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mercredi 11 décembre 2013

Challenge Cold Winter 2013: Les lumières de Haven

Les lumières de Haven, Pauline Bock, ed. Scrineo Jeunesse.

  En ce début de mois de décembre, j'ai enfin pu commencer le challenge Cold Winter!!... Malheureusement cela commence mal car le premier roman de la jeune Pauline Bock m'a laissée plus que perplexe.

  L'histoire est simple: cinq lycéens, amis, se retrouvent dans un monde parallèle, Haven (super excuse pour sécher le bac, yahooh!). Malheureusement, leur arrivée incongrue provoque tensions et conflits dans la capitale, La Falaise et l'aventure de nos jeunes héros est périlleuse. A première vue, l'univers d'Haven est charmant, restant volontairement bloqué sur une époque proche du XVIIIe siècle français, il fut décidé que ce monde merveilleux s'inspirerait de nos chers Philosophes des Lumières pour la paix de tous. Seulement, certaines personnes de l'ombre ne sont pas du même avis et le danger rôde à Haven. Jusqu'ici tout le monde suit?
  Je ne peux malheureusement pas en dire plus car se serait révélé trop d'éléments importants pour l'histoire et comme j'ai horreur de spoiler un livre, j'évite de le faire, même si le résumé reste assez flou. On est en mode serpent qui se mort la queue, aujourd'hui...


  Mais tout cela est très bien: de l'aventure, un monde nouveau, des personnages bien pensés alors qu'est-ce qui cloche? 
 Et bien... les détails. Pour commencer, le monde d'Haven est réellement bien imaginé, on sent que l'auteur a mis du temps à travailler son monde et cela donne une bonne matière mais il y a durant toute la lecture une atmosphère candide (Ouaip, comme celui de Voltaire) qui pèse lourd sur le roman, et c'est vraiment là que ça cloche.


  Que l'auteur soit jeune n'est pas dérangeant, mais il y a des moments où l'on se demande si Pauline Bock ne vient pas d'un autre monde, justement. Le gros point noir concerne directement ses héros. Un lycéen normal n'utilise pas un vocabulaire chic, comme "songe", "imbécillités" ou encore "semblant d'honneur". Autre chose, les personnages, bien que très bien pensés ne l'oublions pas, sont assez passifs. Pour mieux m'exprimer, je dirais que l'auteur cherche tellement à les différencier les uns des autres, ce qui en soit est louable, qu'elle a légèrement oublier de leur donner un corps propre. Pour reformuler: ils sont encore au stade de l'ébauche question caractère ce qui rend la lecture très "neutre" sur certains côtés. Autre chose qui m'a particulièrement choquée: depuis combien de temps l'auteur n'a pas vu une lycéenne de 17 ans? Car l'une des répliques du chapitre IV, m'a laissé pantoise, je dois dire:

" - Il est plutôt beau garçon, n'est-ce pas? (...) Combien de jours me donnez-vous?
- Euh... Pour quoi faire? se troubla Charlotte.
- Pour le séduire, bien évidemment! répliqua la demoiselle d'un ton hautain. Ah, il est vrai que vous êtes bien jeune." 

J'avais presque envie de prendre la "demoiselle" par la main pour la placer à la sortie d'un lycée tellement l'image de la jeune lycéenne "jeune" et naïve m'a semblé presque déplacée sur le moment. Que les personnages soient des lycéens simples, ni trop "populaires" ni trop "impopulaires", d'accord, mais que sur quatre lycéennes qu'il n'y en ai pas une seule qui soit dans la norme actuelle, à moins d'avoir affaire à des geeks c'est physiquement impossible de nos jours (et encore!).


  Comme je l'ai dit précédemment, tout cela n'est que détail, mais c'est souvent là qu'une lecture peut plaire ou non. Dans le cas présent, j'ai eu énormément de mal à rentrer dans l'histoire, pourtant je ne suis pas une lectrice difficile, au point d'avoir passé beaucoup de pages à lire en diagonale. Je ne juge pas Pauline Bock d'auteur médiocre parce que justement elle est loin d'être médiocre! Pouvoir créer un monde aussi crédible est dur et rare de nos jours, surtout à son âge (quand on sait que de nombreux écrivains plus âgés restent dans les clichés) et le style de l'auteur est particulièrement mature. J'ai beau critiquer (pour changer), j'ai aimé l'atmosphère du livre, même si, malheureusement, je n'ai pas su entendre la chanson pour entrer définitivement dans le monde d'Haven...



En bref: Une lecture amusante mais sans plus qui laisse un peu sur sa faim.
En moins: J'ai particulièrement aimé l'instant de magie pure où le nom de l'ennemi apparaît dans le cerveau des héros alors même qu'ils n'apparaissaient nulle part ailleurs, dans les chapitres précédents.
En plus: Les idées de base pour l'intrigue sont très bonnes et laisse présager de belles découvertes livresques. Pauline Bock est une auteur à suivre. En tout cas, je serais là pour son second roman, promis!

mardi 10 décembre 2013

La Reine des Neiges

La Reine des Neiges, Disney. En salle depuis le 4 décembre 2013.

  Il est important de ne pas trop oublier son âme d'enfant et cette fin d'année 2013 est une bonne excuse pour aller courir au cinéma voir le nouveau Disney: La Reine des Neiges. Un pur moment de magie!

  Comme j'aime bien étaler le peu de culture que j'ai, La Reine des Neiges est un conte écrit par le célèbre Hans Christian Andersen, l'auteur des non moins célèbres: La Petite Fille aux Allumettes, Le Vilain Petit Canard ou encore La Petite Sirène. Le conte qui nous intéresse, La Reine des Neiges raconte le périple de la petite Gerda qui part à la recherche de son ami Kay, prisonnier de la terrible Reine. 
Ce conte danois (oui, Andersen était Danois, dingue, non?) a connu de nombreuses adaptations plus ou moins fidèles. Les malheureux qui sont assez vieux pour se rappeler de l'année 1995 doivent certainement connaître l'adaptation en dessin animée qui était alors apparue sur nos petits écrans de télévision où la Reine était très... bleue. 


Plus récemment encore, Dargaud avait publié l'excellente bande-dessinée Cœur de Glace de M. Pommepuy et P. Pion. Un ouvrage aussi beau esthétiquement que sombre moralement où l'absurde côtoyait souvent l'horreur. 

  Mais que dire de la dernière adaptation? 


Tout d'abord: C'EST BEAU! Oui, mon cri du coeur était obligé d'être en majuscules, car oui: c'est beau! Moi qui adore les paysages d'Europe du Nord, voir un film où je peux découvrir la Norvège en été et en hiver, c'est tout simplement féerique, pour moi!


 Pour continuer sur l'esthétique du film, je dois souligner le fait que l'illustration de la neige est d'une beauté (et oui, toujours) remarquable, on a l'impression que pouvoir sentir le froid juste sous nos doigts tellement c'est beau de réalisme. 
J'ai eu un coup de coeur tout particulier pour la scène de "libération" d'Elsa, la jeune reine, qui est tout simplement époustouflante: entre le rêve de cathédrale et la magie du paysage.


  En parlant d'Elsa justement, ce personnage est clairement mon préféré de tout le film. Il pourrait être jugé simple de changer le rôle de la Reine des Neiges, pourtant ce serait se tromper! Si l'on suit l'idée d'Andersen, Elsa devrait être la "méchante" du film (elle fait tomber la neige en été, pas bien!) mais il n'en est rien. Au contraire, les studios Disney ont prit le contre-pied de ce personnage en donnant à Elsa un visage non seulement plus doux mais également plus humain. 


  Certes, sa charmante sœur Anna, la "princesse" du film est drôle, enjouée et pleine de bonne volonté, mais je trouve que la profondeur du personnage n'est rien comparée à la Reine des Neiges qui se voit prendre le rôle de la torturée malheureuse du film. Bien évidemment, ce film est - à la base - destiné aux enfants mais il ne faut pas oublier que Disney avait l'habitude de glisser dans ses oeuvres des allusions à l'Histoire Mondiale ou encore des thèmes beaucoup plus adultes qu'il n'y paraissait (on peut aussi bien citer dans ce cas Le Roi Lion avec sa tragédie à la grecque ou encore Pocahontas et ses questions de tolérance raciale), ici c'est clairement le thème à la Freud qui est visible avec une Elsa piégée entre sa véritable nature et le rôle qu'on lui a donné. De plus, la belle magicienne est remplie de remords et sa magie prend peu à peu l'allure de sa lutte intérieure, au risque d'en devenir mortellement dangereuse.


  Si je partais dans mes divagations, j'irai jusqu'à dire que le château de glace reflète le moi profond de la reine, mais comme ce n'est pas le propos, je continue ma chronique en sifflotant.


  L'histoire: deux sœurs en danger et une quête de bonheur est assez simple, mais elle a le don de marcher presque toujours, du moment que les éléments principaux sont correctement mis en place, ce qui est le cas ici.
On a une héroïne attachante qui, bien que naïve, n'en devient pas énervante et une dose juste d'humour dans un contexte relativement sérieux qui ne bloque pas à la gorge, je pense tout particulièrement au personnage d'Olaf joliment doublé par Danny Boon (surtout la chanson). 


  Le côté très "comédie musicale", contrairement à quelques films comme Rebelle ou encore Raiponce ne gêne aucunement ici et même, donne au dessin animé une dimension nouvelle qui redonne le sourire aux vieux fans de Disney. Enfin nous retrouvons des chansons à texte, avec un fond! Loin des "lalala" gentiment chantonnés à nos oreilles ces dernières années.

En bref: Un joli conte de Noël bien réalisé et bien réfléchi, Merci Disney!
Le moins: Etant une grande fan de Tolkien, j'avoue avoir eu du mal avec le physique des trolls... mais bon, chacun sa vision, pas vrai?
Le plus: Elsa, Elsa, Elsa et oh! Elsa! Un vrai coup de coeur pour cette Reine des Neiges!

samedi 16 novembre 2013

Madame Butterfly

Madame Butterfly de Benjamin Lacombe aux éditions Albin Michel.

    Ce matin, au travail, j'ai eu le plaisir de découvrir la dernière beauté livresque de Benjamin Lacombe, Madame Butterfly. Un vrai chef d'oeuvre parfait comme cadeau de Noël, pour petits et grands lecteurs avides d'illustrations magnifiques!

  Madame Butterfly (ou Madama Butterfly) est un opéra de Giacomo Puccini représenté sur les planches pour la première fois le 17 février 1904. Giacomo Puccini a, en vérité, acheté les droits du roman de John Luther Long pour adapté sa pièce de théâtre, Madame Butterfly, déjà connu par le grand public. 
  L'opéra de Puccini a aidé à vulgariser cette histoire tragique et Benjamin Lacombe rend un souffle poétique et sombre à ce (presque) conte. 


  Madame Butterfly raconte une rencontre improbable entre Pinkerton, officier américain en vadrouille au Japon et Chio-Chio-San, une jeune geisha de tout juste quinze ans. Fous amoureux l'un de l'autre, ils se marient mais idylle va devenir un cauchemar pour la jeune femme lorsque son mari la quitte après lui avoir fait un enfant. 
Ce qui était pour elle une promesse d'amour éternelle était en fait un simple jeu pour lui et lorsque Pinkerton revient au Japon, trois ans plus tard avec sa femme américaine, Madame Butterfly se donne la mort après lui avoir rendu son fils.


Comme à son habitude, Benjamin Lacombe nous donne de superbes illustrations à dévorer de nos yeux. L'artiste joue sur les couleurs et l'ambiance de ses illustrations pour redonner toute sa dimension au personnage de Madame Butterfly tout en laissant Pinkerton  s'exprimer par le biais des textes retranscrits au côté des images. 


  Plus l'histoire avance dans le drame et plus les couleurs froides remplacent les couleurs chaudes et la visage de Madame Butterfly se fane comme fleur en hiver. Laissant ses papillons disparaître peu à peu des pages. 


  De très grande taille, le livre illustré regorgent d'illustrations plus belles les unes que les autres et chacun y trouvera sa propre vision des choses, associée doucement à l'univers gothique et mélancolique de Benjamin Lacombe. Des pages qui se plient et se déplient, un Japon revisité où se mêlent apaisement et chagrin, une Madame Butterfly au visage blanc, tantôt amoureuse tantôt cadavérique. Un somptueux cadeau de cet artiste pour ses lecteurs! 

En bref: Le livre qu'il faut demander sous le sapin, cette année! Un vrai chef d'oeuvre!
Le moins: La taille du livre, ça peut être déstabilisant au début, mais c'est tellement beau!
Le plus: On ne se lasse jamais de Benjamin Lacombe!


samedi 9 novembre 2013

Arthus Bayard & Les Maîtres du Temps


Arthus Bayard & Les Maîtres du Temps; Laurent Bettoni. Editions Don Quichotte.

  La jolie couverture de ce roman jeunesse m'a tout de suite attirée et je dois bien avouer que j'ai commencé ma lecture sans même lire le résumé. Alors, mon enthousiasme était-il justifié? Oui! 

  Arthus Bayard est un jeune adolescent de 14 ans qui vit chez les Saint-Ange, amis de ses parents disparus il y a plusieurs années. La vieille de l'anniversaire de leur mort, Arthus fait un rêve étrange: il se retrouve à Paris, en 1912 et manque de se faire tuer par d'étranges hommes sombres. 
D'abord terre-à-terre, il réalise vite que cette aventure était loin d'être un simple rêve. Il a réellement voyagé dans le temps! En fait, Arthus peut voyager dans le temps... et ce pouvoir ne lui apporte pas que des bonnes choses.


  Arthus Bayard & Les Maîtres du Temps est un subtile mélange entre Hugo Cabret et Le Livre du Temps, c'est un livre qui peut se lire aussi bien à 12 qu'à 20 ans. Tout le monde y trouvera son compte. 
  Le style de Laurent Bettoni est un style clair, agréable à lire et surtout loin d'être enfantin. Les personnages sont réalistes, drôles et surtout attachants. Ils traversent le temps sans pour autant devenir caricaturaux et on les suit volontiers à travers les couloirs du temps! 

Marcel Proust
   Autre bon point pour ce roman, les voyages à travers le temps sont "crédibles", les aventures d'Arthus et ses amis sont loin d'être trop clichées ou encore trop floues. L'auteur à bien étudier sa matière avant d'y introduire son héros, et ça se sent. Aussi, le lecteur averti sera heureux de retrouver une ambiance d’antan ou encore de rencontrer des personnages historiques tel qu'Arthur Conan-Doyle ou encore Marcel Proust. Un petit plaisir personnel, pour une fan de l'Histoire, qui n'est pas secondaire!

En bref: un coup de coeur qui mérite bien d'avoir une suite!
Le plus: la maturité du roman, qu'il soit dans l'ambiance de l'histoire ou encore chez les personnages, l'atmosphère du livre est un bonheur!
Le moins: c'est long d'attendre un tome 2...

mercredi 14 septembre 2011

H.E.R.O.S

H.E.R.O.S de Christy Jane, édition Les Editions du Préau.

Oui je sais, sur la quatrième de couverture il y a bien écrit " à partir de 10 ans" mais que voulez-vous? J'aime garder un peu d'enfance dans mes lectures. La plupart du temps je tombe sur des petits bijoux, et bien la série H.E.R.O.S en est un excellent exemple. Pour ceux qui aime les groupe d'amis que rien ne pourrait séparer, l'humour, les cours d'histoires et les traversées dans le temps c'est parfait. Le tout servie sur un beau plateau en or massif.

On croise Henry, Elfi,  Raphaël et Océane quatre collégiens qui avec l'aide d'un petit robot créé par le génie de la bande (Henry), Siborg vont traversés les époques à la recherche de ce qu'il reste la pierre du temps, malheureusement brisée en plusieurs morceaux (bah oui, sinon y'a pas d'histoire). Ils déjouent les pièges de l'affreuse Madame Pressbott, femme aigrie et avide de richesses, et rencontre leur idole: Léonard de Vinci.

Il ne faut pas oublier que cette série est avant tout destinée aux jeunes lecteurs, on va donc regarder d'un oeil bienveillant les grosses mais ici petites erreurs sur le peintre et son entourage ou encore sur l'idée des passages secrets sous le Clos Lucé (non je ne suis pas en train de tendre la main vers mon Sophie Chauveau de poche...à peine!) et on profite de la lecture. Je n'ai rien à dire de négatif sur H.E.R.O.S, si ce n'est que les deux premiers tomes pourraient en faire un seul facile.

Tome 1: La pierre du temps (en vente)
Tome 2: La Renaissance (en vente)
Tome 3: Pharaon (ne devrait pas tarder, on l'espère)