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mardi 10 décembre 2013

La Reine des Neiges

La Reine des Neiges, Disney. En salle depuis le 4 décembre 2013.

  Il est important de ne pas trop oublier son âme d'enfant et cette fin d'année 2013 est une bonne excuse pour aller courir au cinéma voir le nouveau Disney: La Reine des Neiges. Un pur moment de magie!

  Comme j'aime bien étaler le peu de culture que j'ai, La Reine des Neiges est un conte écrit par le célèbre Hans Christian Andersen, l'auteur des non moins célèbres: La Petite Fille aux Allumettes, Le Vilain Petit Canard ou encore La Petite Sirène. Le conte qui nous intéresse, La Reine des Neiges raconte le périple de la petite Gerda qui part à la recherche de son ami Kay, prisonnier de la terrible Reine. 
Ce conte danois (oui, Andersen était Danois, dingue, non?) a connu de nombreuses adaptations plus ou moins fidèles. Les malheureux qui sont assez vieux pour se rappeler de l'année 1995 doivent certainement connaître l'adaptation en dessin animée qui était alors apparue sur nos petits écrans de télévision où la Reine était très... bleue. 


Plus récemment encore, Dargaud avait publié l'excellente bande-dessinée Cœur de Glace de M. Pommepuy et P. Pion. Un ouvrage aussi beau esthétiquement que sombre moralement où l'absurde côtoyait souvent l'horreur. 

  Mais que dire de la dernière adaptation? 


Tout d'abord: C'EST BEAU! Oui, mon cri du coeur était obligé d'être en majuscules, car oui: c'est beau! Moi qui adore les paysages d'Europe du Nord, voir un film où je peux découvrir la Norvège en été et en hiver, c'est tout simplement féerique, pour moi!


 Pour continuer sur l'esthétique du film, je dois souligner le fait que l'illustration de la neige est d'une beauté (et oui, toujours) remarquable, on a l'impression que pouvoir sentir le froid juste sous nos doigts tellement c'est beau de réalisme. 
J'ai eu un coup de coeur tout particulier pour la scène de "libération" d'Elsa, la jeune reine, qui est tout simplement époustouflante: entre le rêve de cathédrale et la magie du paysage.


  En parlant d'Elsa justement, ce personnage est clairement mon préféré de tout le film. Il pourrait être jugé simple de changer le rôle de la Reine des Neiges, pourtant ce serait se tromper! Si l'on suit l'idée d'Andersen, Elsa devrait être la "méchante" du film (elle fait tomber la neige en été, pas bien!) mais il n'en est rien. Au contraire, les studios Disney ont prit le contre-pied de ce personnage en donnant à Elsa un visage non seulement plus doux mais également plus humain. 


  Certes, sa charmante sœur Anna, la "princesse" du film est drôle, enjouée et pleine de bonne volonté, mais je trouve que la profondeur du personnage n'est rien comparée à la Reine des Neiges qui se voit prendre le rôle de la torturée malheureuse du film. Bien évidemment, ce film est - à la base - destiné aux enfants mais il ne faut pas oublier que Disney avait l'habitude de glisser dans ses oeuvres des allusions à l'Histoire Mondiale ou encore des thèmes beaucoup plus adultes qu'il n'y paraissait (on peut aussi bien citer dans ce cas Le Roi Lion avec sa tragédie à la grecque ou encore Pocahontas et ses questions de tolérance raciale), ici c'est clairement le thème à la Freud qui est visible avec une Elsa piégée entre sa véritable nature et le rôle qu'on lui a donné. De plus, la belle magicienne est remplie de remords et sa magie prend peu à peu l'allure de sa lutte intérieure, au risque d'en devenir mortellement dangereuse.


  Si je partais dans mes divagations, j'irai jusqu'à dire que le château de glace reflète le moi profond de la reine, mais comme ce n'est pas le propos, je continue ma chronique en sifflotant.


  L'histoire: deux sœurs en danger et une quête de bonheur est assez simple, mais elle a le don de marcher presque toujours, du moment que les éléments principaux sont correctement mis en place, ce qui est le cas ici.
On a une héroïne attachante qui, bien que naïve, n'en devient pas énervante et une dose juste d'humour dans un contexte relativement sérieux qui ne bloque pas à la gorge, je pense tout particulièrement au personnage d'Olaf joliment doublé par Danny Boon (surtout la chanson). 


  Le côté très "comédie musicale", contrairement à quelques films comme Rebelle ou encore Raiponce ne gêne aucunement ici et même, donne au dessin animé une dimension nouvelle qui redonne le sourire aux vieux fans de Disney. Enfin nous retrouvons des chansons à texte, avec un fond! Loin des "lalala" gentiment chantonnés à nos oreilles ces dernières années.

En bref: Un joli conte de Noël bien réalisé et bien réfléchi, Merci Disney!
Le moins: Etant une grande fan de Tolkien, j'avoue avoir eu du mal avec le physique des trolls... mais bon, chacun sa vision, pas vrai?
Le plus: Elsa, Elsa, Elsa et oh! Elsa! Un vrai coup de coeur pour cette Reine des Neiges!

jeudi 23 mai 2013

DUL 2: Le monde merveilleux du mangaka


Bakuman, T. Obha & T. Obata, ed. Kana / Assistante mangaka, le blog; R. Kasai, ed. Kana

  Avec les années, le travail de mangaka est devenu moins secret pour le public occidental, et les lecteurs les plus avertis savent désormais qu'il s'agit en fait d'un travail de fou. Mais comment se déroule vraiment la création d'un mangaka, et après que l'oeuvre soit dessinée qui s'en occupe? Le mangaka est-il une sorte de dieu vivant aux pouvoirs mystérieux et géniaux lui permettant de créer tout un univers à partir d'une simple feuille de papier et d'un crayon? En partie, oui, mais pas que! 
  Avec ces deux oeuvres publiées chez Kana, nous pouvons voir à quel point le monde du manga est un petit monde coloré et stressant, finalement il y a bien une raison aux univers tordus de nos chers amis japonais!


  Est-il vraiment utile de présenter Bakuman, manga dont l'adaptation en anime est enfin arrivée en France? 
    
  Pour les derniers retardataires ce manga (en 20 tomes au Japon) relate l'aventure passionnante de Mashiro, un collégien qui a un véritable don pour le dessin. Un jour, afin d'éviter que le premier de sa classe, Akito, ne révèle à tous son amour pour la jolie Miho, il accepte de se lancer un vrai défi: faire un manga à deux et le présenter à un éditeur. Akito s'occupera de l'histoire et lui dessinera. Tous deux se mettent alors à travailler d'arrache-pieds et rapidement les deux garçons se retrouvent à se faire des promesses d'adolescents: "Moi j'épouserai Miho quand je serais un grand mangaka!" "Oui, et moi je serais ton scénariste!"... seulement les promesses deviennent de vrais buts pour nos apprentis mangakas et ils n'ont plus qu'une idée dans la tête: entrer dans le petit monde privilégié du manga. Ils deviendront de grands mangakas, ça ils en sont certains!

  Bakuman est une aventure d'amitié, de création et de folie. Obha & Obata, les créateurs du célèbre Death Note, nous révèlent un univers dérangé et nerveux! On rencontre de tout! Du mangaka génial qui est arrivé à la gloire sans trop savoir comment à l'éditeur débordé qui n'arrive plus à retenir la folie créatrice de son protégé! 
  Mais cette série ne fait pas que se moquer gentiment de l'univers du manga, c'est aussi une véritable bible où le lecteur apprend pas à pas comment se créé une nouvelle oeuvre, de l'ébauche des idées à sa sortie en volumes reliés, en passant par les réunions éditoriales ou les tensions sont fortes. Un vrai documentaire sur cet univers si particulier qui ravie le lecteur: humour et savoir, que demande le peuple!

Des mangakas en cosplay de leurs propres personnages!
En bref: au programme on a du suspens, de l'amour, des amitiés farfelues, des duels de mangas & surtout de l'humour et toujours de l'humour! Le monde du manga tient ses promesses: il y en a pour tous les goûts!



Parlons à présent d'Assistante mangaka, le blog de Kasai! Comme le titre l'indique, ce premier tome est le résultat du succès du blog de Kasai, Ashi Meshi (lien à la fin de cet article), lieu où elle raconte ses malheurs, et elle a de quoi parler: elle travaille comme assistante mangaka, autrement dit, elle fait partie de ces dessinateurs de l'ombre qui aident à la création des décors, des trames, des personnages de fond, des couleurs, etc., etc., etc... Dans les mangas reliés, beaucoup de mangakas parlent de leurs assistants dans les pagnes bonus, comme Hiromu Arakawa (Silver Spoon) ou encore Katsura Hoshino (D.Gray Man) mais jusqu'ici on avait encore très peu de paroles directes d'un assistant, c'est choses faites et on doit dire que ce métier n'a rien à envier à celui des "maîtres" en matière de douleur!



  Au fil des pages, nous avons donc la joie de découvrir Kasai, jeune femme travaillant d'arrache-pieds tout en essayant gardant les pieds sur terre, histoire de ne pas se retrouver morte sur sa table de dessin. Ici, très peu de secrets de création mais beaucoup de révélations sur ce qui se passe pendant la création alors préparez-vous à du grand n'importe quoi: des blagues grivoises aux défis alimentaires les plus barbares, on essaye de survivre comme on peut dans le monde du manga.

En bref: des dessins très simples certes, mais un humour tellement débordant qu'on ne peut qu’apprécier la découverte du ce premier tome de Riichi Kasai!

Lien pour le blog de Kasai: http://ashimeshi.blog17.fc2.com/

vendredi 15 février 2013

Silver Spoon -La cuillère d'argent-

Silver Spoon -La cuillère d'argent-, Hiromu Arakawa, ed. Kurokawa.

   Vous êtes citadin de naissance? Vous n'avez jamais vu une vache qu'en photo ou à la télé? Vous et la campagne c'est comme le brocolis dans votre pizza? Et bien, félicitations! Silver Spoon est fait pour vous!
  Après un chef d'oeuvre comme FullMetal Alchemist, on ne pouvait qu'attendre le nouveau bijou d'Hiromu Arakawa avec impatience! Et l'attente était amplement méritée! 

  Yûgo Hachiken est un bon élève. Tellement bon qu'il n'a fait qu'étudier durant toute sa scolarité. Mais au lieu d'entrer dans un lycée de haut niveau afin de poursuivre ses efforts, notre héros décide de partir à Hokkaïdo pour devenir élève au lycée agricole d'Ohezo. Il est persuadé de rester premier de sa classe sans produire le moindre effort, vu le niveau des autres élèves, et pense ainsi pouvoir se la couler douce. Sauf que le travail de fermier n'est pas de tout repos, et Yûgo n'avait pas vraiment prévu de courir après les poules, de respirer la bonne odeur des excréments de chevaux ou encore de devoir servir de professeur de mathématiques au cas le plus désespéré du Japon. C'est une nouvelle vie qui commence, et l'adolescent se demande si il est suffisamment costaud pour pouvoir survivre dans l'univers impitoyable (et tortionnaire) de la campagne.

  Je dois avouer que je suis une pure citadine, et rien que l'idée de passer un week-end en pleine cambrousse  me terrifie (certaines personnes se sentent mal sans internet, moi c'est le béton qui me manque). Pourtant, Arakawa parvient à nous faire aimer la campagne le temps d'une lecture. Et l'on retrouve cet auteur avec un vrai plaisir!
  Ce qui aurait pu être une simple histoire de ferme se trouve être un vrai parcours du combattant pour les personnages. Pas le temps de s'ennuyer avec Silver Spoon on passe du rire à l'apprentissage et des leçons de vie aux souvenirs ternes du héros. 
  Avec un dessin et un art humoristique toujours aussi bien maîtrisés, Hiromu Arakawa nous livre ici le début d'une très belle aventure campagnarde qui a le luxe de pouvoir être simple sans jamais lasser le lecteur, car il n'y a pas que des farces ici, l'humour est la meilleure façon de cacher les blessures, et malgré les airs comiques de ses personnages, Arakawa sait déjà nous appâter avec des mystères et des non-dits. 

  En bref:  La petite vache (dont je suis absolument fan) qui s'est déjà fait un nom dans le monde du manga nous prépare une excellente série où humour et sérieux se marient très bien. Un coup de maître pour un sujet campagnard qui lui tenait particulièrement à coeur. Une seule chose à dire: bravo pour ce début et vivement la suite! 
Le mieux: Les scènes de gag sont toujours aussi géniales, on ne peut pas lire Silver Spoon sans rire au moins une bonne dizaine de fois!
  Le moins: L'attente pour les prochains tomes?


Une belle panoplie de personnages!

Si vous voulez connaître les autres oeuvres d'Hiromu Arakawa...