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mardi 2 septembre 2014

Harfang

Harfang, 
d'Aurore, ed. Delcourt.

  Il y a quelques années, j'ai découvert le style graphique d'Aurore, une illustratrice française, avec la série Pixie et depuis je suis fan (pourtant c'est pas facile pour un mauvais caractère comme le mien!). Lorsque j'ai appris qu'Aurore publiait son nouveau bijou, Harfang, j'ai tout de suite sauté dessus. Alors? Le bonheur était-il dans ses pages? Et comment! 

  Mais de quoi ça parle, Harfang ? C'est la libre adaptation d'un conte de Grimm, Jorinde & Joringel, un conte assez oublié qui raconte la malheureuse aventure d’un couple piégé par une vieille sorcière, alors qu'il se sont perdu dans une forêt maudite. La jeune fille est transformée en oiseau et devient la prisonnière de la sorcière tandis que le jeune homme se retrouve éloigné de sa fiancée, promis à une mort certaine si jamais il tente de la sauver...


  Evidemment, comme Harfang est une libre adaptation, il y a forcément des changements narratifs par rapport au conte originel. La vieille sorcière devient une très belle femme, le monde monde dans lequel vivent les personnages est plus asiatique qu’européen et on a même droit à une belle scène de combat mais tous ces changements sont le point fort de cette bd!


   L'univers d'Aurore est très riche et elle arrive, tout en gardant le conte originel à l’esprit, à donner au lecteur une véritable histoire proche du genre de l’héroïc fantasy en jouant notamment avec des éléments fantastiques: quête d'un jeune héros, créatures monstrueuses et l’évolution des personnages. Ce dernier point, justement m'a beaucoup plu parce que, très souvent dans les contes le héros n’est pas très intéressant :  il est aidé par l'univers merveilleux ou alors il a un bol monstre! Les contes étant ce qu'ils sont, il n'y a pas beaucoup de place au caractère. Avec Harfang on a un couple qui évolue tout au long de l’histoire et un monde qui permet justement cette évolution et qui donne même envie d’avoir une suite. La fin est une fin ouverte et donne très très très envie d’avoir un tome 2 - Aurore, si jamais vous passez par là - ce qui à mon sens montre bien que l’auteur à su prendre le pas sur le conte de Grimm.


En bref: une très belle bd, qui peut laisser sur sa faim suite à sa fin abrupte mais qui vaut vraiment le détour! Un vrai coup de coeur!
Le moins: tome 2 sera, ne sera pas?
Le plus: rien à dire, l'histoire, l'univers, le dessin me plaisent. Bravo!

vendredi 6 juin 2014

Maléfique

Maléfique, 
au cinéma depuis le 28 mai 2014.

  Lorsque j'étais encore une enfant pleine de joie de vivre, j'aimais beaucoup Blanche-Neige, la vie a eu raison de moi... Depuis je suis plus proche de ma couette que des pommes, mais bon, je ne m'en plains pas! 
  Comme j'aime bien ruiner mes souvenirs d'enfance (le sarcasme aura raison de moi), je suis allée voir Maléfique... et malheureusement le verdict en est plutôt... moyen.

  Mais Maléfique, kesako? Il s'agit du conte de La Belle au Bois Dormant revu du point de vue de Maléfique, la vilaine sorcière aux cornes qui lance une malédiction sur la pauvre Aurore qui n'a rien demandé à personne. 
  Personnellement, j'aime beaucoup le personnage de Maléfique parce que c'est l'une des rares méchantes de Disney à être vraiment méchante. Beaucoup de vilains pas beaux de Disney ont un côté comique (comme Hadès, Ursula, le Capitaine Crochet ou encore Cruella). Maléfique, elle, est une vraie méchante qui a la classe (en plus elle a un corbeau domestique) et qui fait le mal parce que ça l'éclate et basta. 
  L'évident gros point positif de cette nouvelle version du conte de la Belle au Bois Dormant c'est la prestation d'Angelina Jolie. Elle rentre parfaitement dans le rôle et on découvre avec plaisir une Maléfique plus humaine, un brin sarcastique, qui aime s'amuser, que ce soit en volant dans le ciel ou en jouant de sales tours à ses voisines les fées (blagues qui peuvent devenir de vraies catastrophes).
  Bien qu'elle casse l'image de la sorcière sombre badass (attends, elle se change en dragon!), elle sait rester attachante et il est plaisant de découvrir ses aventures. 


  Au niveau du rythme du film, des décors et des costumes ou encore du corbeau (iiih!), je n'ai rien à dire. Non, les défauts de ce film se trouvent ailleurs. Prêt? Voici le top 3!


1 - La Princesse : c'est dur, mais c'est vrai. La pauvre Elle Fanning n'a pas beaucoup de chance sur le coup. Pendant toute la séance, j'ai eu la détestable impression que le réalisateur lui a dit avant chaque début de tournage: "Sois mignonne, tait-toi et souris niaisement". Parce que oui: le rôle d'Aurore, ici, est de se contenter de glousser bêtement... et c'est tout. 
  Certes, Aurore est une jeune fille (16 ans), et elle est douée d'une joie de vivre inébranlable mais à ce point ça frôle la bêtise pure et simple et c'est franchement irritant. Aurore était l'une des princesses Disney, de mon point de vue, à avoir beaucoup d'allure et la réduire à l'image de l'adolescente un peu bêbête est malheureux.


2 - Le "je t'aime, moi non plus": Il est clair dès la bande-annonce de Maléfique que le but premier de ce nouveau scénario est de donner un visage bien plus sympathique à la sorcière, et cette idée est louable. Le problème réside dans la relation qu'on a voulu imposer aux spectateurs entre Maléfique et Aurore. Sans rien spoiler du film, on peut rapidement comprendre qu'Aurore prend très vite la vilaine cornue pour une sorte d'ange gardien, ce qui nous laisse la joie de voir la sorcière avec une tête biiiieennn choquée pendant une demie-seconde. Mais là encore, ça ne colle pas: cette relation, qui pouvait être mignonne, donne un virage à 180° au film qui part alors mais alors très loin dans la vilaine parodie pleine de bons sentiments. On nous avait promis de la Dark Fantasy bien sombre, au final on ressort après avoir fait un tour au Pays des Petits Poneys (c'est caricaturé, mais c'est presque ça).


3 - Les incohérences (presque) cachées: Cette partie ne peut être comprise que par les personnes qui ont vu le film... Pourquoi garder le nom Maléfique, pourquoi des ailes, pourquoi des créatures zarbs, pourquoi un faux air à Gandalf, pourquoi un pantalon, pourquoi Ombrage, pourquoi des références aux super héroïnes, pourquoi la vie, pourquoi la mort, parce que le Ja... oups (oui, ceci était bien une référence, cherche mon petit, cherche)!
  Non, plus sérieusement, Maléfique est truffé d'incohérences qui peuvent sembler minimes par rapport à la globalité, mais ces incohérences m'ont fait grogner, geindre et même grimacer pendant toutes la projection. Ce sont surtout ces incohérences qui m'ont fait regretter - en partie - d'être allée voir le film. J'ai aussi un gros problèmes avec les fins des derniers Disney, à croire que les scénaristes ont du mal à terminer un film, que ce soit pour La Reine des Neiges ou pour Maléfique. Trop de bons sentiments peuvent nuire à la réussite d'un film, si, si. 


En bref: c'est clairement Angelina Jolie (et son corbeau! iiih!) qui sauve cette nouvelle version du conte en jouant à merveille une Maléfique attachante et drôle. Une déception cependant puisque le film est loin d'être aussi génial que ne le laissait présager toutes ces bandes-annonces et les critiques.
Le moins: la  Dark Fantasy a disparu pour le pays des Bisounours, argh!
Le plus: le corbeau (iiiih!), non plus sérieusement, je dirais les couleurs et la beauté des décors. Et l'insulte préférée de Maléfique aussi, parce qu'elle reste badass même en insultant. 

mardi 18 février 2014

Challenge Cold Winter 2013: Oksa Pollock

Oksa Pollock, t. 1: L'Inespérée, adapté du roman de Plichota & Wolf par Nauriel & Corbeyran. XO Editions, 12 bis.

 Bon... je sens que je vais me faire taper par les fans mais... je n'aime pas Oksa Pollock, voilà, c'est dit. Ouf! Mais comme juste dire "je n'aime pas" est un peu idiot, je vais argumenter... Enjoy?

  Pour parler des livres écrits par mesdames Plichota et Wolf, j'ai essayé désespérément de lire le premier tome de la saga d'abord lors de sa toute première sortie en grand format, mais j'ai plus survolé qu'autre chose, énervée par ce que j'ai tendance à appeler le "trop" d'imaginaire. Mais j'y reviendrais.


  Ensuite, ayant oublié ce premier tome et l'ayant donné (sans doute, je ne sais plus), j'ai réessayé il y a quelques mois avec la version poche mais cette fois, je ne suis même pas arrivée à lire jusqu'au deuxième chapitre! Diable. Mais qu'est-ce qui cloche? Et bien dans le cas d'Oksa Pollock, il y a ce gros problème de "trop" d'imaginaire. C'est un ressentiment qui m'est propre (mais que peut-être d'autre lecteurs reconnaîtront dans leur petit coeur douillet) et me pousse généralement à hurler ma rage lors en plein milieu d'une lecture...

 Mais je m'explique plus clairement: le "trop" d'imaginaire est synonyme chez moi de "trop" de clichés littéraires. Un petit résumé?
  Oksa vit dans une famille heureuse, elle vient de déménager et donc change d'école (à Londres, et hop la joie de l'uniforme) mais à tout de même son meilleur ami avec elle puisque lui aussi vient de déménager (quand vos deux familles travaillent dans le même restaurant et veulent en ouvrir un autre, logique me direz-vous). Oksa a toujours rêvée d'être une ninja et découvre par hasard qu'elle a des pouvoirs. Ensuite elle découvre qu'elle est l'élue, l'héritière que sa magicienne de grand-mère adule depuis sa naissance (grand-mère qui vit entourée de créatures étranges au dernière étage de la maison) et qu'il lui faut rester en vie. Entre temps, Oksa a également de se faire un pote bagarreur qui la brutalise dès le début de l'année et de se faire aimer également par son professeur principal qui passe son temps à lui chercher des poux dans la tête.
On continu?


  Voilà ce que j'appelle le "trop" d'imaginaires. Pourquoi avoir toujours les mêmes éléments de base? Je ne dénigre pas Oksa Pollock mais je déplore ce "trop" d'éléments qui reviennent sans cesse et qui ont l'art d'énerver le lecteur avisé qui aimerait être surprit un tant soit peu. Pourquoi une ado qui rêve d'être une ninja? Pourquoi Londres - référence à Harry Potter -? Pourquoi être l'élue et pas la lointaine cousine au cinquantième degrés - référence à Harry Potter -? Pourquoi un prof mystérieux tout en noir et agréable pour deux sous - référence à....? Imaginez-moi en train d'hurler quelques secondes... voilà... ça va mieux!

  Mais je ne suis pas ici pour parler des romans mais de la BD. Comme je suis du genre butée, je me suis mis "si ça n'a pas marché avec les livres, essaye au moins ça!" et le verdict est très mitigé. Malheureusement.


  Tout d'abord, je tiens à souligner que personnellement, le style "sage" de Nauriel m'a toujours plu. Je l'avais découvert avec la série Nanami (ed. Dargaud) et je dois dire que savoir que c'était elle qui illustrait l'univers d'Oksa Pollock a été un gros poids dans la balance pour que je tente pour une troisième fois l'aventure. Globalement, les planches sont jolies, claires et encore une fois, Nauriel fait la différence entre le monde réel et le monde fantastique avec son jeu des couleurs et des lumières. Un petit charme pour cette BD mais ce petit bonheur personnel ne fait pas tout pour cette oeuvre graphique. 

 Un point qui m'a perturbée est la représentation illustrée d'Oksa et son âge véritable: 13 ans. Durant presque la totalité de ma lecture, je n'ai cessé de me dire: "Mais elle fait trop vieille!"

 

  Ensuite, pour ce qui concerne l'histoire, je n'ai pas grand chose à dire si ce n'est qu'encore une fois, l'univers de ce duo d'écrivains ne m'a pas transportée, j'ai peut-être trop lu pour pouvoir apprécié pleinement une saga fantastique où les éléments sont donnés au compte-goutte sans que j'en devine une grande partie à l'avance. Ou tout simplement que le problème du "trop" d'imaginaire m'a coupé l'envie de continuer la découverte de cet univers si frenchie. A mon grand regret, je dois dire...


  Pour parler retranscription graphique, pour le peu que je m'en souvienne, il me semble que c'est assez fidèle - les puristes me reprendront si je me trompe, vu ma mémoire, c'est tout à fait probable -. Seulement, à la fin de ces 48 pages, le lecteur à la détestable impression de s'être fait avoir: pour prendre un exemple: La Quête d'Ewilan fait une soixantaine de pages mais on a l'impression d'en avoir lu le double par rapport à ce premier tome de l'Inespérée. Il se passe peu de choses et le peu de pages - aussi jolies soient-elles - ne comblent pas l'immense vide qui arrive dans les attentes des lecteurs. Cruelle déception...  

En bref: un univers qui ne m'a toujours pas enchanté, une chance peut-être avec une éventuelle adaptation cinématographique promise depuis plusieurs années...?
Le plus: les pages 36 et 37 sont clairement mes préférées...
Le moins: Le peu de pages et d'action... on s'ennuie un peu.


mardi 10 décembre 2013

La Reine des Neiges

La Reine des Neiges, Disney. En salle depuis le 4 décembre 2013.

  Il est important de ne pas trop oublier son âme d'enfant et cette fin d'année 2013 est une bonne excuse pour aller courir au cinéma voir le nouveau Disney: La Reine des Neiges. Un pur moment de magie!

  Comme j'aime bien étaler le peu de culture que j'ai, La Reine des Neiges est un conte écrit par le célèbre Hans Christian Andersen, l'auteur des non moins célèbres: La Petite Fille aux Allumettes, Le Vilain Petit Canard ou encore La Petite Sirène. Le conte qui nous intéresse, La Reine des Neiges raconte le périple de la petite Gerda qui part à la recherche de son ami Kay, prisonnier de la terrible Reine. 
Ce conte danois (oui, Andersen était Danois, dingue, non?) a connu de nombreuses adaptations plus ou moins fidèles. Les malheureux qui sont assez vieux pour se rappeler de l'année 1995 doivent certainement connaître l'adaptation en dessin animée qui était alors apparue sur nos petits écrans de télévision où la Reine était très... bleue. 


Plus récemment encore, Dargaud avait publié l'excellente bande-dessinée Cœur de Glace de M. Pommepuy et P. Pion. Un ouvrage aussi beau esthétiquement que sombre moralement où l'absurde côtoyait souvent l'horreur. 

  Mais que dire de la dernière adaptation? 


Tout d'abord: C'EST BEAU! Oui, mon cri du coeur était obligé d'être en majuscules, car oui: c'est beau! Moi qui adore les paysages d'Europe du Nord, voir un film où je peux découvrir la Norvège en été et en hiver, c'est tout simplement féerique, pour moi!


 Pour continuer sur l'esthétique du film, je dois souligner le fait que l'illustration de la neige est d'une beauté (et oui, toujours) remarquable, on a l'impression que pouvoir sentir le froid juste sous nos doigts tellement c'est beau de réalisme. 
J'ai eu un coup de coeur tout particulier pour la scène de "libération" d'Elsa, la jeune reine, qui est tout simplement époustouflante: entre le rêve de cathédrale et la magie du paysage.


  En parlant d'Elsa justement, ce personnage est clairement mon préféré de tout le film. Il pourrait être jugé simple de changer le rôle de la Reine des Neiges, pourtant ce serait se tromper! Si l'on suit l'idée d'Andersen, Elsa devrait être la "méchante" du film (elle fait tomber la neige en été, pas bien!) mais il n'en est rien. Au contraire, les studios Disney ont prit le contre-pied de ce personnage en donnant à Elsa un visage non seulement plus doux mais également plus humain. 


  Certes, sa charmante sœur Anna, la "princesse" du film est drôle, enjouée et pleine de bonne volonté, mais je trouve que la profondeur du personnage n'est rien comparée à la Reine des Neiges qui se voit prendre le rôle de la torturée malheureuse du film. Bien évidemment, ce film est - à la base - destiné aux enfants mais il ne faut pas oublier que Disney avait l'habitude de glisser dans ses oeuvres des allusions à l'Histoire Mondiale ou encore des thèmes beaucoup plus adultes qu'il n'y paraissait (on peut aussi bien citer dans ce cas Le Roi Lion avec sa tragédie à la grecque ou encore Pocahontas et ses questions de tolérance raciale), ici c'est clairement le thème à la Freud qui est visible avec une Elsa piégée entre sa véritable nature et le rôle qu'on lui a donné. De plus, la belle magicienne est remplie de remords et sa magie prend peu à peu l'allure de sa lutte intérieure, au risque d'en devenir mortellement dangereuse.


  Si je partais dans mes divagations, j'irai jusqu'à dire que le château de glace reflète le moi profond de la reine, mais comme ce n'est pas le propos, je continue ma chronique en sifflotant.


  L'histoire: deux sœurs en danger et une quête de bonheur est assez simple, mais elle a le don de marcher presque toujours, du moment que les éléments principaux sont correctement mis en place, ce qui est le cas ici.
On a une héroïne attachante qui, bien que naïve, n'en devient pas énervante et une dose juste d'humour dans un contexte relativement sérieux qui ne bloque pas à la gorge, je pense tout particulièrement au personnage d'Olaf joliment doublé par Danny Boon (surtout la chanson). 


  Le côté très "comédie musicale", contrairement à quelques films comme Rebelle ou encore Raiponce ne gêne aucunement ici et même, donne au dessin animé une dimension nouvelle qui redonne le sourire aux vieux fans de Disney. Enfin nous retrouvons des chansons à texte, avec un fond! Loin des "lalala" gentiment chantonnés à nos oreilles ces dernières années.

En bref: Un joli conte de Noël bien réalisé et bien réfléchi, Merci Disney!
Le moins: Etant une grande fan de Tolkien, j'avoue avoir eu du mal avec le physique des trolls... mais bon, chacun sa vision, pas vrai?
Le plus: Elsa, Elsa, Elsa et oh! Elsa! Un vrai coup de coeur pour cette Reine des Neiges!