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samedi 6 décembre 2014

La Voie des Oracles

Estelle Faye, T.1: Thya
ed. Scrineo
  "La Gaule, Ve siècle après Jésus-Christ."

  Thya, fille du général romain Gnaeus Sertor vit loin de Rome et de ses complots. L'année de ses cinq ans, Thya découvre qu'elle a un don, un don dangereux: elle est oracle. Au coeur de cette Italie chrétienne, avoir un don en lien direct avec les dieux païens est équivalent à signer son arrêt de mort. Son père l'envoie vivre loin du danger, en Aquitaine, souhaitant plus que tout protéger son enfant. Pour Thya, son père est toute sa vie et elle est prête à tout pour lui. C'est pour cela que, onze ans plus tard, Thya commence un voyage solitaire à travers toute la Gaule pour sauver son père de la mort. 
 Ses dons lui ont montré le chemin, la réponse se trouve sur les vestiges d'une guerre lointaine... 

Voilà pour le résumé, et maintenant?
" - Où sommes-nous?
- A Brog"

  Comme vous êtes des génies, vous avez bien compris que c'est à Brog que Thya souhaite aller pour sauver son père chéri, mais pourquoi? La réponse est simple: aucune idée.
  Lorsque Thya use de ses dons pour connaître l'avenir (ce truc merveilleux qui se produit dans les minutes voire les siècles à venir) ses visions ne sont jamais très précises. Tout ce que lui montrent les foies d'animaux sacrifiés (oui, les romains n'étaient pas encore adeptes des feuilles de thé pour la voyance) ce sont des images de Brog, ce lieu mythique où son père, général, s'est vaillamment battu pour Rome, il y a de cela plusieurs années, déjà.  Tout est lié à Brog: la guérison de son père, le lourd secret de son ami et protecteur, Mettius ou encore le passé de ce si charismatique et si agaçant Enoch. Mais le temps presse: les Vandales se rapprochent de l'ancien champ de bataille à grande vitesse et Rome est déjà sur le déclin...


L'auteur de La Voie des Oracles,
Estelle Faye de son petit nom

  La Voie des Oracles est un excellent mélange de plusieurs ingrédients qui plaisent à l'accro d'Histoire que je suis: on a un très bon décor historique, descriptif et explicatif comme il faut sans pour autant en faire un documentaire, ce qui peut rapidement faire fuir certains lecteurs. De plus, l'histoire se déroule à une période qu'on a tendance à mettre de côté: le déclin de l'Empire Romain. Nos chers Auguste, Antoine ou encore Néron nous font aisément oublier que Rome n'a pas été éternelle et le déclin de l'Empire est particulièrement saisissant à travers tout le roman. On apprend tout en se délectant d'une bonne quête initiatique, que demande le peuple, franchement! Estelle Faye a mené à bien ses recherches et parvient à donner à ses personnages un caractère très dynamique sans pour autant en faire des caricatures (personnellement je surkiffe le Faune! Hum, pardon je m'égare). 

   Comme je suis une fille sensible - si, si - j'ai un petit côté (très bien enfouit sous un océan de mauvaise foi) romantique et j'ai beaucoup apprécié le duo que forment Thya et Enoch (si toi lecteur, tu trouves que c'est un spoiler, je te répondrais que ça crève les yeux, et toc!). Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu droit à une bonne petite histoire de séduction. Au cours de leur voyage, les deux protagonistes se cherchent, se ratent et finissent par se comprendre un peu. Avec Estelle Faye, pas de longs monologues sur la beauté des cils de l'être aimé, on a enfin (!!) du bon sens au coeur - c'est le cas de le dire - d'une possible relation entre deux jeunes personnes. 

  J'ai également particulièrement aimé la tension constante qui règne dans ce premier tome, la dualité de cet Empire nous amène à voir deux mondes distincts: l'univers païen, représenté par Thya principalement où les anciens dieux voient en elle leur dernier salut avant de disparaître à jamais; et l'univers chrétien qui commence déjà à devenir plus obscur avec un début de chasse aux sorcières. Cette atmosphère lourde, ajoutée au périple de l'héroïne rend cette lecture tout à fait captivante et l'on ressort de ce roman assez sonné, mais bien content!


Oui, c'est plutôt dans cet état d'esprit qu'on ressort de notre lecture.
En conclusion...
La Voie des Oracles est un bon roman alliant fantastique et Histoire. J'ai aimé plonger dans cette quête comme j'aime toujours relire les romans d'Odile Weulersse. Très bon chaudron d'aventures et de mystère, ce roman est un petit bijou en cette fin d'année.

jeudi 18 septembre 2014

Le Petit Monde

Le Petit Monde
trilogie de Morvan & Terada, ed. Dargaud.

  On a tendance à oublier (merci Disney) que le Neverland de Peter Pan n'est pas un monde rose où tout roule au doux son du réveil avalé par le crocodile... Il y a plusieurs années, j'étais tombée sous le charme d'une trilogie aussi barbare que grandiose: Le Petit Monde!

  Libre adaptation de Peter Pan écrit par James Matthew Barrie cette trilogie au style graphique incroyable reprend le roman original pour placer l'aventure dans un monde futuriste où inégalité sociale et crimes sont monnaie courante.
  Attention: la violence de cette bd  peut rendre mal à l’aise les lecteurs les plus sensibles! Mais pour ceux qui n'ont peur de rien, ils seront récompensés par le rythme, la beauté et la fatalité de cette bd.


  Le monde revisité, les aventures et les personnages sont poussés à l'extrême. Piedra, le Peter Pan drogué et blasé de cette adaptation est vraiment un être sans cœur et horriblement mauvais même pour lui-même. Les personnages féminins, la Fée Clochette ou encore Wendy, sont des garces et des manipulatrices. Quant aux enfants perdus et l'équipage de Crochet le mafieux, je n'arrive pas encore à décider quelle "équipe" est la plus sanglante!


 Le titre du Petit Monde, est une parfaite illustration du monde dans lequel évoluent les personnages. On a la ville haute - les riches - avec les Darling, famille de l’Ambassadeur du Japon et la ville basse où vivent les pauvres, les malfrats, et - bien sûr - tous les originaires du Neverland. Au fil des pages, on se rend compte que les deux "villes" sont aussi identiques au point de vue moral: meurtres, mensonges et manipulations sont de véritables traditions dans ce monde.


En bref: Un véritable coup de coeur d'une violence extrême à couper le souffle!
Le moins: Le sadisme ne peut pas plaire à tout le monde... courage!
Le plus: Un graphisme, une écriture, un duo gagnant!

mardi 2 septembre 2014

Harfang

Harfang, 
d'Aurore, ed. Delcourt.

  Il y a quelques années, j'ai découvert le style graphique d'Aurore, une illustratrice française, avec la série Pixie et depuis je suis fan (pourtant c'est pas facile pour un mauvais caractère comme le mien!). Lorsque j'ai appris qu'Aurore publiait son nouveau bijou, Harfang, j'ai tout de suite sauté dessus. Alors? Le bonheur était-il dans ses pages? Et comment! 

  Mais de quoi ça parle, Harfang ? C'est la libre adaptation d'un conte de Grimm, Jorinde & Joringel, un conte assez oublié qui raconte la malheureuse aventure d’un couple piégé par une vieille sorcière, alors qu'il se sont perdu dans une forêt maudite. La jeune fille est transformée en oiseau et devient la prisonnière de la sorcière tandis que le jeune homme se retrouve éloigné de sa fiancée, promis à une mort certaine si jamais il tente de la sauver...


  Evidemment, comme Harfang est une libre adaptation, il y a forcément des changements narratifs par rapport au conte originel. La vieille sorcière devient une très belle femme, le monde monde dans lequel vivent les personnages est plus asiatique qu’européen et on a même droit à une belle scène de combat mais tous ces changements sont le point fort de cette bd!


   L'univers d'Aurore est très riche et elle arrive, tout en gardant le conte originel à l’esprit, à donner au lecteur une véritable histoire proche du genre de l’héroïc fantasy en jouant notamment avec des éléments fantastiques: quête d'un jeune héros, créatures monstrueuses et l’évolution des personnages. Ce dernier point, justement m'a beaucoup plu parce que, très souvent dans les contes le héros n’est pas très intéressant :  il est aidé par l'univers merveilleux ou alors il a un bol monstre! Les contes étant ce qu'ils sont, il n'y a pas beaucoup de place au caractère. Avec Harfang on a un couple qui évolue tout au long de l’histoire et un monde qui permet justement cette évolution et qui donne même envie d’avoir une suite. La fin est une fin ouverte et donne très très très envie d’avoir un tome 2 - Aurore, si jamais vous passez par là - ce qui à mon sens montre bien que l’auteur à su prendre le pas sur le conte de Grimm.


En bref: une très belle bd, qui peut laisser sur sa faim suite à sa fin abrupte mais qui vaut vraiment le détour! Un vrai coup de coeur!
Le moins: tome 2 sera, ne sera pas?
Le plus: rien à dire, l'histoire, l'univers, le dessin me plaisent. Bravo!

mercredi 25 juin 2014

Populaire

Populaire,
de Maya Van Wagenen, ed. Michel Lafon

   Maya Van Wagenen est une geek, située tout en bas de l'échelle sociale de son collège. Elle aimerait bien voir quelle vue on a du haut de cette échelle de popularité mais n'a jamais cherché à tenter l'expérience. Jusqu'au jour où ses parents ressortent de leurs étagères un vieux livre datant des années 50, Guide de popularité du top-modèle des années 50 Betty Cornell. L'occasion est trop belle, Maya va faire un pari fou: devenir populaire en suivant à la lettre tous les conseils de ce livre! Alors, pari gagné? Et comment!

  Véritable coup de coeur, Populaire a tout pour vous plaire: de l'humour, de la mode (même si la date de péremption est logiquement passée depuis un bail) et surtout: de la sincérité. 


  Bien que le livre de Maya Van Wagenen soit rangé dans le genre des mémoires, il s'agit bien évidemment du journal intime de la jeune fille qui nous livre en plus de 200 pages toute son année scolaire de quatrième, du jour fatidique de la rentrée à la fête de fin d'année. 

  Maya nous laisse donc rentrer dans son quotidien, parlant de sa famille, de ses amis, de sa passion pour les livres et de son rêve d'écrire, encouragée par un professeur qu'elle adore. Mais par dessus tout, Maya nous raconte presque jour pour jour ses multiples expériences made in années 50. Tout y passe: les vêtements, les coiffures, le maquillage, jusqu'à la culotte gainante qui n'a rien à envier à celle de Bridget Jones! 


  Relevant le défi fou de se faire un nom en se rendant de nombreuses fois ridicules aux yeux des élèves de son collège, Maya finit, à force d'une volonté de fer, par se faire accepter, et même par devenir populaire... 
  Son secret? La franchise. Maya est loin d'être exubérante et elle manque de baisser les bras et de redevenir la geek discrète de nombreuses fois, mais l'aventure est trop belle pour s'arrêter en cours de chemin et on découvre avec joie une toute jeune fille devenir adolescente au fil des pages. 


  Car il ne faut pas non plus croire qu'il est facile de suivre des conseils datant des années 50, bien que certaines règles soient universelles comme: tiens-toi droite! D'autres comme "porter des gants blancs et des mocassins avec bas" sont loin d'être aussi simples à suivre... 


  Ce qui est excellent avec ce livre c'est qu'il a une portée universelle (dans une moindre mesure). Bien qu'étant toutes de mauvaise foi, nous les filles savons très bien qu'on a pas toujours la tête à être parfaites.     
  Bien s'habiller et toujours suivre la mode est une chose, mais rester positive, sourire même lorsqu'on nous fait des crasses ou encore simplement se retenir de pleurer - ou casser les dents de l'impoli, au choix - lorsqu'un petit de sixième nous insulte, n'est pas naturel. 

  Maya a bien compris que pour être populaire, il faut parfois serrer les dents, surtout lorsque l'on porte des couettes et un chapeau de paille pour aller en cours. Mais la jeune fille est parvenu à surmonter les obstacles (moqueries, manque de soutien de ses amis, voire dépression) et nous livre ici un premier ouvrage où auto-dérision, franchise et adolescence font un bon mélange. Avec son style frais et ses idées plein la tête, Maya Van Wagenen risque bien de devenir un très bon écrivain de ces prochaines années!

En bref: un livre drôle, agréable à lire et qui se dévore sans plus tarder! Coup de coeur assuré!
Le moins: vos vieux souvenirs cachés de vos propres expériences d'ado risquent de resurgir. N'ayez pas honte de vous même, enfin... dans la mesure du possible!
Le plus: c'est frais, c'est bon, c'est tout beau! On a envie de porter des colliers de perles! 

Bonus: il est écrit sur la quatrième de couverture que Populaire va être adapté au cinéma, c'est une info qui me donne le sourire. Par contre, doit-on s'attendre à ce que Bree Van de Kamp ait un rôle dedans? Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'elle serait parfaite comme mentor...

mardi 20 mai 2014

Le Journal du Colonel Brandon

Le Journal du Colonel Brandon
d'Amanda Grange, aux éditions Milady.

  Il m'arrive de temps en temps de redevenir la jeune damoiselle innocente et rêveuse que j'étais au temps jadis. Je replonge alors avec passion dans les romans de Jane Austen que je "surkiffe à donf"... tout récemment, j'ai découvert que les éditions Milady publiaient de nombreux romans adaptés de l'univers so british d'Austen. Je me suis donc jetée dans l'aventure avec une valeur sûre: Le Journal du Colonel Brandon d'Amanda Grange!

  Le Colonel Brandon, ou James Brandon pour les intimes, est certainement l'un de mes personnages hommes préférés des héros de Jane Austen, aussi j'étais quasi sûr d'aimer le roman de Miss Grange, si l'histoire tenait la route. Et elle la tient, miracle! 
  On suit donc la jeunesse du Colonel et de son premier amour avec Eliza, ses problèmes familiaux et son départ aux Indes dans une première partie, avant de retrouver par la suite les personnages du roman Raison & Sentiments (d'où le Colonel Brandon est originaire, pour les incultes).

Marianne regarde les nuages tandis qu'Elinor compte les kilomètres...
  Mais quelle est l'histoire d'origine et, qui est ce mystérieux Colonel Brandon?
Pour ceux qui ont une mémoire défaillante, le Colonel Brandon est le charmant voisin des héroïnes Elinor et Marianne Dashwood dans Raison & Sentiments. Ces deux jeunes femmes emménagent dans un joli petit cottage avec leur mère et leur petite soeur et deviennent rapidement des personnes à marier pour leur bienfaitrice, la bonne Mrs Jennings. Seulement, les deux soeurs sont très différentes et alors qu'Elinor est raisonnable, à la limite de l'auto-aveuglement (est-ce que ce terme existe, réellement?), Marianne ne rêve que de passion dévorante et de promesses éternelles. 

Alan ne savait pas encore qu'il était capable de "mettre la mort en bouteille"...
  La jolie Marianne est très désirée, mais son coeur penche pour le beau Willoughby qui est capable de lui réciter tous ses poèmes préférés. Le pauvre Colonel  Brandon, trop sérieux et bien trop vieux n'a donc plus qu'à soupirer pour la jeune fille dans son coin comme un chien abandonné... Mais rira bien qui rira le dernier, Brandon est un passionné comme on n'en fait plus et il n'a pas dit son dernier mot pour conquérir le coeur de Miss Dashwood. 

Les brushings du XVIIIe, la classe!
  Le Journal du Colonel  Brandon, comme son titre l'indique, est essentiellement centré sur cet homme que l'on croit si austère au début de Raison & Sentiments avant de découvrir qu'il est bien plus romantique qu'il n'y paraît (et surtout bien plus sincère, hem!). Pour les fans comme moi du Colonel, c'est un vrai bonheur de découvrir les pensées de ce personnage! Il porte un regard très critique sur son époque et la société mondaine qui occupe une grande importance dans l'Angleterre de ce XVIIIe siècle. Beaucoup de passage sont très ironiques, ce qui montre que le Colonel a non seulement de l'humour mais également une vision assez moderne de son temps. Selon lui, les lois sont mal écrites et le jugement moral est à revoir fissa! 

L'Amour!
  Brandon est un amoureux de la vie: il aime la beauté, l'art et la culture mais surtout, il aime la passion. Eliza et Marianne prennent donc à ses yeux le visage de véritables muses qu'ils adorent sans pour autant en perdre sa rationalité, ce qui le rend à la fois très attachant et en même temps très réaliste. Il sait parfaitement qu'il ne peut pas se battre contre un système qu'il ne pourra jamais vaincre, ni contre les bonnes valeurs morales, et il sait également qu'il ne pourra jamais forcer Marianne à l'aimer. Il ne peut qu'espérer, et occasionnellement se venger lorsque l'occasion se présente à lui. C'est un militaire comme on les aime: droit, fidèle et attentionné. 

Cherche pas, c'est moi l'homme qu'il te faut! Regarde, j'ai même les couverts!
  Pour les lecteurs qui connaissent déjà le roman de Jane Austen c'est un bon bonus puisqu'on revoit de nombreux passages de l'oeuvre mais avec un autre point de vue, masculin cette fois. Pour ceux qui découvrent, cela peut être un bon prologue (mais avec spoiler, évidemment) sur l'univers de l'écrivain anglaise. 


  Amanda Grange a réussit le pari de réécrire l'histoire de Raison & Sentiments avec un style moderne tout en inscrivant parfaitement l'ambiance d'Austen dans son roman. On a donc une écriture fluide, plaisante à lire, avec un vocabulaire recherché mais qui n'est pas lourd. L'histoire paraît naturelle et c'est ce qui rend la lecture si agréable. 
  L'invention du roman est bien évidemment très proche de Raison & Sentiments puisque le but n'est pas de s'en éloigner, mais le lecteur a le droit à de la nouveauté car Amanda Grange écrit également sur la jeunesse de Brandon qui n'est qu'évoquée que très sommairement dans le roman original. De plus le point de vue masculin sur l'univers très féminin d'Austen apporte un nouvel angle qui n'en est pas plus sexiste que ce que certaines pourraient le penser. On se rend compte que le XVIIIe n'est pas plus simple pour les hommes que pour les femmes... 

"Raconte-moi une histoire" "D'accord, mais je ne suis pas Père Castor"
Le Journal du Colonel Brandon est un vrai coup de coeur, autant pour les fans d'Austen que pour les amoureuses des gentils garçons! Un vrai petit bol d'air littéraire à lire sous le ciel bleu!

En bref: Un très bon roman de romance avec un style particulier plaisant. On retrouve l'univers de Jane Austen avec une auteur du XXIe, que demande le peuple!
Le plus: deux mots: James Brandon. Voilà...
Le moins: Marianne, elle peut pas partager un peu?

Bonus: je sais que la BBC a fait de très bonnes adaptations des romans de Jane Austen, mais personnellement je suis très attachée à la version de 1995 et je ne peux que vous la conseiller (n'aillez pas peur de la jaquette, elle est kitch mais le film est très bon!).



vendredi 2 mai 2014

Bichon

Bichon, t.1: Magie d'amour, David Gilson, ed. Glénat.

  Connaissant David Gilson surtout grâce à la couverture du Pays des Contes de Chris Colfer publié il y a quelques mois chez Michel Lafon (un livre qu'il faut toujours que je lise, d'ailleurs...), je dois bien avouer que je me suis encore réveillée avec un train de retard. Tellement en retard que lorsque j'ai demandé Bichon dans une grande librairie commençant par "F" j'ai eu une réponse plutôt étrange: "Ah mais ça fait plus de trois mois que c'est sortit, on en a plus.", surtout quand on sait que le libraire venait juste d'aider un client à trouver dans les rayonnages une bd sortie il y a presque cinq ans, mais bon... hum hum!

Mais Bichon qu'est-ce que c'est? Et bien c'est ce charmant petit animal que vous avez juste en-dessous. Je ne suis pas très fan des chiens, mais avouez que celui-ci est quand même adorable, non?


  Mince, alors! Vais-je parler d'un bd sur les chiens? Non, désolée pour les fans de la race canine. "Bichon" c'est le surnom d'un petit garçon de huit ans qui se fait appeler comme ça par sa mère qui le trouve mignon comme tout, et on comprend vite pourquoi.


  Bichon n'est pas un petit garçon comme les autres: il adore les princesses, les animaux et tout ce qui se rapproche de près ou de loin au monde magique du kawaï. Ce qui ne lui apporte pas toujours de la joie, les garçons de sa classe ne le comprennent pas et passent leur temps à se moquer de lui tandis que les filles en ont fait leur chouchou. 


  Au-delà des multiples références au monde coloré de Disney et des dessins animés japonais, il y a bien évidemment le thème de la différence avec Bichon. Ce petit garçon amoureux d'un grand de CM2 et qui rêvasse sans cesse est une excellente représentation de l'acceptation. 


D'abord de soi-même, puisque Bichon vit dans son petit univers coloré sans faire attention à ce qu'on peut penser de lui, mais aussi vis-à-vis des autres: l'entourage de Bichon, quoique un peu désorienté parfois fait preuve d'un respect attentionné envers notre petit héros. Un message qui passe tout en douceur et en poésie, Bichon est une bd qui, malgré ses airs cache une vraie réflexion pensée et réfléchie.


Bichon, c'est un petit bol d'air frais qu'on est heureux de découvrir et de partager!  
Alors, tu vas allez la lire cette BD, pas vrai?
Pas vrai?


En bref: un premier tome génial, un vrai coup de coeur!
Le plus: de la tendresse et du mignon sans que cela tourne au ridicule. Un vrai plaisir.
Le moins: c'est trop court, et un an d'attente pour le tome 2 c'est tellement long!

lundi 31 mars 2014

Léonard & Salaï

Léonard & Salaï, tome I: Il Salaïno;  B. Lacombe et P. Echegoyen; ed. Noctambule.

  Vous l'attendiez et il est enfin là! La BD tant attendue!... tellement attendue que moi, en grande fan de Benjamin Lacombe je n'étais même pas au courant qu'elle devait sortir. Pour cet article, je tiens à remercier ma curiosité frustrée de ne pas avoir pu aller au Salon du Livre de cette année, qui m'a poussé à faire des recherches, enfin... "un mal pour un bien", quoi. 
  Mais attention! Cette BD que je vais vous présenter n'est pas uniquement l'oeuvre du génial Benjamin Lacombe, cette fois, il a eu l'aide du génial Paul Echegoyen (Le bal des échassiers). Deux génies pour le prix d'un, que demander de plus? 


  Mais globalement, Léonard & Salaï, de quoi ça parle?


  Léonard & Salaï relate la rencontre du peintre déjà reconnu, Léonard de Vinci et de son grand amour: Salaï (dit aussi Gian Giacomo Caprotti) à Firenze (Florence, pour les français grincheux). Apprenti, amant et surtout chieur à ses heures (mea culpa?), Salaï fut un(e) véritable muse pour Léonard mais également un compagnon particulièrement excessif. Râleur, paresseux et très peu apprécié à l'atelier de Léonard de Vinci, le jeune homme assista à la création des plus grandes oeuvres du peintre mondialement connu à présent comme La Cène ou encore La Joconde. Il resta pendant des années auprès de son amant peintre et ce premier tome, Il Salaïno ("petit diable" en italien) retrace ces premières années mixant entre l'idylle amoureuse et la création artistique. 


  Depuis ma rencontre littéraire avec Sophie Chauveau qui m'avait fait connaître le "vrai" Léonard (et pas le monsieur tout barbu qu'on a tendance à s'imaginer), je suis tombée amoureuse de cette magnifique période qu'est la Renaissance. Aussi, quand je compris que le petit Salaï allait être mis en scène par deux génies du crayon, je ne pouvais qu'être heureuse. Mais qu'est-ce qui est si bien avec cet ouvrage?
TOUT!... Voilà, bonne nuit! 
Non, je plaisante, mais effectivement TOUT est absolument génial avec cet ouvrage. Mais je développe...


   Tout d'abord, bien évidemment, le graphisme est tout simplement magnifique. On retrouve les pattes des deux auteurs mais en plus on a droit à plusieurs illustrations inédites, bien sûr sur le couple Léonard/Salaï mais en plus, des illustrations de Benjamin Lacombe qui s'est amusé à repeindre certaines grandes oeuvres de Léonard de Vinci. Le jeu des couleurs est également assez saisissant.
  Ensuite, le point de vue apporter aux personnages, bien qu'à première vu la BD soit très belle sans développer grand chose, ce qui est évidemment une énoooorme erreur, la psychologie des personnages se découvrent peu à peu. Le personnage de Salaï, notamment les pensées du personnage, nous permet de nous immiscer dans l'intimité de son génie d'amant d'une manière beaucoup moins académique qu'il ne l'est possible d'habitude. Ici, on a un Léonard fait de chair et d'imagination et ça fait du bien. 
  Ensuite (n°2), la mise en scène des oeuvres de Léonard de Vinci. Souvent dans un style croqué (non pas nourriture, croquis!), on découvre ou redécouvre des oeuvres du peintre ainsi que ses incroyables inventions avec un œil moderne et poétique qui ne peut que nous réjouir et nous donner envie de courir au Louvre (ou ailleurs en France et même en Italie, selon le porte-monnaie) pour admirer les originaux en vrai. 
  Enfin, Salaï. Salaï est l'archétype de l'anti-héros: il est paresseux, râleur, dépensier, et tout le reste, pourtant on en vient à l'aimer. Tout au long de la lecture de ce premier tome, ce jeune homme limite tête-à-claque devient drôle et son amour inconsidéré pour Léonard - caché sous une montagne de mauvaise foi - le rend attachant. 

En bref: un véritable chef d'oeuvre du point de vue subjectif et un vrai coup de coeur du point de vue objectif. Un premier tome qui nous emmène au temps de la Renaissance et nous donne envie de ne plus en repartir. Il nous faut la suite, la suite! La suite! Avec un plat de pâtes, ce serait l'extase. 
Le plus: personnellement, comme à la base j'aimais déjà la vie de Léonard de Vinci, pour moi c'est tout bénef. Mais pour ceux qui ne connaissaient pas encore le vrai visage de ce génie millénaire, c'est une excellente découverte!
Le moins: pourquoi même après 93 pages de pur bonheur je me sens en manque?  

Bonus: 
  Il n'existe, à ma faible connaissance, pas véritablement de portrait de Léonard, autre que le monsieur à la longue barbe. Pourtant il n'a vraiment ressemblé à ça qu'à la toute fin de sa vie, quel dommage. Mais pour ceux que ça intéresse voici une version moderne du Léonard "beau gosse", merci Assassin's Creed! Et pour Salaï, ayant servi de nombreuses fois de modèles, il est plutôt reconnaissable, merci Léonard!


  Pour les curieux, après, je ne peux que vous inviter à vous documenter... genre vers l'un de mes livres de chevet: L'obession Vinci de Sophie Chauveau. Non, non, il n'y a aucune menace. D'ailleurs, vous avez remarquer qui est sur la couverture? Comme quoi, il est partout ce "petit diable"!

vendredi 28 février 2014

Challenge Cold Winter 2013: Les Haut Conteurs

  Les Hauts Conteurs, tome 1: La voix des rois; d'Olivier Péru & Patrick Mc Spare, ed. Pocket. 

    Tiens, un duo d'écrivains français en fantasy? Chic! C'est rare depuis  le début du Challenge Cold Winter! Mais est-ce le premier tome de leur saga Les Haut Conteurs vaut le détour? Oh que oui!

  Dans ce premier tome: La voix des rois, nous rencontrons Roland le fils de l'aubergiste, adolescent rêveur qui aimerait bien quitter son tablier pour partir à l'aventure. Mais lorsque l'on vit dans un petit village d'Angleterre au beau milieu du XIIe siècle, devenir aventurier n'est pas aisé. Roland se résigne donc et se fait, bon gré malgré, à l'idée de devenir aubergiste et de tenir la maison quand son père la lui léguera. 
  Mais la vie joue des tours et un soir, le Haut Conteur Corwyn Le Flamboyant vient squatter son auberge jusqu'à sa disparition. Sans rien voir venir, Roland se retrouve à porter la célèbre cape rouge et devient l'apprenti de Mathilde La Patiente, Haut Conteur également. Le jeune garçon a hérité des derniers mots du Flamboyant et d'une page du Livre des Peurs, un ouvrage qui serait écrit pas le diable lui-même. A lui et son professeur de découvrir la vérité sur la mort du Flamboyant: qui est le meurtrier qui se fait obéir des goules, pourquoi l'énorme loup noir les suit comme leur ombre et surtout quel est le lien entre Roland et l'ouvrage maléfique? 


  Ce qui est excellent avec Les Hauts Conteurs c'est le juste mélange entre l'Histoire et la Fantasy. Les auteurs connaissant leur sujet et ça se sent. Nous sommes rapidement plongé dans l'aventure de Roland et l'ambiance historico-dramatique nous enchante véritablement. C'est avec des rebondissements alléchants et un style prenant que nous suivons l'enquête sur le meurtre du Flamboyant pas à pas, apprenant ça et là des notions historiques et/ou mythiques qui ne peuvent qu'être appréciées.
  

  L'ambiance du XIIe siècle est justement retranscrite et le personnage du héros, Roland, n'est ni cliché ni trop sombre. On a vraiment l'impression d'avoir à faire à un gamin de treize ans, avec ses pensées d'adolescente (mais pourquoi la fille que j'ai embrassé m'en veut tellement?), son enthousiasme (je vais découvrir le monde! Youhouh!) et ses craintes vis-à-vis de sa nouvelle vie de Haut Conteur (je risque de mourir tué par des monstres, aie!)... 

  Etant une véritable fan d'Histoire (vive Franck Ferrand) depuis toujours, j'aime particulièrement quand l'univers historique sert de base pour devenir un monde intéressant, sombre et mystérieux. Ici les trois critères sont réunis et je me suis plusieurs fois amusé à ne pas trouvé la réponse avant les personnages, ce qui est un grand point pour ce roman. Les codes/mystères/questionnements sont recherchés et très bien trouvés. Le rythme quant à lui est très bon et je ne me suis pas ennuyée un seul instant durant ma lecture, trop de goules croqueuses de mort, trop de brume maléfique et trop de mystères dans les cimetières pour m'empêcher de lâcher le livre!

Patrick Mc Spare & Olivier Péru
En bref: un très bon premier tome d'une saga qui risque d'être grandiose. A découvrir en urgence pour les fans de mythes et de sueur froide!
Le moins: Roland... pourquoi Roland? Sérieux ce nom me perturbe!
Le plus: C'est prenant du début à la fin! On le dévore!

jeudi 30 janvier 2014

Challenge Cold Winter 2013: La Quête d'Ewilan

La Quête d'Ewilan, T.1: D'un monde à l'autre, Pierre Bottero, Lylian & Baldetti; ed. Glénat.

   Bon, comme je n'en rate pas une, je continue le challenge Cold Winter avec une grande découverte pour moi: l'univers de Pierre Bottero. Comme j'aime bien avoir toujours un train de retard, je n'ai compris que récemment que oui, La Quête d'Ewilan qui me tente depuis des années et Pierre Bottero, grand auteur de fantastique sont liés (normal me direz-vous entre un écrivain et son roman), mais bon... on ne se refait pas!

  Mais malheureusement, cette première "erreur" de ma part fut vite remplacée par une seconde erreur concernant La Quête d'Ewilan: moi qui voulais découvrir cette saga, j'ai eu la bonne idée d'acheter le troisième tome, le confondant je ne sais comment avec le premier (on fait très fort!)...


J'ai honte sur ce coup-là. Tant pis pour le roman, je me contenterai de cette magnifique BD qui me fait de l'oeil depuis sa sortie. Verdict? J'ai adoré!

  La Quête d'Ewilan retrace l'aventure de la jeune Camille et de son meilleur ami Salim dans un monde parallèle: Gwendalavir. Bien que la jeune fille n'en soit pas à son premier voyage - aussi appelé "Grand Pas" - la grande nouveauté est qu'elle ne puisse revenir dans son monde. Piégée dans ce nouvel univers en compagnie de Salim, elle va partir à la découverte de ses origines, bien plus merveilleuses qu'elle ne le pensait jusqu'alors.
Les secrets révélés ne vont pas lui apporter que du bonheur, il se trouve que Gwendalavir est envahi par d'affreux monstres aux allures d'insectes: les Ts'lichs, vilains pas beaux qui en veulent à sa vie car Camille est une puissante Dessinatrice: une magicienne capable de rendre réel ce qu'elle imagine...


  Bien que n'ayant pas tout compris à la première lecture (ai-je un cerveau lent?) je dois bien admettre - mince! Je n'ai rien trouver pour me plaindre! - que l'univers de Bottero est un monde aussi complexe que beau. Gwendalavir est un monde mixant nature sauvage et ambiance médiévale qui me convient parfaitement et le fait que les "vilains" de l'histoire n'aient pas de corps humain est revigorant. Même si ces satanés Ts'lichs ont une sale tête! 
  Le jeune âge de Camille m'a un peu perturbé sur le coup. Mais comment diable fait une jeune fille d'à peine treize pour être aussi mûre? Bien que la vie de Camille ne soit pas rose, certaines réactions me semblent trop réfléchies pour une toute jeune adolescente. Mais rapidement, l'âge de Camille importe peu et il est clair que cette maturité précoce servira au personnage ce qui ne peut que réjouir le lecteur! 


  L'histoire me plaît, tout simplement. Ce qui est déjà un énorme point positif pour cette trilogie. Mais parlons de la BD en elle-même.
  
  A mon grand désespoir je ne peux même pas critiquer le dessin puisque c'est ce dessin lui-même qui a attiré mon œil. La couverture est juste sublime! Et le jeu des couleurs entre les deux mondes (pâles pour la Terre et vives pour Gwendalavir) est bien trouvé et donne une indication supplémentaire sur l'importance de l'imaginaire - bien que ce monde parallèle soit réel comme l'assure Camille - dans La Quête d'Ewilan. 
  Maintenant, n'ayant pas lu le roman (mais ça ne saurait tarder) je ne peux évidemment pas dire si la BD suit fidèlement ou non le premier tome de la trilogie. 
  Je souhaite cependant souligner le fait que ce premier volume fait 68 pages et pourtant on ne le trouve pas trop court. Certes l'histoire est à suivre mais le lecteur ne se retrouve pas frustré. Je trouve que la coupure dans l'aventure de Camille et Salim est placée justement, ce qui est quelque chose de rare ces derniers temps, à mon sens. 


En bref: un premier volume qui m'a permis de découvrir l'univers d'un auteur français pourtant reconnu comme grand nom du fantastique français. Une très bonne surprise qui me donne envie d'en découvrir plus!
Le moins: je n'aime pas attendre les suites?
Le plus: le dessin. Il n'est ni trop plat ni trop stylisé, le juste milieu en matière de dessin occidental.