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jeudi 30 janvier 2014

Challenge Cold Winter 2013: La Quête d'Ewilan

La Quête d'Ewilan, T.1: D'un monde à l'autre, Pierre Bottero, Lylian & Baldetti; ed. Glénat.

   Bon, comme je n'en rate pas une, je continue le challenge Cold Winter avec une grande découverte pour moi: l'univers de Pierre Bottero. Comme j'aime bien avoir toujours un train de retard, je n'ai compris que récemment que oui, La Quête d'Ewilan qui me tente depuis des années et Pierre Bottero, grand auteur de fantastique sont liés (normal me direz-vous entre un écrivain et son roman), mais bon... on ne se refait pas!

  Mais malheureusement, cette première "erreur" de ma part fut vite remplacée par une seconde erreur concernant La Quête d'Ewilan: moi qui voulais découvrir cette saga, j'ai eu la bonne idée d'acheter le troisième tome, le confondant je ne sais comment avec le premier (on fait très fort!)...


J'ai honte sur ce coup-là. Tant pis pour le roman, je me contenterai de cette magnifique BD qui me fait de l'oeil depuis sa sortie. Verdict? J'ai adoré!

  La Quête d'Ewilan retrace l'aventure de la jeune Camille et de son meilleur ami Salim dans un monde parallèle: Gwendalavir. Bien que la jeune fille n'en soit pas à son premier voyage - aussi appelé "Grand Pas" - la grande nouveauté est qu'elle ne puisse revenir dans son monde. Piégée dans ce nouvel univers en compagnie de Salim, elle va partir à la découverte de ses origines, bien plus merveilleuses qu'elle ne le pensait jusqu'alors.
Les secrets révélés ne vont pas lui apporter que du bonheur, il se trouve que Gwendalavir est envahi par d'affreux monstres aux allures d'insectes: les Ts'lichs, vilains pas beaux qui en veulent à sa vie car Camille est une puissante Dessinatrice: une magicienne capable de rendre réel ce qu'elle imagine...


  Bien que n'ayant pas tout compris à la première lecture (ai-je un cerveau lent?) je dois bien admettre - mince! Je n'ai rien trouver pour me plaindre! - que l'univers de Bottero est un monde aussi complexe que beau. Gwendalavir est un monde mixant nature sauvage et ambiance médiévale qui me convient parfaitement et le fait que les "vilains" de l'histoire n'aient pas de corps humain est revigorant. Même si ces satanés Ts'lichs ont une sale tête! 
  Le jeune âge de Camille m'a un peu perturbé sur le coup. Mais comment diable fait une jeune fille d'à peine treize pour être aussi mûre? Bien que la vie de Camille ne soit pas rose, certaines réactions me semblent trop réfléchies pour une toute jeune adolescente. Mais rapidement, l'âge de Camille importe peu et il est clair que cette maturité précoce servira au personnage ce qui ne peut que réjouir le lecteur! 


  L'histoire me plaît, tout simplement. Ce qui est déjà un énorme point positif pour cette trilogie. Mais parlons de la BD en elle-même.
  
  A mon grand désespoir je ne peux même pas critiquer le dessin puisque c'est ce dessin lui-même qui a attiré mon œil. La couverture est juste sublime! Et le jeu des couleurs entre les deux mondes (pâles pour la Terre et vives pour Gwendalavir) est bien trouvé et donne une indication supplémentaire sur l'importance de l'imaginaire - bien que ce monde parallèle soit réel comme l'assure Camille - dans La Quête d'Ewilan. 
  Maintenant, n'ayant pas lu le roman (mais ça ne saurait tarder) je ne peux évidemment pas dire si la BD suit fidèlement ou non le premier tome de la trilogie. 
  Je souhaite cependant souligner le fait que ce premier volume fait 68 pages et pourtant on ne le trouve pas trop court. Certes l'histoire est à suivre mais le lecteur ne se retrouve pas frustré. Je trouve que la coupure dans l'aventure de Camille et Salim est placée justement, ce qui est quelque chose de rare ces derniers temps, à mon sens. 


En bref: un premier volume qui m'a permis de découvrir l'univers d'un auteur français pourtant reconnu comme grand nom du fantastique français. Une très bonne surprise qui me donne envie d'en découvrir plus!
Le moins: je n'aime pas attendre les suites?
Le plus: le dessin. Il n'est ni trop plat ni trop stylisé, le juste milieu en matière de dessin occidental. 

mardi 10 décembre 2013

Hunger Games

Hunger Games II, L'Embrasement. Sortie en salles le 27 novembre 2013.

  Ayant été tirée par le bras pour courir dans la salle obscure, j'ai été heureuse de voir le second opus d'Hunger Games. Moi qui m'étais promis de lire la trilogie avant la sortie de ce film je dois dire que je me suis encore une fois bien trompée sur mes capacités à retenir le temps qui s'envole trop vite... enfin. Que dire sur cette suite? Du bon, du moins bon, et du très bon! Voyons, voyons!

  Mais avant de commencer ma chronique, je voudrais m'assurer que vous ne soyez pas perdus à cause de votre mémoire défaillante. Ne niez pas, votre air de poisson hors de l'eau parle pour vous, vous avez tout oublié du premier film! Diantre!


Pour vous éviter les huées poussés par des génies de la mémoire, je vais donc vous remettre les pendules à l'heure en vous rappelant que Katniss et Peeta ont vaincus la cruauté du Capitole en jouant serré avec leurs baies empoisonnées, gagnant ainsi le droit de vivre un peu plus longtemps et surtout de devenir les vainqueurs des 74e Hunger Games. 


  Mais cette victoire a un prix: les "amants maudits" sont dans l'obligation de continuer leur comédie romantique, toujours filés par les caméras du Capitole, et tous deux se retrouvent blessés par leur aventure dans l'arène: cauchemars et souvenirs morbides les assaillent sans cesse, rendant leur force de caractère aussi fragile que feuille en hiver. 


  Seulement, pour la jeune Katniss, le danger rôde toujours, le Président Snow n'a pas particulièrement apprécié la mutinerie de la Fille du Feu et il lui fait bien comprendre. Voilà notre héroïne obligée de se ranger afin d'éviter quelques "accidents" à sa famille et son ami, Gale. Durant toute la tournée des "amants (plus si) maudits (que ça)", les districts grognent et commencent à se rebeller contre les Pacificateurs, laissant le peuple de Panem s'enflammer doucement. Tant mieux! Les 75e Hunger Games seront donc réservés aux anciens vainqueurs de ces derniers années, obligeant Katniss et son désormais ami, Peeta a retourner en enfer.


  Ce deuxième volet d'Hunger Games sombre un peu plus dans la violence du monde de Panem inventé par Suzanne Collins, et nous n'allons pas nous en plaindre! L'histoire s'accélère et la lutte commence réellement. Katniss prend l'allure d'un Robin des Bois des temps modernes, réellement, mais sans le désirer pour autant. Ce rôle de guide, elle ne l'a jamais demandé et l'héroïne semble endosser difficilement la tâche face aux événements qui arrivent. Pire: elle a peur. La Katniss adolescente que l'on avait quitté avait souffert mais pensait s'en être enfin sortie. Ce retour dans l'arène la rend plus vulnérable qu'aux premiers temps et nous la rend plus humaine (elle m'avait semblé particulièrement antipathique dans le premier film). 


Pour partir sur cette émotion forte qu'est la peur, elle est accompagnée de toute une panoplie de sentiments durant le film: la colère, la tristesse, l'abattement, la révolte. Tout cela illustré par les couleurs et la luminosité du film, alors que la première partie est dans les tons hivernaux avec le gris et le bleu pâle, la seconde moitié est lumineuse de vert jungle et de rouge feu. Laissant présager une suite ardente. 

Mais ce n'est pas tout, un autre avantage de ce film est de nous laisser découvrir des personnages adultes, donc beaucoup plus matures que dans le premier opus. Chaque tribut/victime des 75e Hunger Games ont une valise avec eux, les rendant (plus ou moins) attachants et beaucoup plus crédibles que ceux de l'année dernière.


  Le jeu du bien et du mal du premier film disparaît pour laisser le spectateur dans une ambiance mystérieuse où sournoiserie et plans se mêlent afin de nous laisser dans le doute et la supposition jusqu'au bout.

  J'ai également particulièrement aimé la manière dont était traité le "triangle amoureux", si réellement triangle il y a. Alors que dans le premier film il était plus question de stratégie amoureuse, ici les liens humains sont réels et bien plus torturés pour Katniss qui tombe amoureuse trop tard d'un garçon pour un aimer au autre au mauvais moment. 


 Et maintenant les points négatifs! Tadam! Tout d'abord la longueur de certaines scènes qui sont bien plaisantes mais pas forcément utiles question montre-au-poignet (je pense notamment au longue vision de décor au début ou encore aux dialogues entre sœurs ou encore entre "vilains méchants pas beaux" qui se répètent gentiment). 


Ensuite, je pointerais également l'absence de musique. La personne qui m'a gentiment tiré dans la salle de cinéma m'avait assuré que la BO était excellente. Manque de bol, j'ai beau avoir fait le maximum (moi qui ne suit pas du genre à tendre l'oreille), je n'ai absolument rien entendu. Ensuite, la fin. Je ne vais rien spoiler, bien évidemment. Mais n'ayant pas lu le livre (honte à moi, encore) j'ignore si la fin est proche ou non du roman, pourtant, elle m'a semblé tellement abrupte et incongrue (et surtout trop rapide!) que ça m'a choqué. J'avais limite envie de dire à la caméra de continuer à tourner!
  Comme vous pouvez le constater, mes points négatifs ne sont pas nombreux, mais suffisamment pour être pris en compte, non?

En bref: une suite logique qui devient intéressante. Un film à voir, on ne le regrette pas.
Le moins: la longueur du film, c'est dure d'attendre pour aller aux toilettes.
Le plus: bien qu'elle m'agace beaucoup, j'adore le personnage d'Effie Trinket, elle ne change absolument pas, c'est reposant dans un monde tellement sombre!

dimanche 27 janvier 2013

Insaisissable, tome 1

Insaisissable, tome 1: Ne me touche pas, Tahereh Mafi, ed. Michel Lafon 

Au départ, j'étais très sceptique par rapport à ce livre. Le résumé ne laissait pas beaucoup de place au mystère et j'imaginait déjà une terrible histoire d'amour sur fond de monde post-apocalyptique. Michel Lafon a su, une fois de plus, me prouver qu'ils savaient repérer les bons auteurs. 

Juliette est enfermée dans la cellule d'un asile depuis 264 jours. On la traite de monstre depuis sa plus tendre enfance, et pour cause: elle tue quiconque la touche, sa peau est un vrai poison. Désespérée, soumise et aux portes de la folie, l'héroïne écrit ses pensées plus poétiques les unes que les autres dans son carnet, dernier vestige de sa raison. Elle n'a plus parlé à un humain depuis son enfermement et à presque oublier à quoi ressemblait un homme jusqu'à ce qu'Adam la rejoigne dans sa cellule. Adam qu'elle est persuadée de connaître, sans parvenir à se rappeler où elle aurait pu le rencontrer.

Ce qui choque le plus avec cette lecture: c'est le style de Tahereh Mafi. Il est poétique, lyrique, mature, il donne un tel souffle de cohérence au roman qu'on en est soulagé. Fini les métaphores surfaites et les héroïnes  presque niaises qui ne peuvent s'empêcher de se fouetter mentalement à la simple idée de toucher la main du garçon de leur rêve. Ici il est question de désir, justement parce que Juliette ne peut pas être touchée. Un désir fort et adulte qui n'en reste pas moins aussi rêveur que possible pour un premier amour. La maturité se lit également dans la réaction des personnages - personnages bien encrés dans l'histoire et qui ont un caractère bien déterminé, chacun - face aux évènements qui leur tombent dessus ou encore face aux réactions d'autres personnages. Le monde dans lequel vit Juliette n'est pas tendre, et sur fond d'écologie (sans morale trop vexante) et de conte sadique où les morts sont presque plus chanceux que les vivants, l'auteur nous livre un roman digne d'intérêt qui relève le genre de la fantasy pour jeunes adultes. Tahereh Mafi est une auteur à suivre, et de très près.

En bref: Un excellent début pour une trilogie, qui donne envie de continuer.
Le moins: Un trio amoureux qui ne laisse pas beaucoup d'imagination.
Le mieux: Un style poétique qui laisse sans voix dès la première page.

Bonus: Pour Shatter Me (titre d'origine de Ne me touche pas), les couvertures sont plus belles les unes que les autres, j'en ai repéré plusieurs qui valent le coup d'oeil!




mercredi 17 octobre 2012

Je ne suis pas un serial killer

Je ne suis pas un serial killer, Dan Wells, ed. Pocket.

C'est dur la rentrée, surtout quand on doit lire une dizaine de livres en un temps limité. J'ai toujours eu du mal avec la lecture imposée... enfin bref! Maintenant que le plus gros est passé, je reviens pour parler de mon dernier coup de coeur: le premier roman de Dan Wells, écrivain américain qui a bien fait de se tourner vers la plume. Le premier volet de sa trilogie, Je ne suis pas un serial killer est un régal! 

John Wayne Cleaver, 15 ans, a le nom d'un acteur, mais aussi d'un serial killer, ça ne le dérange pas plus que ça. Au contraire même! Les tueurs en série, il adore ça. Depuis tout petit, tout ce qui touche aux meurtres, aux cadavres et au morbide, l'attire. C'est plus fort que lui. Il en connaît un rayon sur le sujet, et quand plusieurs meurtres sanguinaires commencent à se produire dans sa ville perdue d'Amérique, il se met en tête de poursuivre le meurtrier, avec pour seul arme sa tête. Car qui est mieux placé pour comprendre un monstre, qu'un autre monstre? 

Je ne suis pas un serial killer est le premier volet d'une trilogie imaginée par Dan Wells. Bourré d'humour noir, d'ironie et de références morbides, il fera la joie des fans de la série Dexter ou de tout ce qui s'approche de ce genre littéraire où enquête policière et sadisme ironique font bon ménage. 

Bien que l'intrigue du roman, en elle-même, soit peu profonde (le coupable est rapidement démasqué), ce livre s'en sort haut la main grâce à son personnage principal: John. En effet, on suit un héros hors du commun: c'est un sociopathe. Il ne s'intéresse pas aux serials killers par goûts morbides, mais parce qu'ils se sent proches de ces meurtriers. Et c'est par désir et curiosité qu'il lance un défi à l'assassin de sa ville, pas par empathie (de toute façon il n'en a pas). 
L'enjeu entre John et le coupable est simple: le premier qui arrête l'autre à gagné. Car John connaît très bien le meurtrier, et se dit que pour l'arrêter il lui faudra tuer à son tour. 
La question principale est donc la suivante: John va-t-il pouvoir retenir ses instincts meurtriers face au "démon" de sa ville, ou va-t-il laisser sa part d'ombre prendre le dessus? 

Je ne suis pas un serial killer se lit d'une traite, on se laisse guider par John qui cherche à piéger son coupable tout en essayant de vivre une vie normale pour un lycéen (difficile quand on doit retenir ses pensées morbides tout en aidant sa mère au funérarium familial). La tension grimpe de chapitre en chapitre au fil du duel entre les deux monstres et les quatre dernières phrases nous laissent sans voix. Une fin qui donne envie de foncer vite fait vers le deuxième tome, sortit en juin dernier: Mr Monster.



mercredi 13 juin 2012

Promise

Promise, Ally Condie, Gallimard Jeunesse

Promise ne me disait franchement rien au départ, je l'avais pris plus pour savoir de quoi ça parle qu'autre chose, et c'est une très bonne chose que de l'avoir fait! Ce livre est une vraie petite surprise!

Dans un monde autoritaire où le gouvernement a toujours raison et l'individu toujours tord, Cassia, jeune adolescente s'apprête à connaître enfin le visage de son promis. Jeune homme qui a partir de ce jour sera son futur mari et l'homme qui partagera le reste de sa vie. Elle est heureuse: son promis n'est autre que Xander, son meilleur ami qu'elle connaît depuis l'enfance. Le ciel ne pouvait pas être plus cléments pour ces deux-là qui se retrouvent soudainement sur un petit nuage.
Mais la vie n'est pas toujours simple et peut parfois être pleine de rebondissements malgré le quotidien monotone que l'on mène dans cette cité si parfaite. Alors qu'elle veux visionner la vidéo de son promis pour en "apprendre" plus sur lui, Cassia ne reconnait pas le visage de Xander, et pour cause, ce n'est pas Xander mais Ky, un ami et voisin de la jeune fille classé "aberration" depuis qu'il est arrivé dans la cité pour y vivre avec son oncle et sa tante. Il vient de loin Ky, des contrées lointaines où l'homme n'est pas encore tout à fait sous le joug de cette société. Deux choix s'imposent alors pour Cassia: le premier et le plus sage consiste à faire celle qui n'a rien vu et à continuer de vivre normalement sans avoir de libre-arbitre dans ce monde où même la poésie est interdite, et le deuxième et le plus risqué consiste à connaître ce Ky, et à apprendre plus qu'il n'en faudrait dans ce monde où la perfection est imposée à tous.

Ce qui peut être très gênant dans ce genre d'histoire où les personnages vivent dans des mondes "parfaits" c'est que le héros, ou ici l'héroïne, soit du genre tête-à-claques. Et Cassia l'est. Elle se pose des questions, et les bonnes, mais à peine pose-t-elle le pied sur le bon chemin qui mène à la réflexion elle fait tout de suite demi-tour et préfère rester dans l'ignorance protectrice. Ce qui, avouons-le, énerve au-delà des mots. On a envie de la secouer et de lui dire "mais qu'attend-tu idiote! Fonce dans le mur au lieu de jouer au robot!". Mais malgré ce petit (gros) inconvénient Promise est une bonne mise-en-bouche pour cette trilogie d'Ally Condie. On adore le personnage de Ky qui réveille l'héroïne et qui lui montre qu'un bout de papier où sont écrits quelques poèmes ne sont pas si dangereux pour la santé.
On a hâte de lire la suite, car la fin du premier volet a de quoi surprendre: Cassia ne fuit pas, Cassia ne reste pas, Cassia est réveillée, et ça change tout...

mardi 17 avril 2012

Alera

Alera, Cayla Kluver, collection Msk, ed. du Masque.

   Encore un autre coup de coeur, je crois que je ne tombe que sur ça en ce moment. Mais bon, je vais pas me plaindre non plus! Aller, parlons un peu de cette Alera.

Alera, c'est le premier tome de la trilogie de Cayla Kluver, jeune demoiselle d'à peine 20 ans qui a écrit son premier roman a tout juste 16 ans et qui, il faut bien l'avouer, mérite bien son succès international.

Alera, c'est le nom de la fille aînée du roi, princesse d'Hytanica. Alera n'a pas de chance, alors qu'elle s'approche de sa majorité elle doit rapidement se trouver un mari car la loi interdit aux femmes de régner, et l'adolescente se retrouve coincée entre ses responsabilités et ses sentiments. Son père, le roi, lui a déjà choisi un prétendant: Steldor, mais le jeune homme est très imbu de sa personne, trop pédant et trop tout court pour l'héroïne qui malgré toute sa bonne volonté n'arrive pas à trouver un autre prétendant capable de satisfaire son père et le royaume. C'est sûr, c'est Steldor qui va l'épouser et régner, ça lui fait une belle jambe à Alera!
Elle, elle aimerait bien vivre encore un peu comme une princesse libre, faire des bêtises avec sa soeur cadette et  se poser des questions existentielles de son âge mais elle n'en aura bientôt plus l'occasion. C'est Steldor ou rien. Dommage pour elle.
Mais la vie n'est pas vraiment de cet avis et lors de son anniversaire la prêtresse du pays voisin et ennemi fait irruption dans le palais, rappelant à tout le royaume que la guerre n'est pas terminée entre les deux pays, malgré une apparente accalmie générale. Mais ce n'est pas la seule surprise: la prêtresse parvient à s'enfuir avec l'aide du garde du corps personnel d'Alera qui devient un traître et Narian, revient au pays alors que tous les croyait mort après sa mystérieuse disparition lorsqu'il n'était qu'un nourrisson.
Alera va chercher des réponses aux mystères qui l'entourent subitement, d'abord sur London, son garde du corps puis sur Narian, et enfin va essayer de comprendre le propre mystère qui lui tombe dessus. Alera tombe amoureuse, et pas du bon garçon.

   L'imagination de Cayla Kluver est encore un peu timide mais elle impressionne déjà pour la maturité de son histoire. Bien que ce soit simple rien n'est laissé à l'abandon et à la fin du premier tome on quitte la lecture avec des mystères résolus mais qui sont vite remplacés par d'autres.
Tous les personnages ont leur caractère propre et sont déjà bien encrés dans la réalité de l'histoire, pas une seule fausse note sur eux ou sur l'univers, mais plutôt sur la manière dont est raconté l'histoire: c'est un peu lent au début.
Il faut du temps pour que le grand mystère (à savoir Narian) arrive, et même une fois que tout est mis en place ça reste très calme comme lecture, on a presque l'impression de lire le journal intime d'Alera tellement les moments de pause (fêtes, pique-nique et invitations à prendre le thé) semblent nombreux (ou alors c'est que j'avais faim durant ma lecture).
A vrai dire, il n'y a vraiment qu'Alera pour m'énerver un tantinet (manque de bol c'est l'héroïne): elle est trop passive et passe son temps à vouloir changer ou au moins s'améliorer sans rien faire pour, d'où notre soulagement lorsque Narian arrive pour lui remettre les pendules à l'heure. J'ai toujours eu du mal avec les héroïnes un peu trop godiches, mais Alera s'en tire grâce à son caractère bien trempé (qui ressort surtout quand elle est en face de Steldor) et pour sa franchise.

Il ne faut pas oublier qu'il s'agit du premier tome qu'une trilogie aussi ce tome sert, évidemment un peu de base pour l'histoire mais je vais arrêter de me plaindre inutilement en finissant ma critique sur une note positive: ce livre rend accro. Et termine d'une manière si saugrenue (diantre!) qu'il nous faut absolument la suite, histoire d'être sûr de ce qu'on a lu à la fin du premier livre. Cayla Kluver sait déjà comment rendre une attente insupportable, bien joué!

dimanche 15 avril 2012

Les Ailes d'Alexanne

 Les Ailes d'Alexanne, tome 1: 4h44, Anne Robillard, ed. Michel Lafon.

J'ai longtemps tourné autour de ce livre, d'abord pour la couverture, qui est plus que magnifique et ensuite pour le titre. "Les Ailes d'Alexanne", c'est tellement joli (et prometteur), mais n'étant jamais sûre de rien j'ai du attendre pas mal de temps avant de me lancer dans la toute dernière trilogie d'Anne Robillard.

Alexanne, ado calme et normale perd ses parents dans un accident de voiture. Orpheline elle doit donc (et à contre-coeur) vivre chez sa tante, dont elle ignorait même l'existence jusqu'à ce jour. D'abord réticente et ne désirant qu'une chose: rentrer à Montréal et surtout s'éloigner de cette femme complètement folle qui lui parle d'anges, de fées et d'héritage magique.
Mais finalement, Alexanne va découvrir que sa tante Tatiana ne raconte pas que des idioties et plonge alors tête la première dans un monde enchanté où l'amour est le maître. Va alors commencer pour la jeune fille une initiation pleine de merveilles...

Le mot qui ressort le plus que cette lecture est "douceur". Que ce soit dans le style de l'écrivain, l'histoire et même les actions tout n'est que calme et poésie. C'est certain, si on a un coup de déprime et qu'on recherche du bonheur ce livre est le plus apte à nous rendre le sourire. C'est une véritable source d'énergie positive. Un plaisir sur pages.
L'histoire est banale aux premiers abords mais les personnages arrivent à redresser la barre et l'arrivée d'Alexei, l'oncle d'Alexanne, termine de mettre ce roman sur pieds. Il est de loin le personnage le plus recherché de cette histoire (de mon point de vue) car Alexanne, bien que pleine de vie change très vite d'avis sur le nouveau monde qui l'entoure, voire trop vite. On s'étonne plus longtemps qu'elle et on en vient à se demander comment elle peut accepter aussi vite cette nouvelle vie (c'est presque anormal).

Mais ce trait étrange de l'héroïne n'enlève rien aux Ailes d'Alexanne qui reste malgré tout un livre pour rêveurs. Ce premier roman pose les bases de la trilogie mais soulève également des questionnements, d'abord sur Tatiana, mais également sur son frère, Alexei qui est le personnage le plus sombre (je crois aussi que c'est celui qui m'a le plus marqué, j'ai l'impression de ne parler que de lui!) et le plus mystérieux. Un mystère obscur parmi d'autres mystères. Ce tome 1 nous incite à nous poser des questions sur cet homme mais également sur des mythes qui, retravaillés ici apparaissent encore plus beau qu'ils ne le sont à l'origine (les anges par exemple).

Les Ailes d'Alexanne parle de l'amour, dans sa forme la plus pure. On respire ici, on voyage dans un paysage coloré et féerique qui nous donne envie de courir partout pour profiter de la nature ou encore pour aller chercher le tome 2, me concernant j'ai hâte d'aller me promener en forêt dans deux semaines (vive les vacances) et le tome deux est déjà lu jusqu'à la moitié. Anne Robillard a le don de rendre accro.