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mardi 20 mai 2014

Le Journal du Colonel Brandon

Le Journal du Colonel Brandon
d'Amanda Grange, aux éditions Milady.

  Il m'arrive de temps en temps de redevenir la jeune damoiselle innocente et rêveuse que j'étais au temps jadis. Je replonge alors avec passion dans les romans de Jane Austen que je "surkiffe à donf"... tout récemment, j'ai découvert que les éditions Milady publiaient de nombreux romans adaptés de l'univers so british d'Austen. Je me suis donc jetée dans l'aventure avec une valeur sûre: Le Journal du Colonel Brandon d'Amanda Grange!

  Le Colonel Brandon, ou James Brandon pour les intimes, est certainement l'un de mes personnages hommes préférés des héros de Jane Austen, aussi j'étais quasi sûr d'aimer le roman de Miss Grange, si l'histoire tenait la route. Et elle la tient, miracle! 
  On suit donc la jeunesse du Colonel et de son premier amour avec Eliza, ses problèmes familiaux et son départ aux Indes dans une première partie, avant de retrouver par la suite les personnages du roman Raison & Sentiments (d'où le Colonel Brandon est originaire, pour les incultes).

Marianne regarde les nuages tandis qu'Elinor compte les kilomètres...
  Mais quelle est l'histoire d'origine et, qui est ce mystérieux Colonel Brandon?
Pour ceux qui ont une mémoire défaillante, le Colonel Brandon est le charmant voisin des héroïnes Elinor et Marianne Dashwood dans Raison & Sentiments. Ces deux jeunes femmes emménagent dans un joli petit cottage avec leur mère et leur petite soeur et deviennent rapidement des personnes à marier pour leur bienfaitrice, la bonne Mrs Jennings. Seulement, les deux soeurs sont très différentes et alors qu'Elinor est raisonnable, à la limite de l'auto-aveuglement (est-ce que ce terme existe, réellement?), Marianne ne rêve que de passion dévorante et de promesses éternelles. 

Alan ne savait pas encore qu'il était capable de "mettre la mort en bouteille"...
  La jolie Marianne est très désirée, mais son coeur penche pour le beau Willoughby qui est capable de lui réciter tous ses poèmes préférés. Le pauvre Colonel  Brandon, trop sérieux et bien trop vieux n'a donc plus qu'à soupirer pour la jeune fille dans son coin comme un chien abandonné... Mais rira bien qui rira le dernier, Brandon est un passionné comme on n'en fait plus et il n'a pas dit son dernier mot pour conquérir le coeur de Miss Dashwood. 

Les brushings du XVIIIe, la classe!
  Le Journal du Colonel  Brandon, comme son titre l'indique, est essentiellement centré sur cet homme que l'on croit si austère au début de Raison & Sentiments avant de découvrir qu'il est bien plus romantique qu'il n'y paraît (et surtout bien plus sincère, hem!). Pour les fans comme moi du Colonel, c'est un vrai bonheur de découvrir les pensées de ce personnage! Il porte un regard très critique sur son époque et la société mondaine qui occupe une grande importance dans l'Angleterre de ce XVIIIe siècle. Beaucoup de passage sont très ironiques, ce qui montre que le Colonel a non seulement de l'humour mais également une vision assez moderne de son temps. Selon lui, les lois sont mal écrites et le jugement moral est à revoir fissa! 

L'Amour!
  Brandon est un amoureux de la vie: il aime la beauté, l'art et la culture mais surtout, il aime la passion. Eliza et Marianne prennent donc à ses yeux le visage de véritables muses qu'ils adorent sans pour autant en perdre sa rationalité, ce qui le rend à la fois très attachant et en même temps très réaliste. Il sait parfaitement qu'il ne peut pas se battre contre un système qu'il ne pourra jamais vaincre, ni contre les bonnes valeurs morales, et il sait également qu'il ne pourra jamais forcer Marianne à l'aimer. Il ne peut qu'espérer, et occasionnellement se venger lorsque l'occasion se présente à lui. C'est un militaire comme on les aime: droit, fidèle et attentionné. 

Cherche pas, c'est moi l'homme qu'il te faut! Regarde, j'ai même les couverts!
  Pour les lecteurs qui connaissent déjà le roman de Jane Austen c'est un bon bonus puisqu'on revoit de nombreux passages de l'oeuvre mais avec un autre point de vue, masculin cette fois. Pour ceux qui découvrent, cela peut être un bon prologue (mais avec spoiler, évidemment) sur l'univers de l'écrivain anglaise. 


  Amanda Grange a réussit le pari de réécrire l'histoire de Raison & Sentiments avec un style moderne tout en inscrivant parfaitement l'ambiance d'Austen dans son roman. On a donc une écriture fluide, plaisante à lire, avec un vocabulaire recherché mais qui n'est pas lourd. L'histoire paraît naturelle et c'est ce qui rend la lecture si agréable. 
  L'invention du roman est bien évidemment très proche de Raison & Sentiments puisque le but n'est pas de s'en éloigner, mais le lecteur a le droit à de la nouveauté car Amanda Grange écrit également sur la jeunesse de Brandon qui n'est qu'évoquée que très sommairement dans le roman original. De plus le point de vue masculin sur l'univers très féminin d'Austen apporte un nouvel angle qui n'en est pas plus sexiste que ce que certaines pourraient le penser. On se rend compte que le XVIIIe n'est pas plus simple pour les hommes que pour les femmes... 

"Raconte-moi une histoire" "D'accord, mais je ne suis pas Père Castor"
Le Journal du Colonel Brandon est un vrai coup de coeur, autant pour les fans d'Austen que pour les amoureuses des gentils garçons! Un vrai petit bol d'air littéraire à lire sous le ciel bleu!

En bref: Un très bon roman de romance avec un style particulier plaisant. On retrouve l'univers de Jane Austen avec une auteur du XXIe, que demande le peuple!
Le plus: deux mots: James Brandon. Voilà...
Le moins: Marianne, elle peut pas partager un peu?

Bonus: je sais que la BBC a fait de très bonnes adaptations des romans de Jane Austen, mais personnellement je suis très attachée à la version de 1995 et je ne peux que vous la conseiller (n'aillez pas peur de la jaquette, elle est kitch mais le film est très bon!).



mercredi 11 décembre 2013

Challenge Cold Winter 2013: Les lumières de Haven

Les lumières de Haven, Pauline Bock, ed. Scrineo Jeunesse.

  En ce début de mois de décembre, j'ai enfin pu commencer le challenge Cold Winter!!... Malheureusement cela commence mal car le premier roman de la jeune Pauline Bock m'a laissée plus que perplexe.

  L'histoire est simple: cinq lycéens, amis, se retrouvent dans un monde parallèle, Haven (super excuse pour sécher le bac, yahooh!). Malheureusement, leur arrivée incongrue provoque tensions et conflits dans la capitale, La Falaise et l'aventure de nos jeunes héros est périlleuse. A première vue, l'univers d'Haven est charmant, restant volontairement bloqué sur une époque proche du XVIIIe siècle français, il fut décidé que ce monde merveilleux s'inspirerait de nos chers Philosophes des Lumières pour la paix de tous. Seulement, certaines personnes de l'ombre ne sont pas du même avis et le danger rôde à Haven. Jusqu'ici tout le monde suit?
  Je ne peux malheureusement pas en dire plus car se serait révélé trop d'éléments importants pour l'histoire et comme j'ai horreur de spoiler un livre, j'évite de le faire, même si le résumé reste assez flou. On est en mode serpent qui se mort la queue, aujourd'hui...


  Mais tout cela est très bien: de l'aventure, un monde nouveau, des personnages bien pensés alors qu'est-ce qui cloche? 
 Et bien... les détails. Pour commencer, le monde d'Haven est réellement bien imaginé, on sent que l'auteur a mis du temps à travailler son monde et cela donne une bonne matière mais il y a durant toute la lecture une atmosphère candide (Ouaip, comme celui de Voltaire) qui pèse lourd sur le roman, et c'est vraiment là que ça cloche.


  Que l'auteur soit jeune n'est pas dérangeant, mais il y a des moments où l'on se demande si Pauline Bock ne vient pas d'un autre monde, justement. Le gros point noir concerne directement ses héros. Un lycéen normal n'utilise pas un vocabulaire chic, comme "songe", "imbécillités" ou encore "semblant d'honneur". Autre chose, les personnages, bien que très bien pensés ne l'oublions pas, sont assez passifs. Pour mieux m'exprimer, je dirais que l'auteur cherche tellement à les différencier les uns des autres, ce qui en soit est louable, qu'elle a légèrement oublier de leur donner un corps propre. Pour reformuler: ils sont encore au stade de l'ébauche question caractère ce qui rend la lecture très "neutre" sur certains côtés. Autre chose qui m'a particulièrement choquée: depuis combien de temps l'auteur n'a pas vu une lycéenne de 17 ans? Car l'une des répliques du chapitre IV, m'a laissé pantoise, je dois dire:

" - Il est plutôt beau garçon, n'est-ce pas? (...) Combien de jours me donnez-vous?
- Euh... Pour quoi faire? se troubla Charlotte.
- Pour le séduire, bien évidemment! répliqua la demoiselle d'un ton hautain. Ah, il est vrai que vous êtes bien jeune." 

J'avais presque envie de prendre la "demoiselle" par la main pour la placer à la sortie d'un lycée tellement l'image de la jeune lycéenne "jeune" et naïve m'a semblé presque déplacée sur le moment. Que les personnages soient des lycéens simples, ni trop "populaires" ni trop "impopulaires", d'accord, mais que sur quatre lycéennes qu'il n'y en ai pas une seule qui soit dans la norme actuelle, à moins d'avoir affaire à des geeks c'est physiquement impossible de nos jours (et encore!).


  Comme je l'ai dit précédemment, tout cela n'est que détail, mais c'est souvent là qu'une lecture peut plaire ou non. Dans le cas présent, j'ai eu énormément de mal à rentrer dans l'histoire, pourtant je ne suis pas une lectrice difficile, au point d'avoir passé beaucoup de pages à lire en diagonale. Je ne juge pas Pauline Bock d'auteur médiocre parce que justement elle est loin d'être médiocre! Pouvoir créer un monde aussi crédible est dur et rare de nos jours, surtout à son âge (quand on sait que de nombreux écrivains plus âgés restent dans les clichés) et le style de l'auteur est particulièrement mature. J'ai beau critiquer (pour changer), j'ai aimé l'atmosphère du livre, même si, malheureusement, je n'ai pas su entendre la chanson pour entrer définitivement dans le monde d'Haven...



En bref: Une lecture amusante mais sans plus qui laisse un peu sur sa faim.
En moins: J'ai particulièrement aimé l'instant de magie pure où le nom de l'ennemi apparaît dans le cerveau des héros alors même qu'ils n'apparaissaient nulle part ailleurs, dans les chapitres précédents.
En plus: Les idées de base pour l'intrigue sont très bonnes et laisse présager de belles découvertes livresques. Pauline Bock est une auteur à suivre. En tout cas, je serais là pour son second roman, promis!

jeudi 7 mars 2013

DUL 1: Sublimes Créatures

C'est avec joie que je commence ce premier Dossier Univers Littéraire (ou DUL), une toute nouvelle rubrique sur ce blog où je plonge avec bonheur (ou pas) dans un univers littéraire entier. Alors ceux qui aiment les livres & leur adaptations: bienvenue!

  Lors d'une rencontre littéraire grâce au Spring Livr@Book 2012 (organisé par Tiboux), on m'avait vivement conseillé de lire le roman 16 Lunes. Afin de ne pas mourir idiote je m'étais procuré le livre et je l'avais commencé. Rien ne m'avait emballé, que ce soit le style, l'histoire ou encore l'ambiance. Le pauvre 16 Lunes n'est pas arrivé à la bonne période de l'année, et je n'avais même pas terminé ma lecture. Mais la saga de Kami Garcia & Margaret Stohl (les auteurs) n'avait pas dit leur dernier mot et elles ont réussi à me faire adhérer au fan club, finalement. 

   
  
    Sublimes Créatures, K. Garcia & M. Stohl, C. Jean, Pika Edition, collection Black Moon Graphics.

Je pense l'avoir suffisamment répéter sur ce blog: quand je lis une BD ou un manga, le dessin est primordial pour moi. Même si le scénario est le meilleur du monde, je ne le lirais jamais si le dessin n'est pas un tant soit peu soigné. Et on peut dire que la dessinatrice Cassandra Jean a un niveau de pro. Regardez-moi cette couverture: elle est "sublime" (haha)! Je n'ai donc pas pu m'empêcher de feuilleter l'ouvrage, gênant ainsi d'autres clients de ma librairie de quartier, avant de tomber littéralement sous le charme de cette adaptation graphique du roman phare du moment, de la collection Black Moon. 
  C'est donc à travers cette adaptation jonglant entre le manga et la bande-dessinée que j'ai découverts l'univers de Sublimes Créatures. Ce fut une découverte fantastique à mon sens puisque histoire qui tient sur la route plus trait de crayon parfait étaient au rendez-vous. 
Moi qui avais quasiment tout oublié des dix premiers chapitres lus, j'ai pu plonger sans aucun problème dans cet univers où se mêlent si bien magie, amour et références historiques (j'adore l'Histoire). Et puis le trait de Cassandra Jean apporte un charme supplémentaire de taille: faussement simple, il rend l'univers plus sombre et les personnages plus vrais. 
En bref: 246 pages de pur bonheur!

L’adaptation graphique m'a tellement "enchantée" (haha 2) que je me suis penchée un peu plus sur le film, et finalement, je me suis lancée (je remercie d'ailleurs l'amie fan de cinéma qui m'a accompagnée, je me serais sentie bien seule dans la salle, sinon). 

 

Sublimes Créatures, réalisé par Richard LaGravenese avec Alice Englert & Alden Ehrenreich dans les rôles principaux. Sortie le 27 février 2013.

 Malheureusement, les adaptations au cinéma sont connus pour anéantir les belles histoires et nombreuses sont les critiques plus ou moins gentilles. 
  Le premier problème qui se pose avec ce film, c'est que la production n'était vraiment pas certaine de son succès... et ça se voit. C'est bien simple, j'ai plus eu l'impression de voir un téléfilm qu'autre chose! Les éléments principaux qui faisaient toute la force brute de l'univers (comme la chanson, la télépathie ou encore la recherche historique) ont pratiquement tous été retirés ou alors minimiser à un tel point que ça en devenait ridicule. Le but d'une adaptation cinématographique est de rendre une histoire encore plus merveilleuse, pas de l'écraser à coups d'effets spéciaux et de clichés.
  La musique n'était pas à ce damner, tout comme le fil de l'intrigue qui s'est révélé presque caricatural à partir des vingt dernières minutes. 
 Cependant, un gros pouce vert pour tous les acteurs qui sont crédibles et touchants, même si -les pauvres- ils n'ont vraiment pas été gâtés par le script. Je pense particulièrement à Alden Ehrenreich qu'on ridiculise à plusieurs occasions dans le film (pour le plus grand plaisir du spectateur qui se tord de rire à plusieurs reprises). Mais je pense aussi à Viola Davis (vue dans La Couleur des  Sentiments) et à Jeremy Irons (vu dans Eragon), la première parce que je l'adore et le second parce que j'ai eu un coup de coeur pour lui (c'est bien de redécouvrir des acteurs sans qu'on s'y attende).
De très bons acteurs, de bons décors, et -à la base- une bonne histoire, mais malheureusement ces bons points ne suffisent pas à sauver ce film qui, je le crains, ne figurera jamais aux meilleures adaptations.

En bref: 2 h 04 qui auraient pu être mieux traitées autant pour les auteurs que pour les fans. 

  Mais malgré cet avis négatif, le film ne m'a pas dégoûté de l'envie de redonner une chance au livre 16 Lunes qui m'attendait gentiment sur son étagère. Et, curieuse et enthousiaste que j'étais, je me suis plongée dans la lecture... 
 
16 Lunes, K. Garcia & M. Stohl, ed. Le Livre de Poche Jeunesse, collection Black Moon. 

 J'ai eu, une fois de plus, un peu de mal à rentrer dans l'histoire (il faut dire que commencer un roman à deux heures du matin, quand on est épuisée, n'est pas l'idéal), mais une fois les premiers chapitres passés, je me suis retrouvée envoûtée par le premier tome de la saga de Garcia & Stohl. 


  Il n'y a pas qu'une histoire d'amour dans ce roman, mais aussi des histoires de légendes, d'Histoire Américaine, d'histoires familiales et surtout d'affrontement face à l'adversité. Si ce livre avait un sous-titre version Oly, ce serait: "Comment apprendre à s'adapter aux problèmes quand on risque d'en devenir un?". L'écriture des deux écrivains est pure, touchante, parfois drôle et parfois sombre, et surtout musicale: un vrai régal pour les yeux et les oreilles. 
  On voit tout avec les yeux d'Ethan et on en vient à découvrir le monde des Enchanteurs avec autant d'ahurissement et de curiosité que lui. Je pense que le fait que ce soit un garçon qui serve de narrateur aide beaucoup à marquer la distance avec le côté trop fleur bleu qui a choqué pas mal de lecteurs avec d'autres livres de la collection Black Moon. Ici, pas d' interrogations existentielles sur le prince charmant, plutôt des questions d'adaptation d'un ado normal qui rêve tellement de nouveauté qu'il finit par tomber en plein de dedans.

  En bref: 16 Lunes méritait sa deuxième chance: un pur coup de coeur! 

Du bonus? 
Si jamais vous désirez réentendre la chanson de la BA du film...


Florence & The Machine peut être également entendue dans les BO d'Hésitation et de Blanche-Neige & le Chasseur. Personnellement, j'adore cette artiste!

mercredi 13 juin 2012

Promise

Promise, Ally Condie, Gallimard Jeunesse

Promise ne me disait franchement rien au départ, je l'avais pris plus pour savoir de quoi ça parle qu'autre chose, et c'est une très bonne chose que de l'avoir fait! Ce livre est une vraie petite surprise!

Dans un monde autoritaire où le gouvernement a toujours raison et l'individu toujours tord, Cassia, jeune adolescente s'apprête à connaître enfin le visage de son promis. Jeune homme qui a partir de ce jour sera son futur mari et l'homme qui partagera le reste de sa vie. Elle est heureuse: son promis n'est autre que Xander, son meilleur ami qu'elle connaît depuis l'enfance. Le ciel ne pouvait pas être plus cléments pour ces deux-là qui se retrouvent soudainement sur un petit nuage.
Mais la vie n'est pas toujours simple et peut parfois être pleine de rebondissements malgré le quotidien monotone que l'on mène dans cette cité si parfaite. Alors qu'elle veux visionner la vidéo de son promis pour en "apprendre" plus sur lui, Cassia ne reconnait pas le visage de Xander, et pour cause, ce n'est pas Xander mais Ky, un ami et voisin de la jeune fille classé "aberration" depuis qu'il est arrivé dans la cité pour y vivre avec son oncle et sa tante. Il vient de loin Ky, des contrées lointaines où l'homme n'est pas encore tout à fait sous le joug de cette société. Deux choix s'imposent alors pour Cassia: le premier et le plus sage consiste à faire celle qui n'a rien vu et à continuer de vivre normalement sans avoir de libre-arbitre dans ce monde où même la poésie est interdite, et le deuxième et le plus risqué consiste à connaître ce Ky, et à apprendre plus qu'il n'en faudrait dans ce monde où la perfection est imposée à tous.

Ce qui peut être très gênant dans ce genre d'histoire où les personnages vivent dans des mondes "parfaits" c'est que le héros, ou ici l'héroïne, soit du genre tête-à-claques. Et Cassia l'est. Elle se pose des questions, et les bonnes, mais à peine pose-t-elle le pied sur le bon chemin qui mène à la réflexion elle fait tout de suite demi-tour et préfère rester dans l'ignorance protectrice. Ce qui, avouons-le, énerve au-delà des mots. On a envie de la secouer et de lui dire "mais qu'attend-tu idiote! Fonce dans le mur au lieu de jouer au robot!". Mais malgré ce petit (gros) inconvénient Promise est une bonne mise-en-bouche pour cette trilogie d'Ally Condie. On adore le personnage de Ky qui réveille l'héroïne et qui lui montre qu'un bout de papier où sont écrits quelques poèmes ne sont pas si dangereux pour la santé.
On a hâte de lire la suite, car la fin du premier volet a de quoi surprendre: Cassia ne fuit pas, Cassia ne reste pas, Cassia est réveillée, et ça change tout...