de sa cicatrice et de son accoutrement mais il est trop jeune et trop petit pour pouvoir détruire toute une armée, tant pis, pour plus de sûreté les hommes de mains de Kfer décide de le tuer, on n'est jamais trop prudent. Seulement le jeune Köinzell tient à la vie et préfère sauter d'une falaise plutôt que de se faire trucider sur le bord d'une route. Les assassins le disent perdu mais c'était mal connaître la chance du jeune garçon, il tombe inerte aux pieds d'une jeune paysanne et de son petit frère qui le recueille, le soigne et s'occupe de lui sans rien demander en retour.
Là, des guerriers officiels, ceux qui viennent de la région encore riche de ce monde, viennent le voir: ils pensent que c'est bel et bien lui l'homme providentiel de la légende, celui qui détient "l'épée noire". Avec un tel guerrier dans leurs rangs ils pourraient sauver cette partie du pays qui sombre trop vite dans l'anarchie. Mais Köinzell refuse, il a déjà quelque chose à faire et ce rôle de héros ne l'intéresse pas. Et puis regarde-le: il n'a même pas vingt ans, et vu son apparence même pas quinze alors!
Mais c'était sans compter sur l'attaque du village. Kfer est bien décidé à dénicher le héros pour lui montrer qu'il est tout puissant. Le jeune semi-elfe ne répond pas à l'appel guerrier à s'apprête même à quitter le village quand Kfer lui assure qu'il est bien un revenant et que lui et les autres Lances de la Trahison vont un jour régner sur le monde. Là, le sang de l'adolescent ne fait qu'un tour et il prouve à tous que le titre de "puissant guerrier" lui revient de droit. Kfer? Il le tranche de ces lames noires aussi facilement que s'il était une feuille de papier, Köinzell est vraiment le héros alors! Les militaires venus le voir s'empressent de lui rappeler leur offre: entrer dans l'armée avec eux, mais là encore le héros du peuple refuse. Il a mieux à faire: il va se débarrasser de ces Lances de la Trahison, on le juge capable d'en tuer un mais alors lui tout seul contre trois fantômes c'est un peu fort! Pourtant il y parvient le bougre! Tout au long de ce tome 0, Köinzell les déniche et s'en débarrasse comme prévu, il détrône même le plus redoutable: Ascheriit, celui qui est capable d'utiliser la technique des "Ailes noires"
. Et pour cause: ces quatre ennemis n'étaient pas si morts que ça. Ils n'étaient que des guerriers assoiffés de pouvoir qui ont utilisé le noms de Lance de la Trahison pour terroriser et prendre le pouvoir plus aisément, contrôlant leurs hommes de main par la peur. Köinzell le sait depuis le début, et c'est pour cela qu'il tenait tant à les tuer. Il connaissait les Lances de la Trahison et leur histoire, pourtant tout ça remonte à vingt ans, il n'était pas né à l'époque. Mais son apparence physique est trompeuse, Köinzell est plus âgé qu'il n'y paraît et si on lui assure qu'il maîtrise mieux la technique des "Ailes noires" qu'Ascheriit c'est parce qu'il a eu le temps de se perfectionner depuis tout ce temps: c'est lui le véritable Ascheriit, et il est le seul à savoir ce qu'il s'est réellement passé avec les Lances de la Trahison.
A l'époque le royaume était menacé par une force maléfique, le roi a donc chargé ses quatorze plus grands chevaliers de sauver son pays, et leur confia les Lances Sacrées. Mais malgré une profonde complicité entre tous ces guerriers la peur de la mort prit le dessus et seuls quatre chevaliers (dont Ascheriit) termine dignement la mission. Seulement ils n'avaient pas sentis que la plus grande menace venait de leur propre groupe, les sept hommes restés à l'écart du combat ne souhaitent pas devenir la risée du royaume et préfèrent tuer leurs propres compagnons plutôt que de revenir honteux. Les quatre valeureux sont donc mis à mort, et les sept chevaliers rentrent gentiment au palais, gardant le secret à jamais caché. La légende des Sept héros est donc une supercherie et Ascheriit, survivant et pauvre innocent est bien décidé à venger la mort de ses amis. Il le dit haut et fort à la fin de sa tuerie, le sang n'a pas fini de couler, ce sera lui ou les Sept héros.

Suite de la chronique (amis non-curieux, vous pouvez reprendre la lecture): L'univers d'Ubel Blatt est un monde très riche et j'espère que mon résumé n'est pas trop brouillon, bien que fervente lectrice de cette saga j'ai moi même du mal à m'y retrouver parfois.
Le scénario est plutôt simple: un secret inavouable, un désir de vengeance et un héros qui surgit de nulle part, mais l'histoire est bien tournée et les sentiments, relations entre les personnages et secrets sont vraiment bien retranscrits. Ubel Blatt serait digne d'être adapté au cinéma, ça donnerait un spectacle haut en couleur.
  En ce qui concerne les personnages, je n'ai absolument rien à dire, tous ont leur bagage et si lourd et si bien  écrit qu'ils ont tous un rôle crédible (même le petit larbin de seconde zone, et si!). Ne serait-ce que pour Köinzell: ce personnage est grandiose. Il jongle entre la mort et la vie (au sens propre) et passe son temps à tromper et son entourage et le lecteur sur son âge et sa maturité. Avec son air de blasé fatigué il amuse, et lors des scènes de combat (époustouflantes) il terrifie et impose le respect. Il est l'un de ces personnages qui peuvent se permettre d'apparaître sur fond noir pour une couverture, rien qu'à le voir on sent qu'il a quelque chose qui sort de l'ordinaire.
L'atmosphère est très sombre et très cru. Pas comme pour The Arms Peddler pour qui les scènes crues se résume à des scènes de combat ou encore à des personnages féminins "un peu" dénudés, avec Ubel Blatt on a le droit autant à des vraies scènes de massacre (ouais, y'a du sang partout sur les pages, ça éclabousse) qu'a des scènes de sexe qui choquerait les plus jeunes (comme diraient certains: "Oh my god!"). Cette différence vient sans doute des héros principaux. Tandis que Sona (The Arms Peddler) n'est encore qu'un jeune adolescent, Köinzell a déjà pratiquement vécu toute une vie humaine et malgré son apparence; à la maturité d'un adulte.
Ce qui est bien avec ce manga c'est qu'on a le droit à des scènes de combat comme dans les films sur le Moyen-âge: y'a des épées. Bon, vous allez me dire qu'il y en a aussi dans d'autres mangas, mais là l'épée est l'arme de prédilection. A vrai dire je ne me souviens pas avoir vu la moindre arme à feu dans ce manga, ça repose des grosses explosions, mais en même temps ça rend les duels plus intéressants (ouais, un bras coupé ça repousse pas normalement).
Niveau dessin, il faut bien avouer que le niveau esthétique n'est pas aussi "beau" que d'autres mangas, c'est un style brut qui malgré les premières réticences parvient à nous dévoiler les traits fins et directs de l'auteur. Certains personnages ont un design de fou (comme Köinzell, vous en connaissez beaucoup de gens aux cheveux verts vous?) et eux ont peux les dire "beaux" pour notre plus grande joie.

En bref, j'en suis actuellement au tome 10 et depuis que j'ai appris que le tome 11 était sortit (je crois que j'ai un mois de retard sur l'info) je vais m’empresser de le trouver. Ubel Blatt n'est pas comme les autres mangas, il ne rend pas accro mais il détient un tel univers et une telle aventure que ne pas continuer la lecture serait un crime.
En un mot: Ubel Blatt est une quête, d'abord pour le personnage mais aussi pour le lecteur: il nous faut trouver le dénouement!

Avec l'avancée des tomes le dessin s'améliore nettement. 


The ARMS PEDDLER

 The ARMS PEDDLER, tome 1. K. Nanatsuki & N. Owl, ed. Ki-oon.

   Et ouais, sitôt rentrée de ses vacances sitôt derrière son ordi (suis-je accro? Non voyons! ^^"). Je crois avoir fait une énorme bourde en oubliant de préciser que j'adorais la dark fantasy. Si si, je parle bien de ce genre où le gore, le fantastique et l'adrénaline ne font qu'un. Ce n'est pas pour rien que j'adore les éditions Ki-oon qui nous on déjà offert de superbes séries comme Doubt, Judge, Tripeace ou encore Ubel Blatt (promis je vais les sortir de mes bibliothèques pour poster des articles dessus)! 
La dernière merveille de ces éditions est le manga The Arms Peddler, tombée dessus par hasard (enfin presque), je déprimais de ne rien trouver de bon dans le rayon de mangas quand j'ai été attiré par la couverture (assez simple ma foi), le dessin (je suis très difficile sur ça, alors quand ça me plait dès le début le manga a une chance folle!) et l'édition.
De quoi ça parle? Une jeune garçon voit sa famille mourir devant ses yeux et se trouve sur le point de mourir à son tour quand une vendeuse d'armes "aussi belle qu'insensible" lui vient en aide et le menace de mort si il refuse de lui servir d'assistant-esclave tant qu'il ne l'a pas remboursé les cents  pièces d'or qu'il lui doit après ce sauvetage. Premier avis: génial! 
Ni une ni deux je le prends et le temps d'un trajet en voiture entre la Fnac et la maison le manga est déjà terminé avec une horrible pensée dans le crâne: "pourquoi j'ai pas pris le tome 2?". 

Vous l'avez compris The Arms Peddler rend accro, pas que l'histoire soit trépidante parce que pour l'instant nous en sommes encore à la découverte des personnages et du monde dans lequel il vive avec les premiers chapitres tests (qui a lu Bakuman comprendra) -bien que les derniers chapitres du premier tome nous donne une vraie aventure, et en plus une princesse à sauver!- mais surtout pour l'atmosphère, la fin abrupte et les personnages en eux-mêmes. Un mangaka n'a pas le droit à l'erreur, aussi si il veut réussir à garder sa série sur les rails de l'édition il lui faut un scénario en béton, et le béton est quasiment armé comme un arsenal militaire ici. 
Le narrateur, car oui il y a bien un narrateur ici, est le jeune Sona, héros malheureux de cette aventure qui après avoir enduré la disparition de sa famille, une torture physique et mentale donnée généreusement par l'assassin de sa famille rencontre Garami, jeune femme vendeuse d'armes et (on le suppose) tueuse expérimentée  qui le prend sous son aile et lui fait découvrir un monde de non-droit où les monstres dévoreurs de vierges deviennent des dieux, où un fantôme vengeur réclame justice et où les gens sont vendus comme du bétail sans possibilité de fuite. On est dans un monde apocalyptique où ni la nature ni l'homme n'a réussi à prendre le dessus, alors on vit comme on peut, et on se protège des dangers comme on peut, à la force de l'arme ou de la magie.
Les dessins sont un niveau qui frôle la perfection pour la dark fantasy: réalistes avec un style lisse qui associe justement les scènes crues et le design "sensible" des personnages. 
Voilà, c'était tout ce que j'avais à dire sur ce premier tome, je sens que le tome 2 ne va pas tarder à arriver sur le haut de ma PAL.  Juste une question sur Garami: comment elle fait pour garder son maquillage intact? Surtout qu'il n'est pas discret...

Sona & Garami, je voulais juste montrer le style du design en fait...