lundi 29 août 2011

Homo Erectus

Homo Erectus, Tonio Benacquista, édition Gallimard

Quatrième de couverture:
"Imaginez une confrérie informelle qui réunit exclusivement des hommes, venus se raconter, en quelques mots ou en quelques heures, leurs histoires d’amour, sentimentales ou sexuelles. Des histoires qui, ainsi racontées, accèdent au rang de fictions. Des témoignages bruts, aussi, puisque l’histoire de chacun ne donne lieu à aucun débat, à aucune remarque : on raconte et on s’en va, tandis que les autres écoutent et se taisent. De la brève rencontre à l’attachement sentimental, ces récits viennent ponctuer trois histoires particulières qui illustrent chacune un aspect paradoxal des relations homme-femme. Il y a ainsi l’homme qui est devenu « invisible » aux yeux des femmes, enfermé dans une douloureuse solitude qui vire à la dépression, lorsqu’une inconnue fait intrusion chez lui et décide de s’y installer sans lui demander son avis. À tout prendre, cette compagnie forcée vaut-elle vraiment mieux que la solitude ? Autre récit, celui du mari trompé, dont l’infortune conjugale est le drame de sa vie. Pour se venger de l’infidèle, il décide de ne fréquenter que des prostituées, de manière tout à fait rationnelle et organisée, d’ailleurs, puisqu’il y consacre un budget mensuel bien établi. Va-t-il parvenir à s’accomplir à travers cette diversité de femmes ? Autre histoire complexe que celle de l’intellectuel quelque peu médiatique qui se passionne pour les « people », au point de tomber amoureux d’une top-model. Quelles extravagances spectaculaires vont-elles bien pouvoir sortir de ce choc culturel entre le paraître et l’intériorité ? Un roman aussi drôle que tendre, qui décortique avec brio les cas de figure les plus épineux – et les plus inédits ! – de la relation amoureuse. "

Ce livre pourrait être résumé par l'expression "sensibilité masculine". Il se lit avec plaisir, sans essoufflement et nous fait rire, réfléchir, et sortir les mouchoirs (pour les plus sensibles). Les trois hommes dont nous suivons le parcours sentimental nous apparaissent attachants et l'on se surprend à souhaiter leur bonheur dès les premières pages du roman. 270 pages de bonheur, ce qui nous parait trop court une fois la lecture achevée.

Tour de plume

Tour de plume, Caroline Deyns, édition Philippe Rey

Quatrième de couverture:
"Si vous poussez la porte de la librairie de Monsieur H., vous le trouverez, derrière son comptoir, cachant sa frustration sous un sourire affable. Car Monsieur H., grand amateur de littérature, se désespère en silence de ne pouvoir écrire lui-même une œuvre. Après quarante années de vains efforts, il semble cependant prêt à déposer les armes – son stylo-plume en l’occurrence – et à se consacrer à ses clients.
Un jour, une jeune fille, Isis, entre dans la boutique pour demander son chemin, griffonne un plan, et, cédant à la tentation, dérobe le stylo-plume du libraire. L’objet passera alors de main en main, pour nous entraîner dans une étonnante ronde de personnages : Isis elle-même, fragile adolescente aux journaux intimes peu communs ; Paul, jeune homme faussement ordinaire, s’égarant de soirées arrosées en nuits décousues ; Sybille « bibliovore » obèse, qui s’est volontairement ensevelie sous la graisse au fil des ans ; Emma, trentenaire rangée dont la soudaine déraison ravive une ancienne fêlure ; Roman Hipser, écrivain reconnu…
Ainsi se déroule avec brio un récit dévoilant les failles de chacun, jusqu’à un surprenant final. C’est seulement alors que se révèle le sens du roman, de ce Tour de plume à la saveur douce-amère qui sait si bien tisser des liens entre l’amour des livres et les blessures des hommes.
Caroline Deyns vit et travaille en Franche-Comté. Tour de plume est son premier roman. "

Ne l'ayant trouvé nulle part ailleurs qu'à la Fnac et ce malgré de longues recherches , ce livre était devenu une véritable obsession et une fois acheté je l'ai lu d'une traite.

Tour de plume de Carolyne Deyns est un premier roman épatant. C'est du Ana Gavalda avec le cynisme en plus. On se laisse guider par le narrateur, suivant un à un les personnages pour finalement se retrouver aussi manipulé, au grès d'un hasard bien calculé, que le stylo, véritable héros de l'histoire.
La fin, surprenante nous amuse et nous réjouit (heureux de constater que non, elle n'est pas si simple à deviner). Un très bon livre!