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jeudi 23 mai 2013

La Fille du Déménageur & Sublimes Lunes

La Fille du Déménageur, Caroline Vermaille, ed. Hachette, coll. Black Moon .

  Depuis quelques semaines, les collections Black Moon ont sortis plusieurs ouvrages de nouvelles inédites ou republier afin de rendre leurs nombreux lecteurs joyeux malgré le mauvais temps de ce mois de mai. 

Personnellement, je n'avais qu'une hâte c'était de trouver la nouvelle de Caroline Vermaille, le résumé m'ayant bien intéresser, et je ne suis pas déçue du voyage, c'est simple, touchant et reposant comme lecture! 
 L'histoire d'un père un peu paumé dans son rôle parental face à une ado en crise existentielle nous ramène aux aventures quotidiennes qu'on entend tous les jours, avec un air à la Gavalda, Caroline Vermaille nous rend le sourire le temps d'une lecture et on s'en réjouit. 

Avec en bonus, une seconde nouvelle: Dernier Tour, une goutte de fantastique pour beaucoup de tendresse, encore.


Sublimes Lunes, Garcia & Stohl, ed. Hachette, coll. Black Moon.

  Comme je suis du genre limace qui prend son temps, je dois avouer que cette nouvelle m'a un peu dévoilé le tome 2 (et qui sait, le tome 3 peut-être?), heureusement je suis bonne joueuse donc personnellement ça ne m'a pas trop dérangé, mais je recommande aux lecteurs qui, comme moi, découvrent tout juste la série des 16 Lunes de ne pas lire cette nouvelle avant d'avoir lu le deuxième tome (à vos risques et périls). 

  On a donc ici l'aventure de Link, meilleur ami un peu barge d'Ethan a qui il arrive de drôles de choses, et pas toujours drôles. Je ne peux malheureusement pas en dire plus, c'est une nouvelle après tout.
  Un récit court mais alléchant qui reste bien dans l'ambiance particulière des romans. Un régal!

dimanche 25 mars 2012

Les Agents Littéraires: Les Dérangés

Les Dérangés, Audrey Denjean, éditions Kirographaires.

Quatrième de couverture: "Une pendule à coucou, une petite fille prénommée Julie, des gallinacés, un baldaquin en kit, ainsi qu'une parka rouge et des faux cils ont été nécessaires à l'auteur pour écrire ces douze histoires.

Inventées, inspirées du quotidien ou de chansons, ces nouvelles mettent la lumière sur des facettes particulières de la société actuelle. Prostitution, amour tabou, folie, sexe automatisé et autres différences se croisent ici, autour d'un seul et même lieu: le Café Noir."

Avec ce recueil de nouvelles, Audrey Denjean s'essaye au genre délicat de l'humour noir où le sarcasme et le salace se retrouvent à quasiment toutes les histoires que l'auteur nous fait découvrir. Un essai pas toujours réussi. 

On explore différents univers et on suit le quotidien de plusieurs personnages. Les histoires ont presque toutes un dénouement tragique. Entre la mère possessive, l'employée désabusée et l'homme caméléon on ne sait plus où donner de la tête. Comme si l'auteur, à travers toutes ces nouvelles voulait nous montrer l'étendue de son écriture. Effectivement on passe du fantastique à la plus banale histoire quotidienne en passant au thriller noir. Mais ce mélange peut parfois nous donner la migraine.

Le style de l'auteur est juste, agréable à lire et même drôle. Le problème vient des dénouements. Audrey Denjean veut absolument surprendre le lecteur à la fin de chaque nouvelle et c'est là que ça cloche: c'est inégal. Parfois elle y parvient avec brio, la fois suivante elle est tellement prévisible qu'on s'ennuie. Les personnages sont eux aussi quelquefois très clichés, l'auteur a de bonnes idées, mais elle n'arrive pas toujours à en tirer le meilleur. 

Même avec ces points noirs, Les Dérangés s'en sort bien. Notamment avec les idées de l'auteur qui sortent malgré tout de l'ordinaire et qui, mieux maîtrisées donneront d'excellentes histoires. En fait, le vrai problème des Dérangés c'est qu'il s'agit de nouvelles. En format roman ça aurait été génial. Là, c'est vraiment trop court et on sort de la lecture avec l'impression d'être ne manque de quelque chose. On veut voir le roman en "cours d'écriture"! 

mardi 30 août 2011

Paris je t'aime

Paris je t'aime, Myriam Thibault, édition Léo Scheer

                                                         Quatrième de couverture:
"Chaque histoire, chaque personnage, chaque destin évoqué par Myriam Thibault est guidé par un rêve: habiter Paris, promesse d'une vie romantique où les couples se font et se défont, où les fantômes rejoignent les vivants, où la musique, le cinéma, la littérature, obsessions de l'auteur depuis l'enfance, sont au centre de tout. Un vent de fraîcheur souffle sur les rues d'un Paris onirique, théâtre intime des espérances et désillusions. Porté par une écriture d'une maturité étonnante, un univers d'écrivain véritable se déploie avec la grâce et la force que donne un talent déjà éclatant.

 Il est bon de tomber par hasard sur un livre inconnu, le temps d'une balade à la Fnac. Sortit l'année dernière Paris je t'aime a tout de suite éveillé ma curiosité. Un petit avis parmi tant d'autres...

Myriam Thibault a un certain style, clair, qui me plaît mais il m'a fallut du temps pour ne plus être agacée par son amour du luxe.
Le problème c'est que dès la première page l'overdose arrive et on meurt d'envie de retirer une à une toutes ces marques qui donnent des pages en pus au recueil de nouvelles. Certes il s'agit ici du choix volontaire de l'auteur qui montre sa vision, fantasme, de la capitale et place volontairement dans un milieu bobo qui doit refléter un petit quart des habitants (mais quel quart!).
En fait, il faut prendre les nouvelles une à un, les lire une à une, pour éviter le trop plein de marque et de snobisme qui envahit la lecture pour apprécier le récit. Car si on lit tout à la suite on en vient à se révolter contre la société de consommation qui...haha.
L'idée de mettre les chansons sur lesquelles elle a écrit (j'imagine) ces histoires est amusante, ça fait vraiment article de blog, ce qui à la fois amuse mais en même temps déconcerte, c'est en dehors du contexte...à mon sens (en gros, je n'ai toujours pas compris à quoi cela servait, désolée, mais je cherche encore!).

Les nouvelles: Une journée Boulevard Saint-Germain: l'idée de suivre un auteur ayant "les moyens" est drôle mais le personnage à l'ego surdimensionné agace. Enfin, c'est ça qui est amusant.
Minuit: en fait, on aurait pu juste faire la description des lieux, les personnages font presque rôles de décor ici.
Quelques saisons plus tard: l'idée de base, couple en crise, est très bonne et le style sans fariboles de l'auteur ajoute un charme de plus à la nouvelle. On regrette presque que cela soit si court car on voit bien ce genre d'histoire en roman.
La Jeune fille au trench rouge: là aussi l'idée de base est plaisante, mais c'est tourné d'une telle manière que la sympathie que l'on devrait porter à la jeune fille est rapidement changé en désintérêt. Elle apparaît tellement lâche face à ses propres choix que le regret que l'on doit ressentir, ou le choc, à la fin n'arrive pas, et n'arrive toujours pas. Le personnage est trop dilué par rapport à ce qui lui arrive. L'abattement (un peu excessif face à son caractère passif) qui en ressort donne envie de la secouer et de lui dire "Réveille-toi"!
Un jour, peut-être...: beaucoup aimé car le milieu des personnages est réaliste par rapport au décor, certes l'agaçement est encore là (cette histoire de sacs me tracasse encore!) mais c'est le petit plus du livre. La seule question que je me pose c'est comment l'héroïne fait pour ne pas saisir dès le départ ce que son compagnon veut lui dire? Parce que pour trouver un homme aussi transparent il faut chercher loin et longtemps.
Rock en Veine: idée vue et revue mais qui aurait pu être bien traitée par Myriam Thibault car son style clair peut -à mon avis- aisément correspondre à tous les sujets. Mais ici,  l'histoire est trop "droguée" pour que le lecteur soit d'accord avec l'auteur. Les sujets comme ça n'ont pas l'air d'être en phase avec la jeune écrivain.
"Gainsbourg et son Gainsborough vont rejoindre Paris": oui...il faut aimer Gainsbourg quoi...c'est qui déjà? Non je plaisante. Apprécier même si je n'ai pas tout compris.
Au beau milieu d'une nuit parisienne: une idée plaisante pour qui connaît Clamp et apprécie de voir en une même histoire plusieurs personnages venant pourtant "d'ailleurs". Très agréable et très posée après toutes ces péripéties. C'est frais.
Un aveu: on est dépaysé par cet allé simple en vacances et ça libère. On est ensuite heureux de retrouver Paris. Très bonne idée!
Au même instant: on voit bien la publicité de la Marie: "Paris, la ville qui vous ouvre ses portes!". Haha! Très amusant.

En bref les nouvelles, prises une par une sont plaisantes malgré les petits défauts qui sont tout de même plaisants et drôles. Les marques aussi, puisqu'elles font partis du recueil au même titre que les personnages (et oui). Tout cela est fait exprès et c'est bien cela qu'il faut comprendre, au risque d'avoir une crise de nerfs pour les plus sensibles. Personnages réalistes (sauf le revenant et ce débauché de rockeur) et description de haut niveau, très pratique pour qui n'est même pas capable de situer correctement la Tour Effel (je ne me vise absolument pas). Un auteur à suivre et qui pousse à avoir envie de voir ce qu'elle vaut en roman! Premier roman qui sortira le 21 septembre 2011.