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lundi 19 mars 2012

La fois où je suis devenu écrivain

La fois où je suis devenu écrivain, Vincent Cuvellier, éditions Rouergue.

Je reviens en mode inculte...en vous mettant un extrait de ma petite vie, je revenais alors du Salon du Livre (en ce beau samedi pluvieux):
Mère: tu as acheté des livres?
Oly: oui, regarde.
Mère: tiens, tu lis Cuvellier maintenant?
Oly: tu le connais?
Mère: tout le monde le connaît.
Je vous dis pas le grand moment de solitude...enfin. C'était LA découverte de ce Salon du Livre 2012: Vincent Cuvellier, écrivain avec une trentaine d'oeuvres à son actif.

Je dois avouer que ce qui m'a attiré en premier c'est le titre (comme pour les 3/4 des livres je suppose), ensuite c'est la couverture. Tous ces mots écrits dans le désordre m'ont plu, j'avais l'impression de lire en direct les pensées du jeune homme juste en dessous du nuage de mots. 

Petit livre, tout juste 77 pages, qui parle de la journée la plus importante de l'auteur: le jour où il a reçu le premier prix à un concours avec son tout premier roman, il avait alors 16 ans (La Troisième Vie, aux éditions Milan). Il nous raconte ses galères de jeune chômeur (il a arrêté les études après le collège), son désir de devenir poète maudit, ses années d'errance (quinze ans entre son premier et son deuxième roman) et ses réflexions sur tous ces évènements passés...
En gros on rentre dans sa tête. On se retrouve en face de l'auteur qui nous parle de sa vie et on adore. Il nous fait rire et nous captive (si bien qu'il m'a fallut moins de trois heures pour lire, happée que j'étais!).

J'ai pas grand chose à dire d'autre sur La fois où je suis devenu écrivain, si ce n'est qu'il m'a beaucoup amusé et que j'ai vraiment apprécié la lecture, c'est toujours intéressant le parcours d'un écrivain.
Et Vincent Cuvellier parle/écrit tellement bien que j'ai été piqué par la curiosité. J'ai envie de découvrir ses autres romans, ça ne va pas arranger ma PAL ça...

mardi 11 octobre 2011

le faire ou mourir

le faire ou mourir, de Claire-Lise Marguier, aux éditions rouergue.

Je n'aime pas les histoires joyeuses, faut croire, car déjà rien qu'au titre on imagine le roman sur l'adolescence noire, incomprise voire suicidaire. Bah t'as tout faux mon coco! le faire ou mourir c'est le premier roman de Madame/Mademoiselle (?) Marguier, un premier roman plus que réussit! Mais alors, ça parle de quoi? D'adolescence évidemment, mais d'adolescence qui n'en ai pas vraiment une.

On rencontre Damien, alias Dam, jeune homme de bientôt 16 ans qui n'a jamais connu l'affection et l'amour familial. Sa mère l'ignore, sa soeur aînée passe son temps à le rabaisser et son père, quand il ne le réduit pas verbalement à de la "bouse de vache" passe son temps à le corriger pour le remettre dans le droit chemin. Papa est déçu. Dam n'est ni athlétique, ni casse-cou, ni même révolté, il passe son temps à se taire, à avoir la trouille de tout et à pleurer comme un enfant. Dam est un artiste dans l'âme, il aime dessiner, et sa sensibilité se traduit un peu trop facilement en eau pour sa famille. Dam est l'enfant raté, on aurait aimé qu'il soit autrement, peut-être plus...ou peut-être moins. On ne sait pas, Dam non plus. Incapable de savoir ce qu'il aime, ce que sera demain, terrifié à l'idée de devoir choisir ne serait-ce que de respirer, il passe pour la chiffe-molle de son lycée et finit souvent avec de jolis bleus offert par les skateurs du coin. Personne ne lui ai jamais venu en aide, pourquoi ça changerait? Mais non. Un jour, Samy intervient, l'aide à se relever et le prend sous son aile dans son groupe de gothiques, qui n'ont de gothiques que le look. Samy est un jeune homme de deux ans son aîné, intelligent, enjoué et doué pour la vie, il devient l'ami, le confident puis l'amant de Dam. Car Dam, suite à une rumeur se laisse passer pour homosexuel, lui qui venait de se faire larguer par une fille qu'il aimait beaucoup il y a encore peu. Il n'a pas nié, grâce à ça on lui fichait la paix. Seulement voilà, plus les jours passent et plus il ressent des sentiments profonds pour Samy, qui n'y est pas indifférent loin de là. Ils pourraient s'aimer tout simplement si Papa ne voyait pas ça d'un très mauvais oeil. Plus le droit à rien: le dessin terminé, le groupe de tarés tout en noir terminé et Samy le gigolo terminé aussi! Dam va devoir faire un choix: s'affirmer devant le paternel au risque de se faire tuer, ou se taire au risque d'exploser un jour (il faut bien, il ravale tellement de choses depuis sa naissance).

On est heureux quand Dam est heureux, désespéré en même temps que lui, on ressent sa colère qui pourrait très bien se changer en haine meurtrière. On aime Dam, oui on l'aime et on a envie qu'il soit heureux. On ne lâche pas le livre (103 pages), comment? CM de philo? Rien à faire, moi je veux finir (non c'est pas vrai, je suis une fille raisonnable)! En bref: on adore! Oh que oui on adore! On finit la lecture avec des envies de liberté et d'amour, une joie de vivre plus forte que celle qu'on ressent face au sapin de Noël! Magnifique! Je suis en vie! C'est pas merveilleux ça? Ce qui est merveilleux ici c'est le premier roman de Claire-Lise Marguier, une merveille à mettre entre toutes les mains en mal de coups de coeur! Aller, hop hop! On court chez son libraire!