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vendredi 6 juin 2014

Maléfique

Maléfique, 
au cinéma depuis le 28 mai 2014.

  Lorsque j'étais encore une enfant pleine de joie de vivre, j'aimais beaucoup Blanche-Neige, la vie a eu raison de moi... Depuis je suis plus proche de ma couette que des pommes, mais bon, je ne m'en plains pas! 
  Comme j'aime bien ruiner mes souvenirs d'enfance (le sarcasme aura raison de moi), je suis allée voir Maléfique... et malheureusement le verdict en est plutôt... moyen.

  Mais Maléfique, kesako? Il s'agit du conte de La Belle au Bois Dormant revu du point de vue de Maléfique, la vilaine sorcière aux cornes qui lance une malédiction sur la pauvre Aurore qui n'a rien demandé à personne. 
  Personnellement, j'aime beaucoup le personnage de Maléfique parce que c'est l'une des rares méchantes de Disney à être vraiment méchante. Beaucoup de vilains pas beaux de Disney ont un côté comique (comme Hadès, Ursula, le Capitaine Crochet ou encore Cruella). Maléfique, elle, est une vraie méchante qui a la classe (en plus elle a un corbeau domestique) et qui fait le mal parce que ça l'éclate et basta. 
  L'évident gros point positif de cette nouvelle version du conte de la Belle au Bois Dormant c'est la prestation d'Angelina Jolie. Elle rentre parfaitement dans le rôle et on découvre avec plaisir une Maléfique plus humaine, un brin sarcastique, qui aime s'amuser, que ce soit en volant dans le ciel ou en jouant de sales tours à ses voisines les fées (blagues qui peuvent devenir de vraies catastrophes).
  Bien qu'elle casse l'image de la sorcière sombre badass (attends, elle se change en dragon!), elle sait rester attachante et il est plaisant de découvrir ses aventures. 


  Au niveau du rythme du film, des décors et des costumes ou encore du corbeau (iiih!), je n'ai rien à dire. Non, les défauts de ce film se trouvent ailleurs. Prêt? Voici le top 3!


1 - La Princesse : c'est dur, mais c'est vrai. La pauvre Elle Fanning n'a pas beaucoup de chance sur le coup. Pendant toute la séance, j'ai eu la détestable impression que le réalisateur lui a dit avant chaque début de tournage: "Sois mignonne, tait-toi et souris niaisement". Parce que oui: le rôle d'Aurore, ici, est de se contenter de glousser bêtement... et c'est tout. 
  Certes, Aurore est une jeune fille (16 ans), et elle est douée d'une joie de vivre inébranlable mais à ce point ça frôle la bêtise pure et simple et c'est franchement irritant. Aurore était l'une des princesses Disney, de mon point de vue, à avoir beaucoup d'allure et la réduire à l'image de l'adolescente un peu bêbête est malheureux.


2 - Le "je t'aime, moi non plus": Il est clair dès la bande-annonce de Maléfique que le but premier de ce nouveau scénario est de donner un visage bien plus sympathique à la sorcière, et cette idée est louable. Le problème réside dans la relation qu'on a voulu imposer aux spectateurs entre Maléfique et Aurore. Sans rien spoiler du film, on peut rapidement comprendre qu'Aurore prend très vite la vilaine cornue pour une sorte d'ange gardien, ce qui nous laisse la joie de voir la sorcière avec une tête biiiieennn choquée pendant une demie-seconde. Mais là encore, ça ne colle pas: cette relation, qui pouvait être mignonne, donne un virage à 180° au film qui part alors mais alors très loin dans la vilaine parodie pleine de bons sentiments. On nous avait promis de la Dark Fantasy bien sombre, au final on ressort après avoir fait un tour au Pays des Petits Poneys (c'est caricaturé, mais c'est presque ça).


3 - Les incohérences (presque) cachées: Cette partie ne peut être comprise que par les personnes qui ont vu le film... Pourquoi garder le nom Maléfique, pourquoi des ailes, pourquoi des créatures zarbs, pourquoi un faux air à Gandalf, pourquoi un pantalon, pourquoi Ombrage, pourquoi des références aux super héroïnes, pourquoi la vie, pourquoi la mort, parce que le Ja... oups (oui, ceci était bien une référence, cherche mon petit, cherche)!
  Non, plus sérieusement, Maléfique est truffé d'incohérences qui peuvent sembler minimes par rapport à la globalité, mais ces incohérences m'ont fait grogner, geindre et même grimacer pendant toutes la projection. Ce sont surtout ces incohérences qui m'ont fait regretter - en partie - d'être allée voir le film. J'ai aussi un gros problèmes avec les fins des derniers Disney, à croire que les scénaristes ont du mal à terminer un film, que ce soit pour La Reine des Neiges ou pour Maléfique. Trop de bons sentiments peuvent nuire à la réussite d'un film, si, si. 


En bref: c'est clairement Angelina Jolie (et son corbeau! iiih!) qui sauve cette nouvelle version du conte en jouant à merveille une Maléfique attachante et drôle. Une déception cependant puisque le film est loin d'être aussi génial que ne le laissait présager toutes ces bandes-annonces et les critiques.
Le moins: la  Dark Fantasy a disparu pour le pays des Bisounours, argh!
Le plus: le corbeau (iiiih!), non plus sérieusement, je dirais les couleurs et la beauté des décors. Et l'insulte préférée de Maléfique aussi, parce qu'elle reste badass même en insultant. 

mardi 10 décembre 2013

Hunger Games

Hunger Games II, L'Embrasement. Sortie en salles le 27 novembre 2013.

  Ayant été tirée par le bras pour courir dans la salle obscure, j'ai été heureuse de voir le second opus d'Hunger Games. Moi qui m'étais promis de lire la trilogie avant la sortie de ce film je dois dire que je me suis encore une fois bien trompée sur mes capacités à retenir le temps qui s'envole trop vite... enfin. Que dire sur cette suite? Du bon, du moins bon, et du très bon! Voyons, voyons!

  Mais avant de commencer ma chronique, je voudrais m'assurer que vous ne soyez pas perdus à cause de votre mémoire défaillante. Ne niez pas, votre air de poisson hors de l'eau parle pour vous, vous avez tout oublié du premier film! Diantre!


Pour vous éviter les huées poussés par des génies de la mémoire, je vais donc vous remettre les pendules à l'heure en vous rappelant que Katniss et Peeta ont vaincus la cruauté du Capitole en jouant serré avec leurs baies empoisonnées, gagnant ainsi le droit de vivre un peu plus longtemps et surtout de devenir les vainqueurs des 74e Hunger Games. 


  Mais cette victoire a un prix: les "amants maudits" sont dans l'obligation de continuer leur comédie romantique, toujours filés par les caméras du Capitole, et tous deux se retrouvent blessés par leur aventure dans l'arène: cauchemars et souvenirs morbides les assaillent sans cesse, rendant leur force de caractère aussi fragile que feuille en hiver. 


  Seulement, pour la jeune Katniss, le danger rôde toujours, le Président Snow n'a pas particulièrement apprécié la mutinerie de la Fille du Feu et il lui fait bien comprendre. Voilà notre héroïne obligée de se ranger afin d'éviter quelques "accidents" à sa famille et son ami, Gale. Durant toute la tournée des "amants (plus si) maudits (que ça)", les districts grognent et commencent à se rebeller contre les Pacificateurs, laissant le peuple de Panem s'enflammer doucement. Tant mieux! Les 75e Hunger Games seront donc réservés aux anciens vainqueurs de ces derniers années, obligeant Katniss et son désormais ami, Peeta a retourner en enfer.


  Ce deuxième volet d'Hunger Games sombre un peu plus dans la violence du monde de Panem inventé par Suzanne Collins, et nous n'allons pas nous en plaindre! L'histoire s'accélère et la lutte commence réellement. Katniss prend l'allure d'un Robin des Bois des temps modernes, réellement, mais sans le désirer pour autant. Ce rôle de guide, elle ne l'a jamais demandé et l'héroïne semble endosser difficilement la tâche face aux événements qui arrivent. Pire: elle a peur. La Katniss adolescente que l'on avait quitté avait souffert mais pensait s'en être enfin sortie. Ce retour dans l'arène la rend plus vulnérable qu'aux premiers temps et nous la rend plus humaine (elle m'avait semblé particulièrement antipathique dans le premier film). 


Pour partir sur cette émotion forte qu'est la peur, elle est accompagnée de toute une panoplie de sentiments durant le film: la colère, la tristesse, l'abattement, la révolte. Tout cela illustré par les couleurs et la luminosité du film, alors que la première partie est dans les tons hivernaux avec le gris et le bleu pâle, la seconde moitié est lumineuse de vert jungle et de rouge feu. Laissant présager une suite ardente. 

Mais ce n'est pas tout, un autre avantage de ce film est de nous laisser découvrir des personnages adultes, donc beaucoup plus matures que dans le premier opus. Chaque tribut/victime des 75e Hunger Games ont une valise avec eux, les rendant (plus ou moins) attachants et beaucoup plus crédibles que ceux de l'année dernière.


  Le jeu du bien et du mal du premier film disparaît pour laisser le spectateur dans une ambiance mystérieuse où sournoiserie et plans se mêlent afin de nous laisser dans le doute et la supposition jusqu'au bout.

  J'ai également particulièrement aimé la manière dont était traité le "triangle amoureux", si réellement triangle il y a. Alors que dans le premier film il était plus question de stratégie amoureuse, ici les liens humains sont réels et bien plus torturés pour Katniss qui tombe amoureuse trop tard d'un garçon pour un aimer au autre au mauvais moment. 


 Et maintenant les points négatifs! Tadam! Tout d'abord la longueur de certaines scènes qui sont bien plaisantes mais pas forcément utiles question montre-au-poignet (je pense notamment au longue vision de décor au début ou encore aux dialogues entre sœurs ou encore entre "vilains méchants pas beaux" qui se répètent gentiment). 


Ensuite, je pointerais également l'absence de musique. La personne qui m'a gentiment tiré dans la salle de cinéma m'avait assuré que la BO était excellente. Manque de bol, j'ai beau avoir fait le maximum (moi qui ne suit pas du genre à tendre l'oreille), je n'ai absolument rien entendu. Ensuite, la fin. Je ne vais rien spoiler, bien évidemment. Mais n'ayant pas lu le livre (honte à moi, encore) j'ignore si la fin est proche ou non du roman, pourtant, elle m'a semblé tellement abrupte et incongrue (et surtout trop rapide!) que ça m'a choqué. J'avais limite envie de dire à la caméra de continuer à tourner!
  Comme vous pouvez le constater, mes points négatifs ne sont pas nombreux, mais suffisamment pour être pris en compte, non?

En bref: une suite logique qui devient intéressante. Un film à voir, on ne le regrette pas.
Le moins: la longueur du film, c'est dure d'attendre pour aller aux toilettes.
Le plus: bien qu'elle m'agace beaucoup, j'adore le personnage d'Effie Trinket, elle ne change absolument pas, c'est reposant dans un monde tellement sombre!

La Reine des Neiges

La Reine des Neiges, Disney. En salle depuis le 4 décembre 2013.

  Il est important de ne pas trop oublier son âme d'enfant et cette fin d'année 2013 est une bonne excuse pour aller courir au cinéma voir le nouveau Disney: La Reine des Neiges. Un pur moment de magie!

  Comme j'aime bien étaler le peu de culture que j'ai, La Reine des Neiges est un conte écrit par le célèbre Hans Christian Andersen, l'auteur des non moins célèbres: La Petite Fille aux Allumettes, Le Vilain Petit Canard ou encore La Petite Sirène. Le conte qui nous intéresse, La Reine des Neiges raconte le périple de la petite Gerda qui part à la recherche de son ami Kay, prisonnier de la terrible Reine. 
Ce conte danois (oui, Andersen était Danois, dingue, non?) a connu de nombreuses adaptations plus ou moins fidèles. Les malheureux qui sont assez vieux pour se rappeler de l'année 1995 doivent certainement connaître l'adaptation en dessin animée qui était alors apparue sur nos petits écrans de télévision où la Reine était très... bleue. 


Plus récemment encore, Dargaud avait publié l'excellente bande-dessinée Cœur de Glace de M. Pommepuy et P. Pion. Un ouvrage aussi beau esthétiquement que sombre moralement où l'absurde côtoyait souvent l'horreur. 

  Mais que dire de la dernière adaptation? 


Tout d'abord: C'EST BEAU! Oui, mon cri du coeur était obligé d'être en majuscules, car oui: c'est beau! Moi qui adore les paysages d'Europe du Nord, voir un film où je peux découvrir la Norvège en été et en hiver, c'est tout simplement féerique, pour moi!


 Pour continuer sur l'esthétique du film, je dois souligner le fait que l'illustration de la neige est d'une beauté (et oui, toujours) remarquable, on a l'impression que pouvoir sentir le froid juste sous nos doigts tellement c'est beau de réalisme. 
J'ai eu un coup de coeur tout particulier pour la scène de "libération" d'Elsa, la jeune reine, qui est tout simplement époustouflante: entre le rêve de cathédrale et la magie du paysage.


  En parlant d'Elsa justement, ce personnage est clairement mon préféré de tout le film. Il pourrait être jugé simple de changer le rôle de la Reine des Neiges, pourtant ce serait se tromper! Si l'on suit l'idée d'Andersen, Elsa devrait être la "méchante" du film (elle fait tomber la neige en été, pas bien!) mais il n'en est rien. Au contraire, les studios Disney ont prit le contre-pied de ce personnage en donnant à Elsa un visage non seulement plus doux mais également plus humain. 


  Certes, sa charmante sœur Anna, la "princesse" du film est drôle, enjouée et pleine de bonne volonté, mais je trouve que la profondeur du personnage n'est rien comparée à la Reine des Neiges qui se voit prendre le rôle de la torturée malheureuse du film. Bien évidemment, ce film est - à la base - destiné aux enfants mais il ne faut pas oublier que Disney avait l'habitude de glisser dans ses oeuvres des allusions à l'Histoire Mondiale ou encore des thèmes beaucoup plus adultes qu'il n'y paraissait (on peut aussi bien citer dans ce cas Le Roi Lion avec sa tragédie à la grecque ou encore Pocahontas et ses questions de tolérance raciale), ici c'est clairement le thème à la Freud qui est visible avec une Elsa piégée entre sa véritable nature et le rôle qu'on lui a donné. De plus, la belle magicienne est remplie de remords et sa magie prend peu à peu l'allure de sa lutte intérieure, au risque d'en devenir mortellement dangereuse.


  Si je partais dans mes divagations, j'irai jusqu'à dire que le château de glace reflète le moi profond de la reine, mais comme ce n'est pas le propos, je continue ma chronique en sifflotant.


  L'histoire: deux sœurs en danger et une quête de bonheur est assez simple, mais elle a le don de marcher presque toujours, du moment que les éléments principaux sont correctement mis en place, ce qui est le cas ici.
On a une héroïne attachante qui, bien que naïve, n'en devient pas énervante et une dose juste d'humour dans un contexte relativement sérieux qui ne bloque pas à la gorge, je pense tout particulièrement au personnage d'Olaf joliment doublé par Danny Boon (surtout la chanson). 


  Le côté très "comédie musicale", contrairement à quelques films comme Rebelle ou encore Raiponce ne gêne aucunement ici et même, donne au dessin animé une dimension nouvelle qui redonne le sourire aux vieux fans de Disney. Enfin nous retrouvons des chansons à texte, avec un fond! Loin des "lalala" gentiment chantonnés à nos oreilles ces dernières années.

En bref: Un joli conte de Noël bien réalisé et bien réfléchi, Merci Disney!
Le moins: Etant une grande fan de Tolkien, j'avoue avoir eu du mal avec le physique des trolls... mais bon, chacun sa vision, pas vrai?
Le plus: Elsa, Elsa, Elsa et oh! Elsa! Un vrai coup de coeur pour cette Reine des Neiges!

jeudi 1 août 2013

DUL 3: Les Zombies de Max Brooks

  Après la mode des elfes et des vampires, voici la mode des zombies - à quand le retour à la mode des extraterrestres ? - ce qui me rend plus que joyeuse! En grande fan de ce genre morbide, je me suis fait une joie de lire attentivement les deux livres du (maintenant) très connu Max Brooks mais je me suis aussi aventuré dans une salle obscure pour aller voir le film adapté de son roman. Alors, verdict ?

 
Max Brooks: Guide de survie en territoire zombie & World War Z, ed. Le Livre de Poche.

  Le gros point fort de Max Brooks c'est qu'il est aussi bien capable de nous faire hurler de rire que de nous faire psychoter. Alors que Guide de survie en territoire zombie est tordant par son sarcasme morbide, World War Z est suffisamment sombre et juste qu'il nous ferait voir des zombies à tous les coins de rues. 
  Guide de survie en territoire zombie est un vrai guide: détaillé, illustré et interactif (à la fin du livre). Ce livre est la bible de l'aventurier Z, il est certain que si les héros de The Walking Dead (pour les derniers retardataires) l'avaient en leur possession, beaucoup d'entre eux seraient encore en vie à l'heure qu'il est. Après un historique de notre ami Zombie, nous avons les différentes armes ainsi que plusieurs moyens de protection parfaitement décrits, rien n'est oublié: de la coupe des cheveux au temps de survie d'un zombie sous l'eau. Un vrai guide de voyage!
En bref: Si vous compter faire un tour dans un endroit infesté de morts-vivants, n'oubliez pas ce guide!
Max Brooks, un auteur plein de ressources!
  Le grand roman de cet auteur, World War Z est dans un registre totalement différent: oubliez l'humour cinglant et les clins d’œils à d'autres oeuvres concernant les morts-vivants. Il est écrit dans le résumé: "Prendre connaissance de ces comptes rendus parfois à la limite du supportable demandera un certain courage au lecteur" et je dois bien avouer qu'ayant le coeur bien accroché, j'avais pris cet avertissement à la légère, je me suis bien fait taper les doigts par la suite. Ce livre est un recueil de témoignages du monde entier, où l'on rencontre aussi bien des militaires, des politiciens que des mères de foyers, des étudiants, voire des enfants. Le pathos et l'horreur sont subtilement mélangés pour nous faire angoisser à chaque histoire et plus les récits se suivent et plus la tension monte d'un cran. Car la limite du supportable n'est pas notre bon ami Zack - comprendra qui lira - mais ce qu'il a provoqué chez l'homme. 
En bref: les réactions humaines sont au coeur de ce roman et Max Brooks se révèle trop bon psychologue pour nos nerfs, parfois. Un vrai coup de coeur!

  Bien évidemment, l'écriture de Max Brooks sent l'américain à plein nez (références, armes, etc) mais il a le don de savoir effrayer son lecteur, même celui perdu au coeur de l'Himalaya, tant ses décors sont diverses et variés. C'est un auteur que l'on est pas près d'oublier de sitôt! 
Mais qu'en est-il de l'adaptation cinématographique de l'univers de Brooks? 
Une petite critique cinéma, ça vous dit? 

 World War Z de Marc Forster, sortie au cinéma le 3 juillet 2013

  Avant de commencer ma critique, je dois vous informer d'un point important - de mon point de vue -: je n'aime pas l'acteur Brad Pitt (ni son copain Tom, d'ailleurs). Et à chaque fois que je veux voir un film où il joue, je prends énormément de temps avant de me décider (comme avec Entretien avec un vampire, par exemple). Alors, évidemment, quand j'ai vu cette affiche associant l'excellent roman de Brooks et mon acteur détesté préféré, j'ai eu cette réaction: "Oh génial!! Arrggh!! Doute! Doute! Que faire?", ce qui peut aussi se traduire par une série d'expression faciales proche de celle d'un zombie lambda. Comme quoi... Mais, trop curieuse, je suis allée le voir et le spectacle fut loin d'être décevant... malheureusement pas dans le sens positif!

  Je suis une bouse quand il faut retenir des noms de réalisateurs, aussi quand j'ai compris que Marc Forster avait fait précédemment Neverland et Quantum of Solace, j'ai été partagé. Avec ce réalisateur, soit j'étais heureuse soit j'étais déçue, pas de demie-mesure. Le pari était risqué. 
Et en ce qui concerne la photographie, la bande-son et les effets spéciaux, presque tout est positif. Les scènes de panique sont grandioses avec une atmosphère étouffante comme on aime et pour le coup l'art de je-bouge-sans-cesse-la-caméra-parce que-j'ai-mal-à-l'épaule de Forster était acceptable mais les scènes d'actions ne font pas tout dans un film...

 Malheureusement les points négatifs sont trop nombreux au risque d'ennuyer le lecteur et surtout de trop spoiler le film. J'en choisirais donc trois, qui à mon sens sont primordiales pour quiconque veut voir ce film, et vais vous les dévoiler avec amour et paix.
1 - Le script: apparemment, il a été décidé par la production de prendre le roman de Brooks et d'en déchirer deux-trois pages au pif, avec un bandeau sur les yeux pour éviter la tricherie. J'ai presque eu l'impression de voir une parodie du roman tant les éléments qui en font sa force ont été réduits à néant. Adieu ambiance sombre, pathos et psychologie; bonjour clichés de film de série B du dimanche après-midi et dénouement trop rapide sur fond de morale américaine-famille-paix universelle.
2 - Le zombie: d'après ce que j'avais compris, c'était un peu l'élément principal de l'histoire, non? Alors quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi dans ce film (avec l'initiale du zombie dans le titre, quand même) le zombie se change en mixte entre l'infecté de Je suis une légende et une accro de shopping à l'ouverture du magasin le premier jour des soldes? Que la production refuse de faire dans le sanguinaire, très bien. Les accros à l'hémoglobine iront voir gentiment Walking Dead et les familles pourront voir World War Z sans risquer de vomir leur dernier repas, mais là, c'est presque un crime d'avoir réduit Zach a ce simple rôle de je-cours-quand-il-y-a-la-musique-rock-et-je-dors-debout-quand-ça-s'arrête. Où sont passés nos gentils morts-vivants si réalistes? Car c'est justement ça qui fait la force de l'univers de Brooks: son réalisme. Que l'on croit ou non au mythe du zombie, les livres de cet auteur sont tellement truffés d'éléments probables que le lecteur finit par se prendre au jeu et avec le film, on perd ce réalisme si angoissant. Le "et si?" de Brooks disparaît avec Zach, au risque de faire pleurer ses plus fidèles lecteurs.
3 - L'acteur principal: je sais, vous allez me dire "mais oh! Brad Pitt est un très bon acteur, mais qu'est-ce que tu as à t'acharner sur lui!", et je ne contredirais pas. Brad Pitt est un bon acteur, c'est vrai. Mais comme dit le diction remixé: "Trop de Brad Pitt tue le spectateur". Dans le film, notre acteur adoré reprend le rôle du narrateur du roman de Brooks mais PAF! le voilà transformé en père de famille méga badasse qui sait tout faire et surtout qui a une chance monstre. Incroyable pas vrai? Que l'on veuille d'un personnage principal courageux, simple et attachant, d'accord mais là les clichés du héros américain simple et badasse à la fois sont tellement énormes qu'on ne peut pas passer à côté! Je pense notamment au fait qu'il soit le seul à savoir le temps de transformation - parce qu'évidemment, il a eut le temps d'en admirer une pendant une panique générale - ou encore qu'il soit le seul à réagir avant même que le danger n'arrive, alors qu'il est entouré d'une armée de soldats sur-entraînés - parce qu'il a une ouïe encore plus forte que celle de Zach. Pour certains, ce seront des détails mais parfois ce sont ces détails-là qui sauvent ou non une adaptation cinématographique.

Voilà donc mon avis pas très positif de ce film qui certes est un bon divertissement, mais uniquement pour les novices dans ce genre là. Si, comme moi, vous êtes fan et êtes capables de différencier un zombie d'un homme qui a la grippe, allez voir ce film en vous disant que vous glousserez plus qu'autre chose. Au moins avec ce film Zach nous fait rire, pour une fois qu'il est drôle celui-là!

jeudi 7 mars 2013

DUL 1: Sublimes Créatures

C'est avec joie que je commence ce premier Dossier Univers Littéraire (ou DUL), une toute nouvelle rubrique sur ce blog où je plonge avec bonheur (ou pas) dans un univers littéraire entier. Alors ceux qui aiment les livres & leur adaptations: bienvenue!

  Lors d'une rencontre littéraire grâce au Spring Livr@Book 2012 (organisé par Tiboux), on m'avait vivement conseillé de lire le roman 16 Lunes. Afin de ne pas mourir idiote je m'étais procuré le livre et je l'avais commencé. Rien ne m'avait emballé, que ce soit le style, l'histoire ou encore l'ambiance. Le pauvre 16 Lunes n'est pas arrivé à la bonne période de l'année, et je n'avais même pas terminé ma lecture. Mais la saga de Kami Garcia & Margaret Stohl (les auteurs) n'avait pas dit leur dernier mot et elles ont réussi à me faire adhérer au fan club, finalement. 

   
  
    Sublimes Créatures, K. Garcia & M. Stohl, C. Jean, Pika Edition, collection Black Moon Graphics.

Je pense l'avoir suffisamment répéter sur ce blog: quand je lis une BD ou un manga, le dessin est primordial pour moi. Même si le scénario est le meilleur du monde, je ne le lirais jamais si le dessin n'est pas un tant soit peu soigné. Et on peut dire que la dessinatrice Cassandra Jean a un niveau de pro. Regardez-moi cette couverture: elle est "sublime" (haha)! Je n'ai donc pas pu m'empêcher de feuilleter l'ouvrage, gênant ainsi d'autres clients de ma librairie de quartier, avant de tomber littéralement sous le charme de cette adaptation graphique du roman phare du moment, de la collection Black Moon. 
  C'est donc à travers cette adaptation jonglant entre le manga et la bande-dessinée que j'ai découverts l'univers de Sublimes Créatures. Ce fut une découverte fantastique à mon sens puisque histoire qui tient sur la route plus trait de crayon parfait étaient au rendez-vous. 
Moi qui avais quasiment tout oublié des dix premiers chapitres lus, j'ai pu plonger sans aucun problème dans cet univers où se mêlent si bien magie, amour et références historiques (j'adore l'Histoire). Et puis le trait de Cassandra Jean apporte un charme supplémentaire de taille: faussement simple, il rend l'univers plus sombre et les personnages plus vrais. 
En bref: 246 pages de pur bonheur!

L’adaptation graphique m'a tellement "enchantée" (haha 2) que je me suis penchée un peu plus sur le film, et finalement, je me suis lancée (je remercie d'ailleurs l'amie fan de cinéma qui m'a accompagnée, je me serais sentie bien seule dans la salle, sinon). 

 

Sublimes Créatures, réalisé par Richard LaGravenese avec Alice Englert & Alden Ehrenreich dans les rôles principaux. Sortie le 27 février 2013.

 Malheureusement, les adaptations au cinéma sont connus pour anéantir les belles histoires et nombreuses sont les critiques plus ou moins gentilles. 
  Le premier problème qui se pose avec ce film, c'est que la production n'était vraiment pas certaine de son succès... et ça se voit. C'est bien simple, j'ai plus eu l'impression de voir un téléfilm qu'autre chose! Les éléments principaux qui faisaient toute la force brute de l'univers (comme la chanson, la télépathie ou encore la recherche historique) ont pratiquement tous été retirés ou alors minimiser à un tel point que ça en devenait ridicule. Le but d'une adaptation cinématographique est de rendre une histoire encore plus merveilleuse, pas de l'écraser à coups d'effets spéciaux et de clichés.
  La musique n'était pas à ce damner, tout comme le fil de l'intrigue qui s'est révélé presque caricatural à partir des vingt dernières minutes. 
 Cependant, un gros pouce vert pour tous les acteurs qui sont crédibles et touchants, même si -les pauvres- ils n'ont vraiment pas été gâtés par le script. Je pense particulièrement à Alden Ehrenreich qu'on ridiculise à plusieurs occasions dans le film (pour le plus grand plaisir du spectateur qui se tord de rire à plusieurs reprises). Mais je pense aussi à Viola Davis (vue dans La Couleur des  Sentiments) et à Jeremy Irons (vu dans Eragon), la première parce que je l'adore et le second parce que j'ai eu un coup de coeur pour lui (c'est bien de redécouvrir des acteurs sans qu'on s'y attende).
De très bons acteurs, de bons décors, et -à la base- une bonne histoire, mais malheureusement ces bons points ne suffisent pas à sauver ce film qui, je le crains, ne figurera jamais aux meilleures adaptations.

En bref: 2 h 04 qui auraient pu être mieux traitées autant pour les auteurs que pour les fans. 

  Mais malgré cet avis négatif, le film ne m'a pas dégoûté de l'envie de redonner une chance au livre 16 Lunes qui m'attendait gentiment sur son étagère. Et, curieuse et enthousiaste que j'étais, je me suis plongée dans la lecture... 
 
16 Lunes, K. Garcia & M. Stohl, ed. Le Livre de Poche Jeunesse, collection Black Moon. 

 J'ai eu, une fois de plus, un peu de mal à rentrer dans l'histoire (il faut dire que commencer un roman à deux heures du matin, quand on est épuisée, n'est pas l'idéal), mais une fois les premiers chapitres passés, je me suis retrouvée envoûtée par le premier tome de la saga de Garcia & Stohl. 


  Il n'y a pas qu'une histoire d'amour dans ce roman, mais aussi des histoires de légendes, d'Histoire Américaine, d'histoires familiales et surtout d'affrontement face à l'adversité. Si ce livre avait un sous-titre version Oly, ce serait: "Comment apprendre à s'adapter aux problèmes quand on risque d'en devenir un?". L'écriture des deux écrivains est pure, touchante, parfois drôle et parfois sombre, et surtout musicale: un vrai régal pour les yeux et les oreilles. 
  On voit tout avec les yeux d'Ethan et on en vient à découvrir le monde des Enchanteurs avec autant d'ahurissement et de curiosité que lui. Je pense que le fait que ce soit un garçon qui serve de narrateur aide beaucoup à marquer la distance avec le côté trop fleur bleu qui a choqué pas mal de lecteurs avec d'autres livres de la collection Black Moon. Ici, pas d' interrogations existentielles sur le prince charmant, plutôt des questions d'adaptation d'un ado normal qui rêve tellement de nouveauté qu'il finit par tomber en plein de dedans.

  En bref: 16 Lunes méritait sa deuxième chance: un pur coup de coeur! 

Du bonus? 
Si jamais vous désirez réentendre la chanson de la BA du film...


Florence & The Machine peut être également entendue dans les BO d'Hésitation et de Blanche-Neige & le Chasseur. Personnellement, j'adore cette artiste!

mardi 15 janvier 2013

L'Histoire de Pi

L'Histoire de Pi, Yann Martel, ed. Folio.

A première vue, L'Histoire de Pi est un conte pour enfant. A première lecture, ce n'est pas un conte mais un roman initiatique, et à la fin de la première lecture, on en reste bouche bée. 

Piscine Molitor Patel tient son nom d'une piscine française, pourtant cet adolescent est bel et bien indien, alors il se fait appeler Pi, ça va plus vite, et ça sonne plus mathématique que natation. 
La famille de Pi a de plus en plus de problèmes financiers, alors on décide d'emballer toutes ses affaires et de prendre le premier bateau pour le Canada, sans oublier les animaux! Oui les animaux, car la famille de Pi est propriétaire d'un zoo à Pondichéry. Alors on range les singes, les zèbres, les oiseaux multicolores et tout le reste, dans leurs cages et on navigue tranquillement sur l'océan.
Mais les nombreux dieux de Pi n'étaient pas avec lui cette nuit de tempête: le bateau sombre, la famille sombre, les animaux sombrent et Pi se retrouve seul sur son canot de sauvetage avec Richard Parker, le superbe tigre du Bengale du zoo, pour compagnon de voyage. 

Si ce roman avait été un fait divers, personne n'y aurait cru, qui pourrait survivre au beau milieu de l'océan avec un tigre adulte? Et pourtant, plus les pages se tournent et plus l’invraisemblable devient réaliste. Pi et Richard Parker ne peuvent pas devenir amis, on apprivoise pas un tigre, mais ils peuvent se lier l'un à l'autre.

Yann Martel nous livre ici un presque-conte. Une histoire qui touche, qui rend fou, malheureux et qui donne du rêve. Son héros, le pauvre Pi, parle comme un poète décalé, et l'océan prend peu à peu l'apparence d'une immense pièce de théâtre où se dévoilent les plus beaux tableaux marins jamais rêvés. L'Histoire de Pi est bien plus qu'un roman, c'est une oeuvre colorée, par l'espoir du naufragé à qui il arrive des aventures irréelles. 

En bref: C'est dur, vif et ça tient du merveilleux. 
Le point négatif: Il faut un temps d’adaptation avec la manière de parler de Pi, c'est vraiment très déstabilisant au début.
Le point positif: J'aime les tigres... les lions... les félins en général... si, ça compte!


Un coup d'oeil sur... L'Odyssée de Pi


Sortie en décembre 2012, L'Odyssée de Pi nous donne une vision mélancolique et fantastique du roman de Yann Martel. Ce qui peut être pris comme un conte pour enfants à voir en famille n'en est pas un. Les plus jeunes ne comprendront certainement pas tout, mais ils pourront être émerveillés par le spectacle qu'offre la mer, plusieurs fois dans le film. Les plus âgés (surtout ceux qui auront lu le livre) seront soulagés de constater qu'ici, Pi, parle normalement et à l'air un peu moins lunatique que dans le livre. Enfin, les mauvaises langues pourront constater que L'Odyssée de Pi est certes apprécié des enfants mais que le film s'adresse avant tout à un public mûr et averti qui comprendra, avec ou sans aide, que le rêve peut parfois cacher la plus atroce des réalités.
Un jeu d'acteur convainquant, des décors époustouflants, et aucune longueur - ce qui est un très bon point pour ce genre de film -, ce film est à voir au moins une fois, vous ne serez jamais déçu.